dimanche 8 mars 2020

LES VRILLES DE LA VIGNE...Extrait

« Ainsi immobile et les yeux clos, elle habite chaque pelouse, chaque arbre, chaque fleur – elle se penche à la fois, fantôme bleu comme l’air, à toutes les fenêtres de sa maison chevelue de vigne… Son esprit court, comme un sang subtil, le long des veines de toutes les feuilles, se caresse au velours des géraniums, à la cerise vernie, et s’enroule à la couleuvre poudrée de poussière, au creux du sentier jaune… C’est pourquoi tu la vois si sage et les yeux clos, car ses mains pendantes, qui semblent vides, possèdent et égrènent tous... [Lire la suite]
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mardi 28 janvier 2020

LA MAISON DE CLAUDINE...NAISSANCE DE COLETTE LE 28 JANVIER 1873

"Quand je t'ai mise au monde, toi la dernière, Minet-Chéri, j'ai souffert trois jours et deux nuits. Trois jours, ça paraît long... Mais je n'ai jamais regretté ma peine : on dit que les enfants, portés comme toi si haut, et lents à descendre vers la lumière, sont toujours des enfants très chéris, parce qu'ils ont voulu se loger tout près du cœur de leur mère, et ne la quitter qu'à regret..."   .     COLETTE     . Colette    
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mercredi 1 janvier 2020

COLETTE ...Extrait

« En tant d’années je n’ai jamais renoncé à ce que la dernière heure de l’année suspendît dans l’air, en signe de prodige et de « temps arrêté », une fleur de givre dont notre seule imagination enfantine fixa, autrefois, le dessin simple et précis. Elle est pareille pour la corolle à une rosacée, sœur de l’églantine et de la fleur du pommier. Comme une sirène sur sa queue, elle se tient debout sur sa tige qui se retourne avec grâce, une seule grosse feuille latérale fait songer, large et charnue, à la langue du chien haletant, et... [Lire la suite]
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mardi 24 décembre 2019

LE VOYAGE EGOISTE...Extrait

"Qu’il est chaud à mon cœur, encore, ce souvenir d’une fête glacée, sans autres cadeaux que quelques bonbons, des mandarines en chemises d’argent, un livre... La veille au soir, un gâteau traditionnel, servi vers dix heures, saucé d’une brûlante sauce de rhum et d’abricot, une tasse de thé chinois, pâle et embaumé, avaient autorisé la veillée. Feu claquant et dansant, volumes épars, soupirs des chiens endormis, rares paroles – où donc mon cœur et celui des miens puisaient-ils leur joie ? Et comment le transmettre, ce bonheur sans... [Lire la suite]
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dimanche 15 décembre 2019

BELLA VISTA ...Extrait

"C'est folie de croire que les périodes vides d'amour sont les "blancs" d'une existence de femme. Bien au contraire. Que demeure-t-il, à le raconter, d'un attachement passionné ? L'amour parfait se raconte en trois lignes : Il m'aima, je L'aimai, Sa présence supprima toutes les autres présences ; nous fûmes heureux, puis Il cessa de m'aimer et je souffris...Honnêtement, le reste est éloquence, ou verbiage. L'amour parti, vient une bonace qui ressuscite des amis, des passants, autant d'épisodes qu'en comporte un songe bien peuplé, des... [Lire la suite]
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vendredi 6 décembre 2019

PARIS, DE MA FENÊTRE...Extrait

"On me remontrera que les jeunes gens des deux sexes sont en train de lire "n'importe quoi" ? Qu'ils lisent donc n'importe quoi. Ainsi fis-je dans mon jeune âge, à travers une bibliothèque où tout se fit pâture, et où l'on aurait rien trouvé qui convint à mes six ans, à mes dix ans, à mes quatorze ans... Livres défendus, livres trop graves, livres trop légers aussi, livres assez ennuyeux, livres éblouissants, qui au hasard s'illuminent, et referment sur l'enfant enchanté leurs portes de temple... Le désordre de la lecture lui-même est... [Lire la suite]
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dimanche 1 décembre 2019

PRISONS ET PARADIS...Extrait

"Dans ce temps lointain où j'apprenais à respecter la cendre, couvrir le feu pour la nuit, réveiller le lendemain matin son ardeur capitonnée de cendres, j'apprenais aussi que la cendre de bois cuit, savoureusement, ce qu'on lui confie. La pomme, la poire, logées dans un nid de cendre chaude, en sortent ridées, boucanées, mais molles sous leur peau comme un ventre de taupe, et si "bonne femme" que se fasse la pomme sur le fourneau de cuisine, elle reste loin de cette confiture enfermée sous sa robe originelle, congestionnée de saveur,... [Lire la suite]
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dimanche 6 octobre 2019

LE VOYAGE EGOÏSTE...Extrait

''D’abord, tu comprends que c’est dimanche à cause du parfum de chocolat qui dilate les narines, qui sucre la gorge délicieusement... Quand on s’éveille, voyons, et qu’on respire la chaude odeur du chocolat bouillant, on sait que c’est dimanche. On sait qu’il y a, à dix heures, des tasses roses, fêlées, sur la table, et des galettes feuilletées – ici, tiens, dans la salle à manger – et qu’on a la permission de supprimer le grand déjeuner de midi... Pourquoi ? Je ne saurais te dire... C’est une mode de mon enfance.''   .  ... [Lire la suite]
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dimanche 24 mars 2019

COLETTE...Extrait

« Et quelle amertume d’abord, mais quel apaisement ensuite ! – de découvrir, – un jour où le printemps tremble encore de froid, de malaise et d’espoir, – que rien n’a changé, ni l’odeur de la terre, ni le frisson du ruisseau, ni la forme, en boutons de roses, des bourgeons du marronnier… Se pencher, étonnée sur la petite coupe filigranée des anémones sauvages, vers le tapis innombrable des violettes, – sont-elles mauves, sont-elles bleues ? – caresser du regard la forme inoubliée des montagnes, boire d’un soupir qui hésite le vin... [Lire la suite]
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vendredi 8 mars 2019

LA VAGABONDE...Extrait

« Soyez sûrs qu’une longue patience, que des chagrins jalousement cachés ont formé, affiné, durci cette femme dont on s’écrie :Elle est en acier !Elle est en "femme", simplement - et cela suffit. »     .   COLETTE (1910)   . Colette
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