samedi 29 mars 2008
MURS
Murs sans musique
Notre absence.
Si l'on pouvait parler
De nous.
Sans vouloir gagner Sans se défendre Sans nier.
Si l'absence n'était pas
La seule manière de nous approcher.
Si tu me regardais sans préjugés.
Si tu me protégeais avec de la confiance.
Si je te regardais sans me défendre.
Si l'on s'écoutait.
Si l'on reconnaissait
Que
Toi en moi.
Moi en toi
Encore.
On se moque du temps
Et même de notre distance.
Si l'on était plus savant
Et pitoyable.
Toi avec ma vie
De semailles de lutte de Poésie.
Moi avec la tienne
De cohérence de lucidité et de fuite.
Assez d'exil.
En voilà assez.
Et que notre musique
Démolisse les murs
D'absence.
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CRISTINA CASTELLO
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THEATRE DE L'HORREUR
Chef-d’œuvre du théâtre de l’horreur
On le voit tous les jours
Dans des villes aux tours prétentieuses
De riches très riches au-delà des murailles.
Décor macabre d’enfants et de petits vieux
En lambeaux, faim et soif.
Chef-d’œuvre du théâtre de l’horreur
Pas de musique.
Tumulte de pas déserteurs
Qui se hâtent dans les rues des patries
Expatriées.
Chef-d’œuvre du théâtre de l’horreur
Des hommes en pierre, tendus
Immobiles, hurlant au silence.
Des yeux ravis d’assassins armés contre les affamés
Des craquements de bouches et de ventres mendiants
Des chômeurs, affamés, écartés
Des yeux concaves qui veillent…À quoi ?
Chef-d’œuvre du théâtre de l’horreur.
Pas d’acteurs.
Des humains
Dépouilles d’êtres humains
Humiliés, en larmes givrées.
Assez.
Il est déjà temps
D’un regard au ciel
Vertical
Pour une humanité
En insomnie perpétuelle
En prière toujours.
Contre cette mort.
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CRISTINA CASTELLO
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SALVADOR DALI
GRISEE
Je voudrais m’en aller au temps, au vent
Me renvoyer à moi-même
Je suis grisée par la lumière et je vois aveugle
Ce monde de silence obscur
Et alors je supplie comme une louve je hurle
D’avoir une place dans l’agenda de Dieu.
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CRISTINA CASTELLO
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vendredi 14 mars 2008
JE VEUX
Je veux
Il me résiste
Il gèle mon coeur
Il me nie le silence
Il me donne de la beauté facile.
Il fait des simulacres.
Il me hurle des poèmes.
Et me dit limitée.
Clairsemée.
Il vulgarise des métaphores
Quand je les écris.
Étoile absence miracle
Nuit amour mystère.
Il me perce pour me révéler
Ma vérité
Il m’accable de mots
Il me nie la parole
Il m’enchante de splendeurs.
Pour me distraire.
Il me veut esclave pour lui.
Et bon.
Je veux
C’est mon bonheur
L'Art
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CRISTINA CASTELLO
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ODILON REDON
samedi 8 mars 2008
BLEU
Comment meurent les étoiles ?
Je renie de l’Astronomie
Bleu
Je suis Bleu
Bleu, mes yeux disent qu’elles s’éteignent
L’une derrière l’autre faisant fi de mon angoisse
D’un coup d’un seul, le jour se lève
Je m’épouvante.
Elles se sont, toutes et ensembles, enfuies
Envolée de tâches de rousseur étincelantes
Sans que je n’en voie aucune dans sa course ?
C’est alors que quelqu’un me murmure qu’elles sont
Poudre vivante d’étoiles
Mortes
Je n’entends pas
Non
Je nie
Les étoiles
Vivent
Comme les rêves
Comme chacun des grains qui germe
Comme cette fleur que tu m’apportais
Et dont le vent n’a laissé que la tige.
Et ton chagrin…
Mais ton chagrin tissé de tiges envolées
N’est qu’amour et l’amour est une étoile
Vivante.
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CRISTINA CASTELLO
Poème extrait du recueil « Soif »
Publié à Paris - octobre 2004
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JUSQU'A LA LIBERTE
Ingrid
Exclue
Un des exclus de la vie
Proscrite
Poing cassé du souhait
Clameur
Rêverie de Terre Juste
Fleur qui ferme sans naître.
Prière contre les portes du désir.
Álvaro Uribe. Bush.
Hitlers 2005.
Ils sont duelles
Ils se scindent.
Ils nous scindent.
Plus que trois plus que dix
Plus que cent fois.
Épouvante
De particules d'identité
Ils sont des fragments craquants
Des yeux qui regardent
Des espoirs vides
Et de grandes joies qui non plus.
Le mutisme et le verbe qui récitent
La Cause
Du genre humain.
Avarice d'âmes.
Il offre
Des mains
Qui rejettent.
La soif.
Mais ils étoufferont en horreur
Jusqu’à la Liberté
D'Ingrid Bentacourt.
Jusqu’`a la Liberté
Jusqu’`a des yeux bouillonnant d’espoirs
Des africains abandonnés à leur mort
Des palestiniens des visages - cartes d’âmes désespérées
De l'Humanité.
Uribe. Bush
Rire de Satan.
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CRISTINA CASTELLO
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INGRID BETANCOURT
NOUS RAPATRIER
Que les hippocampes amoureux dépècent l’horreur
Que des bandes de jacinthes poignardent l’indifférence
Qu’Orphée guide vers l’Arcadie Libanais et Palestiniens
Qu’Eurydice brûle les enfers et fonde la joie
Que la paix se berce dans des partitions de Gounod
Que des orphelins rassasiés imposent la justice
Et que des siroccos en furie assassinent la cruauté
Pour faire don de nous avec faim de pluie
Et nous rapatrier dans des brumes de lumière..
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CRISTINA CASTELLO
Paris, le 27 juillet 2006
Pendant que la Palestine et le Liban regorgent d’effroi
traduit de l’espagnol (Argentine) par Pedro Vianna
en harmonie avec l’auteure
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SEMENCES
Prisonnières. On va nous emprisonner. Elles et moi
Elles. Des milliers de milliers d’âmes sveltes
qui avec moi sont contrebandières
De valeurs. D’utopies possibles. D’art.
Art. Négation de la finitude humaine.
Vivre sans masque est désir de beauté.
C’est mon rêve de toujours vigilante pour les rêves.
C’est une soif de mains ouvertes.
Cette soif si grande qu’elle m’étouffe.
Je veux que chaque fenêtre éclaire un violon, un piano, une harpe.
Qu’ en toutes avenues du monde
des sculptures de Giacometti regardent avec ravissement La Pietà.
Je veux que dans les sièges des gouvernements dans tous
un Christ de Velázquez avorte l’horreur.
Cette soif. Soif bénie qui avril et reverdit l’âme.
Vie prodigieuse qui étend le désir de la saisir. Toute.
Et la trêve qui vient à pas retardés.
Je veux que Fra Angelico s’échappe du Prado
et que l’Annonciation parcoure le monde dans sa Lumière.
Je veux que Redon et Mantegna, Uccello, Léonard et Monet
soient trace. Phare. Et qu’ils proscrivent des bourreaux pour que Jamais Plus.
Je veux que nous sachions une bonne fois qu’il est déjà l’heure
qu’en amour se livrer absolument est la certitude de la liberté.
Que tous les matins au lieu d’écouter des nouvelles d’âmes sans anges
Bach, Poulenc, Mahler, Debussy, Schubert et Chopin,
éclatent sur un Rio de la Plata qui se change en mer.
Mer bleue d’amour qui dans la nuit berce les oreillers
Avec des madrigaux, des adagios et des clairs de lune.
Je veux. Je veux et je sème. Je veux.
Que nous enseignons la bonté avec bonté.
Que le ciel soit toujours piqué d’étoiles,
Je vous veux adultes au rire virginal
et enfants en portraits d'anges.
Que les sans pitié respirent Blake.
Que Rilke exorcise l‘évidence.
Que les petits vieux vivent dans l’honneur.
Que le Pays, le Continent, le Monde, l’Univers
soient pour des égaux et sans discrimination.
Je veux. Je veux qu’Eluard, Desnos et Rimbaud, Quasimodo, Yeats,
Lorca, Kavafis et Celan, dansent en poésie sur toutes les âmes.
Et puis que la Chanson de la Joie de Schiller
L’Ode à la Liberté, La Neuvième de Beethoven
soient l’Hymne de tous les Justes de la Terre.
Pour vivre avec soif, la soif sacrée.
Pour que l’éveil soit veille.
Pour semer l’art et l’amour.
Pour ne plus voir déjà.
De masques.
Rien que la lumière, rien que la vérité.
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CRISTINA CASTELLO
Poème extrait du recueil « Soif »
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Odilon Redon
JASMINS ET BOURREAUX
Un peloton de bourreaux poursuit
les jasmins qui dansent avec la brise
Libanais, Palestiniens, Humains.
Les soleils se meurent sur leurs paupières
Leurs horizons sont tranchés aux ciseaux
Ils se nourrissent de pleurs ravalés
Et dans leur âme ils bercent une colombe morte.
La sève les repousse et la mort les saccage
Tous les firmaments leur sont défendus
La prière vers un dieu devenu sourd sillonne leurs haillons
Et à chaque bataille Thanatos l’emporte sur Éros.
Les cloches ne sonnent plus des angélus de pétales
Les clochers épouvantés sifflent — squelettes.
Tels des feux d’artifice le Pouvoir lance des missiles
Qui se brisent dans un fracas de bombes et d’ossements.
Et ils meurent en s’avortant, telle une fleur avant d’être née
Mais quoi, que fais-je avec ma seule voix qui brame.
Des millions d’étoiles suicident mes joues
Pendant que mon âme traverse les galaxies de cèdres
Pour que l’univers s’abreuve dans des nids-calices
Pour des bouquets de petits pieds de bébés bien nourris
Pour un ciel qui dirige l’orchestre d’un chœur d’anges
Et un lit qui fasse naviguer les jasmins sur les mers, vers la paix.
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CRISTINA CASTELLO
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vendredi 7 mars 2008
CRISTINA CASTELLO
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Quand le mot est semence Il est haleine de l'Absolu. Fête d'ailes. Germe de lumière. L’Art Quelles semailles faisons-nous dans le coeur de l'homme? |
Cuando la palabra es semilla
Es soplo de Absoluto
Celebración de alas
Germen de luz. Arte
¿Qué siembra hacemos
en el corazón del hombre?
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CRISTINA CASTELLO
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