EMMILA GITANA

Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

vendredi 18 avril 2008

AIME CESAIRE " AU BOUT DU PETIT MATIN "

Aime Cesaire au bout du petit matin

Aime Cesaire au bout du petit matin-13/04/2006 Retour sur l’itinéraire de l’un des plus grands poètes du 20ème siècle, dont la vision du Monde et l’énergie créatrice ont marqué à jamais la littérature antillaise et mondiale.

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"...Au bout du petit matin, flaques perdues, parfum errants, ouragans échoués, coques démâtées, vieilles plaies, os pourris, buées, volcans enchaînés, morts mal racinés, crier amer. J’accepte !

Et mon originale géographie aussi ; la carte du monde faite à mon usage,
non pas teinte aux arbitraires couleurs des savants, mais à la géométrie de mon sang répandu,

j’accepte

et la détermination de ma biologie, non prisonnière d’un angle facial, d’une forme de cheveux, d’un nez suffisamment aplati, d’un teint suffisamment mélanien,
et la négritude, non plus un indice céphalique, ou un plasma, ou un soma, mais mesurée au compas de la souffrance

et le nègre chaque jour plus bas, plus lâche, plus stérile, moins profond, plus répandu au-dehors, plus séparé de soi-même, moins immédiat avec soi-même,

j’accepte, j’accepte tout cela

et loin de la mer de palais qui déferle sous la syzygie suppurante des
ampoules, merveilleusement couché le corps de mon pays dans le désespoir de mes bras, ses os ébranlés

et, dans ses veines, le sang qui hésite comme la goutte de lait
végétal à la pointe blessée du bulbe…         

Et voici soudain que force et vie m’assaillent comme un taureau et l’onde de vie circonvient la papille du morne,

et voilà toutes les veines et veinules qui s’affairent au sang neuf et l’énorme poumon des cyclones qui respire

et le feu thésaurisé des volcans et le gigantesque pouls sismique qui bat maintenant la mesure d’un corps vivant en mon ferme embrasement.

Et nous sommes debout maintenant, mon pays et moi, les cheveux dans le vent, ma main petite maintenant dans son poing énorme et la force n'est pas en nous, mais au-dessus de nous, dans une voix qui vrille la nuit et l'audience comme la pénétrance d'une guêpe apocalyptique. Et la voix prononce que l'Europe nous a pendant des siècles gavés de mensonges et gonflés de pestilences, car il n'est point vrai que l'oeuvre de l'homme est finie que nous n'avons rien à faire au monde que nous parasitons le monde qu'il suffit que nous nous mettions au pas du monde mais l'oeuvre de l'homme vient seulement de commencer et il reste à l'homme à conquérir toute interdiction immobilisée aux coins de sa ferveur et aucune race ne possède le monopole de la beauté, de l'intelligence, de la force et il est place pour tous au rendez-vous de la conquête et nous savons maintenant que le soleil tourne autour de notre terre éclairant la parcelle qu'à fixée notre volonté seule et que toute étoile chute de ciel en terre à notre commandement sans limite... "

Aimé Césaire ( 1913 - 2008 )

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MURMURES DES ROCS ESCARPES

Dédié à l'âme d'Aimé Césaire

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A double tour j'ai verrouillé la porte
De silence et d'indifférence
Des chiens aboient aux trousses d'un sanglier
J'écoute attentif les murmures des rocs escarpés
Le chaos granitique s'effrite à son insu
Césaire mon regretté Aimé
Sache que je t'ai toujours aimé
Heureuse la pierre qui tout ignore
Voire que je la nomme ainsi
Même ma couvée m'a délaissé
Les miens dorment à poings fermés
Ils dorment sans moi
Que dis-je? Sans cet étranger qui me hante
Que j'incarne à défaut
Insaisissable mercure

J'écris
Je n'ai pas compris
J'écris comme un écrivain
Ecrit ses écrits vains
Ce scarabée de ma plume
Ou plutôt ce bousier sur la feuille immaculée
S'arrête
On dirait par pitié pour moi trituré de maux de tête
Je lâche les mots et l'attirail
Je me cache sous la couverture
Ami sache que l'écriture
Est un mal sans faille
Ami sache que j'envie malgré moi
La pierre
La fougère
Et toi

Farid Mohamed Zalhoud

Posté par emmila à 19:58 - Destin de poète...AIME CESAIRE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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