vendredi 18 août 2017

CASIDA DE LA FEMME ETENDUE

Te voir nue c'est se rappeler la terre. La terre lisse, dégagée de chevaux, la terre sans roseaux, forme pure fermée à l'avenir : confins d'argent. Te voir nue c'est comprendre l'envie de la pluie à la recherche d'une taille fragile, ou de la fièvre de la mer à l'immense visage sans trouver la lumière de sa joue. Le sang sonnera dans les alcôves, et viendra avec l'épée flamboyante, mais tu ne sauras où se cache le cœur du crapaud ou la violette. Ton ventre est une bataille de racines, tes lèvres sont une aube sans contour, sous... [Lire la suite]

samedi 29 juillet 2017

DESIR

Rien que ton cœur brû­lant,Rien d’autre. Mon para­dis : un champSans ros­si­gnolsNi lyres,Un ruis­seau dis­cret,Une sim­ple source. Pas de vent qui épe­ronneLes fron­dai­sons,Ni d’étoile qui veuilleSe faire feuille. Un jour immenseY seraitLe ver lui­santD’un autre jourDans un chant deRegards bri­sés. Lumi­neux reposOù tous nos bai­sers,Grains de beauté sono­resDe l’écho,Iraient là-bas éclore. Et ton cœur brû­lant,Rien d’autre.     .  FEDERICO GARCIA LORCA   .       ... [Lire la suite]
lundi 12 juin 2017

CHANTS NOUVEAUX

Le soir a dit : Je suis altéré d’ombre ! La lune a dit : Moi, d’étoiles brillantes. La source cristalline veut des lèvres Et des soupirs le vent. Mais moi, j’ai soif de parfums et de rires, J’ai soif de chants nouveaux Sans lunes et sans lys Et sans amours défuntes, Soif d’un chant matinal qui troublerait Les eaux dormantes De l’avenir, emplissant d’espérance Leurs ondes et leurs fanges. Il serait lumineux et pacifié, Plein de riches pensées, Virginal dans sa mélancolie, Son angoisse et ses rêves. Exempt de pesanteur, il... [Lire la suite]
vendredi 2 juin 2017

NOCTURNE

Je suis effrayé Par les feuilles mortes Et j'ai peur des prés Baignés de rosée. Je vais m'endormir. Si tu ne m'éveilles, Tu trouveras à tes côtés mon coeur glacé.   Qu'est-ce qui résonne Au loin? L'amour. Le vent sur les vitres, Mon amour!   J'ai mis à ton cou Des gemmes d'aurore. Pourquoi me laisser Parmi ce chemin? Si tu vas au loin, L'oiseau va pleurer Et la verte vigne Restera sans vin.   Qu'est-ce qui résonne Au loin? L'amour. Le vent sur les vitres. Mon amour!   Tu ne sauras point, Mon beau sphinx de... [Lire la suite]
mardi 17 janvier 2017

FEDERICO GARCIA LORCA...Extrait

Chacun des poèmes que tu tiens entre tes mains, lecteur, correspond à un bourgeon nouveau sur l'arbre musical de ma vie en fleurs..."   .   FEDERICO GARCIA LORCA   .   Artiste inconnu
mardi 13 décembre 2016

DIALOGUE AVEC GERARDO DIEGO...Extrait

" Que te dirais-je de la poésie ? Que dirais-je de ces nuages, de ce ciel ? Les voir, les voir, les voir... et rien de plus. Tu comprendras qu'un poète ne peux rien dire de la Poésie. Laissons cette tâche aux critiques et aux professeurs. Mais ni toi, ni moi, ni aucun poète, nous ne savons ce qu'est la Poésie. La voici ; regarde. je porte le feu dans mes mains. je le comprends et je travaille parfaitement avec lui, mais je ne peux en parler sans littérature. "       FEDERICO GARCIA LORCA .       ... [Lire la suite]
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samedi 29 octobre 2016

PLUIE

La pluie a comme un vague secret de tendresse, Plein de résignation, de somnolence aimable. Discrète, une musique avec elle s'éveille Qui fait vibrer l'âme lente du paysage. C'est un baiser d'azur que la Terre reçoit, Le mythe primitif accompli de nouveau, Le contact d'une terre et d'un ciel déjà froids Dans la douceur d'un soir qui n'en finit jamais. C'est l'aurore du fruit, la porteuse de fleurs, La purification du Saint-Esprit des mers. C'est elle qui répand la vie sur les semailles Et dans nos cœurs le sentiment de l'inconnu. ... [Lire la suite]
mercredi 5 octobre 2016

ELEGIE DU SILENCE

Silence, où mènes-tu Ton cristal imprégné De rires, de paroles Et des sanglots de l'arbre ? Comment effaces-tu La rosée des chansons Et les taches sonores Que les lointaines vagues Laissent sur la blancheur Sereine de ton voile ? Qui ferme tes blessures Lorsque dans les campagnes Une vieille noria Plante sa flèche lente Dans ton cristal immense ? Où vas-tu si, le soir, Te blesse l'angélus, Si troublent ton repos Des essaims de chansons Et la rumeur dorée Qui tombe sur les monts Bleutés en sanglotant ?   .   ... [Lire la suite]
jeudi 23 juin 2016

EL ROMANCERO GITANO...Extrait

Passés les mûres sauvages, Les épines et les joncs, Elle a défait ses cheveux, Aplani pour nous la rive. J’ai enlevé ma cravate. Elle a enlevé sa robe. Moi, ceinture et revolver, Elle, ses quatre corsages. Odorant nard, coquillages, Rien ne se peut voir si fin. Ni le miroir sous la lune N’éblouit de cet éclat. Ses cuisses, qui m’échappaient Comme des poissons surpris, C’était le feu tout entier, Et aussi la fraîcheur même. Cette nuit-là, j’ai couru Dans le meilleur des chemins, Montant pouliche de nacre, Sans étriers et sans brides.... [Lire la suite]
vendredi 22 avril 2016

COCOTTE EN PAPIER

Cocotte en papier !Aigle des enfants,Aux plumes de lettres,Sans nid,Sans ami.Des doigts encore trempés de mystèreTe font naître en un froidCrépuscule d'automne, alors que meurentLes oiseaux et que le bruit de la pluie nous fait aimer la lampe,Le cœur et le livre.Tu ne vis que quelques minutesDans le frêle châteauDes cartes qui s'élève en chantantComme la tige d'un lys,Là, sans yeux et sans ailes, tu songesQue tu aurais pu êtreL'acrobate grotesque qui souritPendu à un fil,La silencieuse nef sans rameurs ni voilure,Le... [Lire la suite]