mardi 29 janvier 2008

PESSOA ...Extraits

Je ne suis rienJamais je ne serai rien.Je ne puis vouloir être rien.Cela dit, je porte en moi tous les rêves du monde.Fenêtres de ma chambre,de ma chambre dans la fourmilière humaine unité ignorée(et si l'on savait ce qu'elle est, que saurait-on de plus ?),vous donnez sur le mystère d'une rue au va-et-vient continuel,sur une rue inaccessible à toutes les pensées,réelle, impossiblement réelle, précise, inconnaissablement précise,avec le mystère des choses enfoui sous les pierres et les êtres,avec la mort qui parsème les murs de... [Lire la suite]
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dimanche 27 janvier 2008

ALBERTO CAEIRO

« Un jour de 1914, je m’approchais d’une commode haute et, prenant un papier, je me mis à écrire, debout, comme je le fais toutes les fois que je puis. Et j’ai écrit une bonne trentaine de poèmes d’affilée, dans une sorte d’extase dont je ne saurais définir la nature. Ce fut le jour triomphal de ma vie, et je n’en connaîtrai jamais de semblable. Je partis d’un titre « Le gardeur de troupeaux » et ce qui suivit fut l’apparition en moi de quelqu’un que j’ai d’emblée appelé Alberto Caeiro. Pardonnez-moi l’absurdité de l’expression :... [Lire la suite]
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dimanche 27 janvier 2008

LE GARDEUR DE TROUPEAUX...Extrait

Je ne suis pas toujours le même dans mes paroles et dans mes écritsje change, mais ne change guère.La couleur des fleurs n'est pas la même au soleilque lorsqu'un nuage passeou que la nuit descendet que les fleurs sont couleursd'ombre.Mais qui regarde bien voit bien que ce sont les mêmes fleurs.Aussi, lorsque j'ai l'air de ne pas être en accord avec moi-même, que l'on m'observe bien:si j'étais tourné vers la droite, je me suis maintenant tourné vers la gauche, mais je suis toujours moi, debout sur les mêmes pieds-le même toujours,... [Lire la suite]
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dimanche 27 janvier 2008

PESSOA.....

L'art nous délivre de façon illusoire, de cette chose sordide qu'est le fait d'exister... En art, il n'y a pas de désillusion, car l'illusion s'est vue admise dés le début.Le plaisir que l'art nous offre ne nous appartient pas, à proprement parler : nous n'avons donc à le payer ni par des souffrances, ni par des remords... Par le mot art, il faut entendre tout ce qui est cause de plaisir sans pour autant nous appartenir : la trace d'un passage, le sourire offert à quelqu'un d'autre, le soleil couchant, le poème, l'univers... [Lire la suite]
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dimanche 27 janvier 2008

IL PLEUT

Il pleutIl pleut. C'est le silence, puisque cette pluie-làNe donne à entendre qu'une rumeur paisible.Il pleut. Le ciel sommeille. Et lorsque l'âme est veuveDe tout ce qu'elle ignore, le sentiment s'aveugle.Il pleut. Mon être (qui je suis) je le renie...Si calme est la pluie qui s'échappe dans l'air(A peine semble-t-elle venir des nuages)Qu'elle semble ne pas être de la pluieMais un murmure doux qui tout en murmurantS'oublie lui-même. Il pleut. Rien ne donne envie...Ne plane aucun vent, je ne pressens aucun ciel.Il pleut lointainement,... [Lire la suite]
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vendredi 25 janvier 2008

PESSOA...Extrait

...Béni soit le même soleil d'autres contréesqui me rend frère de tous les hommes,puisque tous les hommes, un moment dans la journée,                         le regardent comme moi,et en ce moment pur,tout de sérénité et de tendresse,ils retournent dans l'afflictionet avec un soupir à peine sensibleà l'Homme véritable et primitifqui voyait naître le Soleil et ne l'adorait pas encore.Parce que cela est naturel - plus naturelqu'adorer l'or et Dieuet... [Lire la suite]
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samedi 1 décembre 2007

LE LIVRE DE L'INTRANQUILLITE, fragment 164

   L'inaction console de tout. Ne pas agir nous donne tout. Imaginer est tout, pourvu que cela ne tende jamais à l'action. Personne ne peut être roi du monde autrement qu'en rêve. Et chacun de nous, s'il se connaît vraiment, désire être le roi du monde.   Ne pas être, tout en pensant, c'est posséder un trône. Ne pas vouloir, tout en désirant, c'est recevoir la couronne. Nous possédons tout ce à quoi nous renonçons, parce que nous le conservons intact, en le rêvant éternellement à la lumière du soleil qui... [Lire la suite]
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samedi 1 décembre 2007

LE GARDEUR DE TROUPEAUX, poème XVIII

Le Gardeur de troupeaux, poème XVIII Que ne suis-je la poussière du chemin,les pauvres me foulant sous leurs pieds... Que ne suis-je les fleuves qui coulent,avec les lavandières sur ma berge... Que ne suis-je les saules au bord du fleuve,n'ayant que le ciel sur ma tête et l'eau à mes pieds... Que ne suis-je l'âne du meunier,lequel me battrait tout en ayant pour moi de l'affection... Plutôt cela plutôt qu'être celui qui traverse l'existenceen regardant derrière soi et la peine au cœur... FERNANDO PESSOA ... [Lire la suite]
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samedi 8 septembre 2007

LE GARDEUR DE TROUPEAUX...Extraits

Mon regard est net comme un tournesol.J’ai l’habitude d’aller par les chemins,jetant les yeux de droite et de gauche,mais en arrière aussi de temps en temps…Et ce que je vois à chaque instantest-ce que jamais auparavant je n’avais vu,de quoi j’ai conscience parfaitement.Je sais éprouver l’ébahissementde l’enfant qui, dès sa naissance,s’aviserait qu’il est né vraiment…Je me sens né à chaque instantà l’éternelle nouveauté du Monde…Je crois au monde comme à une pâquerette,parce que je le vois. Mais je ne pense pas à luiparce que... [Lire la suite]
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jeudi 6 septembre 2007

HORIZON

HORIZON Ô mer antérieure à nous, tes frayeurs Recelaient des coraux, des plages, des clairières. Forcés les secrets de la nuit, de la brume Serrée, des tourmentes endurées, du mystère, Le Lointain ouvrait ses corolles, et le Sud sidéral Resplendissait sur les nefs de l’initiation.Ligne sévère de la lointaine côte – Quand la nef se rapproche la falaise se dresse De tous ses arbres là même où le Lointain n’avait que du néant; La terre, de plus près, en sons et couleurs se déploie : Enfin, quand on débarque, il y a des oiseaux, des... [Lire la suite]
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