mardi 23 juillet 2013

L'ARBRE DES AMIS / EL ARBOL DE LOS AMIGOS

Il existe des personnes qui nous rendent heureux dans la vie, par le simple hasard de les avoir rencontrées sur notre chemin. Quelques-unes parcourent le chemin en entier à nos côtés, et voient passer beaucoup de lunes, mais il en est d’autres que nous voyons à peine, d’un pas à l’autre. Toutes, nous les appelons amies, et il en est plusieurs sortes. Chaque feuille d’un arbre pourrait caractériser un de nos amis. Les premiers à éclore du bourgeon sont notre papa et notre maman qui nous enseignent ce qu’est la vie. Ensuite, viennent... [Lire la suite]
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mercredi 13 mars 2013

FERVEUR DE BUENOS AIRES

Je devrai donc la soulever, la vaste viequi reste aujourd’hui même ton miroirchaque matin je devrai donc la rebâtir.Tu m’as quitté; depuis,combien de lieux devenus inutileset privés de sens, commedes lampes à midi.Soirs, nids de ton image,musiques où toujours tu m’attendais,paroles de ce temps passé,je devrai vous briser de mes mains.Dans quel ravin réfugier mon âmepour ne plus la voir, cette absencequi brille comme un terrible soleildéfinitif, sans couchant, sans pitié?je suis cerclé par ton absencecomme la gorge par la corde,Comme... [Lire la suite]
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samedi 13 octobre 2012

LABYRINTHE

Il n'y a pas de porte. Tu y esEt le château embrasse l’universIl ne contient ni avers ni reversNi mur extérieur ni centre secret.N’attends pas de la rigueur du cheminQui, obstiné, bifurque dans un autre,Qu’il ait une fin. De fer est ton destinComme ton juge. N’attends pas l’assautDu taureau qui est homme et dont, plurielle,L’étrange forme est l’horreur du réseauD’interminable pierre qui s’emmêle.Il n’existe pas. N’attends rien. Ni cetteBête au noir crépuscule qui te guette . JORGE LUIS BORGES .    
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mercredi 15 août 2012

UNE NOUVELLE REFUTATION DU TEMPS...Extrait

Le temps est la substance dont je suis fait.   Le temps est un fleuve qui m’emporte, mais je suis le fleuve.  C’est un tigre qui me dévore, mais je suis le tigre.  C’est un feu qui me consume, mais je suis le feu.     JORGE LUIS BORGES .      
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jeudi 5 janvier 2012

LES JUSTES

Un homme qui cultive son jardin, comme le voulait Voltaire.  Celui qui est reconnaissant que sur la terre il y ait de la musique.     Celui qui découvre avec plaisir une étymologie. Deux employés qui dans un café du Sud jouent un silencieux jeu d’échecs. Le céramiste qui prémédite une couleur et une forme. Un typographe qui compose bien cette page, qui peut-être ne lui plaît pas. Une femme et un homme qui lisent les tercets finaux d’un certain chant. Celui qui caresse un animal endormi. Celui qui justifie ou... [Lire la suite]
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mardi 1 novembre 2011

BORGES ET MOI

     C’est à l’autre, à Borges, que les choses arrivent. Moi, je marche dans Buenos Aires, je m’attarde peut-être machinalement, pour regarder la voûte d’un vestibule et la grille d’un patio. J’ai des nouvelles de Borges par la poste et je vois son nom proposé pour une chaire ou dans un dictionnaire biographique. J’aime les sabliers, les planisphères, la typographie du XVIIIe siècle, le goût du café et la prose de Stevenson : l’autre partage ces préférences, mais non sans complaisance et d’une manière qui en... [Lire la suite]
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lundi 24 octobre 2011

L'AUTRE...Extrait

Le fait se produisit en février 1969, au nord de Boston, à Cambridge. Je ne l’ai pas relaté aussitôt car ma première intention avait été de l’oublier pour ne pas perdre la raison. Aujourd’hui, en 1972, je pense que si je le relate, on le prendra pour un conte et qu’avec le temps, peut-être, il le deviendra pour moi. Je sais que ce fut presque atroce tant qu’il dura, et plus encore durant les nuits d’insomnie qui suivirent. Cela ne signifie pas que le récit que j’en ferai puisse émouvoir un tiers. Il devait être dix heures... [Lire la suite]
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lundi 24 octobre 2011

LE LIVRE DE SABLE

La ligne est composée d'un nombre infini de points; le plan, d'un nombre infini de lignes; le volume, d'un nombre infini de plans; I'hypervolume, d'un nombre infini de volumes... Non, décidément, ce n'est pas là, more geometrico, la meilleure façon de commencer mon récit. C'est devenu une convention aujourd'hui d'affirmer de tout conte fantastique qu'il est véridique; le mien, pourtant, est véridique. Je vis seul, au quatrième étage d'un immeuble de la rue Belgrano. II y a de cela quelques mois, en fin d'après-midi, j'entendis... [Lire la suite]
vendredi 10 juin 2011

LE COMPLICE

On me crucifie et je dois être la croix et les clous. On me tient la coupe et je dois être la ciguë On me trompe et je dois être le mensonge. On m'incendie et je dois être l'enfer. Je dois flatter et remercier chaque instant du temps. Mon aliment est toute chose. Le poids précis de l'univers, l'humiliation, la joie. Je dois justifier ce qui me blesse. Peu importe mon bonheur ou mon malheur. Je suis le poète.   .   JORGE LUIS BORGES .     Oeuvre Caspar David Friedrich
mardi 24 mai 2011

LUNE D'EN FACE...Extrait

Ni l’intimité de ton front clair comme une fête ni la privauté de ton corps, encore mystérieux et muet, encore d’enfant, ni tes paroles ou tes silences, étapes au chemin de ta vie, ne me seront aussi mystérieuse faveur que de regarder ton sommeil impliqué dans la veille de mes bras. Miraculeusement vierge à nouveau par la vertu absolutoire du sommeil, paisible et resplendissante comme un bonheur que choisit la mémoire, tu me donneras cette frange de ta vie que tu n’atteins pas toi-même. Précipité en quiétude j’apercevrai cette... [Lire la suite]
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