mercredi 15 juillet 2009
L'OPERATION D'AMOUR...Extrait 2
(...)
Et parmi oisillons et sifflements dans la
partie supérieure de la pensée
ou la tête
et rumeurs
en la tête comme une mer
ou plaintes
ou vents ou mouvements
soleils
qui s'entrechoquent
s'éteignent
brûlent
ou puissances
comme milliers de bêtes piétinant
les faubourgs de l'âme
c'est-à-dire souffrant
les plus terribles peines
même ainsi
entière en sa quiétude apparaît l'âme
ou le désir
la clarté non touchée
par la peine
le mépris
la misère
la douleur ou la vilenie
alors
c'est quoi cette paix sans vengeance
cette mémoire
de ciel à venir
cette tendresse
qui descend de tes mains
fontaine
où les oisillons de la partie supérieure de la pensée
viennent boire
pépient doucement
ou se taisent
tel du clair qui coulerait de toi
petite aile
qui douce survole la guerre et la fatigue
comme un vol de la passion elle-même?
.
JUAN GELMAN
Traduction Jacques Ancet
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Oeuvre Salvador Dali
L'OPERATION D'AMOUR...Extrait
"on a pris un homme et on a dit
qu'il soit chassé de toi mais sans mourir
on a
levé le coeur de cet homme on l'a jeté
contre le monde ou la douleur
et là il a brûlé un moment
s'est éteint n'a pas ressuscité comme un petit chien
il n'a pas remué la queue après
son combat contre la nuit
ni n'a levé le visage
ni dit adieu
ni été vert
ni rien écrit dans l'air
ni n'a éclaté comme un arbre
ni n'a été changé en ambre
non
ni n'a fait un peu d'ombre
n'a eu sur lui d'herbe
ni un os à jouer de la flûte
et
la seule musique qu'il a faite
c'est sa tristesse crépitante
tristesse grande comme un animal
comme ton absence
comme un ciel
où les oiseaux passaient
tremblants sous le soleil"
.
JUAN GELMAN
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Oeuvre Salvador Dali
vendredi 5 décembre 2008
OBSCUR OUVERT...Extrait
par la parole tu me connaîtras
tout l'avalanche les peines les oublis
les pénombres la chair la mémoire
la politique le feu le soleil d'oiseaux
les plumes les plus violentes les astres
les repentirs près de la mer
les visages la houle la tendresse
parfois à peine pénombrent
oublient brûlent raillent astrent
politisent ensoleillent oisellement
plument se repentent et mémorisent maréent
s'envisagent et houlent ou s'attendrissent
se cherchent et se lèvent quand ils tombent
meurent comme des substances naissent comme des substances
s'entrechoquent sont la cause de mystères
balbutient bavent se mangent se boivent
se pleuvent pour dedans aux fenêtres
se voient venir circulent dans leurs bras
finissent par donner dans la parole comme morts
ou comme vivants tournent cillent
libres dans le son pris dans le son
ils arpentent le monde humainement
n'appartiennent à personne astres mers
comme des repentirs comme des oublis
peines en feu ou politiques
pénombres de la chair oiseaux de ce visage
et l'avalanche la mémoire la houle.
.
JUAN GELMAN
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Oeuvre de Norbert Pagé
jeudi 13 mars 2008
JUAN GELMAN...Extrait
AMOUR QUI S'APAISE finit-il?
commence-t-il? quelle nouvelle
vieillesse l'attend encore?
quel éclat? amour qui se penche
de soi-même vers soi-même étant
aussi mémoire de soi
mangeant
de soi quelle vieille
ombre lui sucera la nuque? oh pestes
qui ont visité mon pays
ont attaqué sont parties
étrangères comme le vent
.
JUAN GELMAN
Extrait d'Obscur ouvert, éditions PHI, 1997
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