EMMILA GITANA

Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

lundi 2 mars 2009

NOCTURNE...Extrait

"Laisse ruisseler ton baiser

-à la manière d'une source-,

jet de fraîcheur dans la vasque de mon cœur!

Et mon cœur, ensuite, rêvant

te rendra, doublement, l'eau de ton baiser,

au fil de mes rêves, par-dessous la vie.

Et l'eau de ton baiser

-oh nouvelle aurore de la source!-

sera éternelle à jamais,

car la source en sera mon amour."

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JUAN RAMON  JIMENEZ

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jeudi 20 novembre 2008

POEME XXXIV....Extrait

Je regarde en tes yeux couler
l'eau de ton coeur,
transparent ruisseau,
dont le soleil illumine le fond.
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Comme on y sera bien,
la passion de l'été s'y étant apaisée
sous les fraîches eaux pures
de ton amour!
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JUAN RAMON JIMENEZ

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eau

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jeudi 16 octobre 2008

PIERRE ET CIEL...Extrait

"Bonheur ; quel arbre invisible, infini
donne-t-il ton fruit, que l’âme parfois
cueille, en sa plénitude ?

De ces idées lesquelles sont tes branches,
de ces sentiments lesquels sont tes fleurs,
de ces chants quels sont tes oiseaux,
de ces sourires quels sont tes arômes ?
Qu'est-ce qui nourrit tes racines ?
Comment, par où, pareil à ce citron,
pénètres-tu par ma fenêtre,
en notre plus profonde chambre,
y effleurant, tout doucement, le coeur ?"

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JUAN RAMON  JIMENEZ

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fenetre_aux_roses

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vendredi 10 octobre 2008

LE MOT

Où est le mot, mon coeur,

qui embellira d'amour le monde laid;

qui lui donnera pour toujours - et seulement alors -

une force d'enfant

et une défense de rose ?

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JUAN RAMON  JIMENEZ

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Beatriz_Moya4bmp

Oeuvre de Béatriz Moya

LA MORT

Ici nous avons dit : " Mort ",

comme un point final,

et nous nous sommes égarés dans le reste.

Mais mourir c'est voyager,

mourir c'est transcender;

et toi tu deviens transcendant,

- se souvenir de toi serait t'accompagner -

dans les nuits d'étoiles

dans les aurores pures,

dans les hauts couchers de soleil,

toi vivant, toi vivant, vivant et ardent,

sur la pauvre paix de notre sec oubli !

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JUAN RAMON  JIMENEZ

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dimanche 28 septembre 2008

JE NE SUIS PAS MOI

Je ne suis pas moi.
Je suis celui
qui va à mes côtés sans le voir
que parfois je vais voir
et que parfois j'oublie.
Celui qui se tait serein quand je parle
celui qui doucement pardonne quand je hais
celui qui se promène ou je ne suis pas
celui qui restera debout après ma mort

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JUAN RAMON JIMENEZ

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samedi 27 septembre 2008

LA POESIE NUE...Extrait

PREMIER FRAGMENT

     “Les dieux n’ont pas eu d’autre substance que celle que j’ai moi-même”. J’ai, comme eux, la substance de tout ce qui a été vécu et de tout ce qui reste à vivre. Je ne suis pas seulement un présent, mais une fugue torrentielle, de bout en bout. Et ce que je vois, de part et d’autre, dans cette fugue (avec des roses, des ailes brisées, de l’ombre et de la lumière) n’appartient qu’à moi, souvenir et désirs bien à moi, pressentiment, oubli. Qui sait mieux que moi, qui, quel homme ou quel dieu peut, a pu, ou pourra me dire à moi ce que sont ma vie et ma mort, ce qu’elles ne sont pas ? Si quelqu’un le sait, je le sais mieux que lui, et si quelqu’un l’ignore, mieux que lui je l’ignore. Une lutte entre cette ignorance et ce savoir, voilà ma vie, sa vie, voilà la vie. Passent des vents comme des oiseaux, des oiseaux comme des fleurs, des fleurs soleils et lunes, des lunes soleils comme moi, comme des âmes comme des corps, des corps comme la mort et la résurrection ; comme des dieux. Et je suis un dieu sans épée, sans rien de ce que font les hommes avec leur science ; seulement avec ce qui est le fruit de la vie, ce qui change tout ; oui, de feu ou de lumière, de lumière. Pourquoi mangeons-nous et buvons-nous autre chose que lumière ou feu ? Si je suis né dans le soleil, et si de lui je suis venu ici dans l’ombre, suis-je fait de soleil et comme lui ai-je le pouvoir d’éclairer ? Ma nostalgie, comme celle de la lune, est d’avoir été soleil d’un soleil un jour et de le refléter, sans plus, maintenant. Passe l’iris en chantant comme moi. Adieu iris, iris, nous nous reverrons, car l’amour est un et seul et il revient chaque jour.

JUAN RAMON JIMENEZ

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IRIS

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samedi 23 février 2008

MER, OEUVRE, AIR

Oeuvre, vague légère et infinie,

conscience divisée - et une -

de tous les moments de mon être !

Ferme délicatesse

d'instants permanents,

qui devras supporter avec ton cristal humain

- brisé et intégral comme le diamant -,

les secousses et le sifflement,

la vocifération et les coups,

l'écho et la poussée

de ce monde des hommes laids !

Rien ne saurait abattre ni écraser

tes roses gigantesques et menues,

oiseau prodigieux;

vaste coeur contenant

des coeurs innombrables,

- un pour chaque évènement de ma vie -;

rien ne brisera tes ailes suaves

grâce auxquelles tu montes,

droite et rapide, au zénith,

sans poids en ton immense pesanteur,

plus grande en chaque oeil,

en chacun de tes cris

que tout l'univers !

.

JUAN RAMON JIMENEZ

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JUAN RAMON JIMENEZ...Extraits

LE COURANT INFINI

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Mon âme coule, telle une eau pure,

entre une rive d'or de souvenir

et une autre dorée d'espérance,

reflétant, sur un point,les deux passions...

....

OEUVRE ET SOLEIL

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Refermé mon livre

ciel étoilé de la siste!

Mon livre entrouvert,

ciel étoilé du soir!

Ouvert mon livre,

ciel étoilé de la nuit!

Où est le mot, mon coeur,

qui embellira d'amour le monde laid;

qui lui donnera pour toujours

- et seulement alors-

une force d'enfant

et une défense de rose?

....

FEUX

.

Cette rencontre pure

de l'éclair ardent de notre âme

avec l'éclair imprévu étranger;

et cette façon d'être soi-même la rose,

- l'explosion! -

l'étoile au point inévitable

où se touchent les deux éclairs vivants!

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JUAN RAMON JIMENEZ

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mercredi 20 février 2008

POESIE EN VERS...Extrait

Elle parlait autrement que nous tous,
d'autres choses d'ici, mais jamais dites
avant qu'elle ne les eût dites. Elle était tout
Nature, amour et livre.

                 Comme l'aurore, toujours,
elle commençait de façon imprévue,
si loin de tout ce que l'on rêve !

Toujours, comme midi,
elle arrivait à son zénith, d'une manière
insoupçonnée,

si loin de tout ce que l'on raconte !
Comme le crépuscule, toujours,
elle se taisait d'une façon inconcevable,
si loin de tout ce que l'on pense !

              Si loin, si près
de moi son corps!
Son âme,
si loin, si près de moi !

  …    Nature, amour et livre.

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Juan Ramón Jiménez, poésie en vers

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