mercredi 12 août 2009
CANCIONERO Y ROMANCERO DE AUSENCIAS...Extrait
Tu étais comme le jeune figuier
du ravin.
Quand je passais
tu rêvais de montagnes.
Comme le jeune figuier,
resplendissant et sombre.
Tu es comme le figuier.
Comme le vieux figuier.
Je passe à présent dans le bonjour
silencieux des feuilles sèches.
Tu es comme le figuier
dans la lente lumière de la vie.
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MIGUEL HERNANDEZ
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HORMIS TES ENTRAILLES...Extrait
"L’ombre est déjà le nid fermé, incandescent,
l’aveuglement visible posé sur celui qui aime ;
elle provoque déjà l’étreinte fermée, aveugle,
elle accueille déjà dans ses profondeurs tout ce que la lumière livre.
L’ombre demande, exige des êtres qui s’entrelacent,
des baisers qui la constellent de longs éclairs,
des bouches furieuses, agitées, qui tenaillent,
des mouvements qui changent en musique les léthargies muettes.
[…]
L’ombre est dans l’ombre : de l’ombre il a jailli,
et à son origine le astres apportent une semaille,
un jus laiteux, un écoulement de battements chauds
qui porteront ses os vers le rêve et la femelle.
L’ombre fait bouger ses forces sidérales,
l’ombre répand sa constellation obscure,
elle retourne les couples et les rend nuptiaux.
Epouse, tu es la nuit. Je suis midi."
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MIGUEL HERNANDEZ
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LE SIFFLEMENT DE LA PLAIE PARFAITE
Ouvre-moi, Amour, la porte
de la plaie parfaite.
Ouvre-moi, mon Amour, ouvre
la porte de mon sang ;
Ouvre, pour qu’elles sortent
toutes les mauvaises anxiétés.
Ouvre, pour que ne se sauvent
les intentions troubles.
Ouvre, pour que mes veines
soient des pures sources,
mes mains des chardons secs
mes yeux des fosses tranquilles.
Ouvre, que vienne l’air
de ta parole… Ouvre !
Ouvre, Amour, que déjà rentre…
Ai !
que non se sale… !Ferme !
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MIGUEL HERNANDEZ . Oeuvre Vassilik K
jeudi 4 juin 2009
PLAINTE DU DESERT DE SOIF
Sable du désert
Je suis : désert de soif.
Oasis est ta bouche
Où je reste sans boire.
Bouche : oasis ouvert
A tous les sables du désert.
Point d’eau au cœur
D’un monde brûlant,
Ton corps, ton corps
Qui jamais n’est à nous deux.
Corps : puits fermé,
A ce point calciné par la soif et le soleil.
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MIGUEL HERNANDEZ
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Oeuvre de Salvador Dali
vendredi 21 septembre 2007
CANCIONERO Y ROMANCERO DE AUSENCIAS...Extraits
Il y avait un trou peu profond.
Presque au coeur de l'ombre.
Aucun corps d'homme ne se serrait serré
dans cette ombre étroite.
Avec toi tout s'ouvrait
sur cette terre d'ombre.
Ma maison avec toi c'était
la chambre obscure.
Par toi dans ma maison entrait
l'éclat la lumière.
Ma maison peu à peu est un trou
Et je ne voudrais pas que toute
cette lumière s'éloigne
sans vie de la chambre.
Mais avec la pluie, je sens
les murs se creuser,
les meubles reverdir,
j'en écarte vivement les feuilles.
Ma maison est une ville,
une porte ouverte vers l'auve,
une autre, plus ouverte, vers le soir,
une autre, vers la nuit, immense.
Ma maison est un cercueil.
Chanson terrible sous la pluie,
d'hirondelles au-dehors
débordant la peur.
Dans ma maison un corps s'absente.
Dans ma maison nous deux reste un nom.
MIGUEL HERNANDEZ
vendredi 14 septembre 2007
MIGUEL HERNANDEZ....Extraits
« Ta voix coule douce
comme d’un pot de miel, et dans son mouvement,
le désir met dans mes mains terrestres
ses roses au feu habituel.
J’arrive exaspéré au sommet
de ta poitrine insulaire, et je l’entoure
d’une mer ambitieuse et je piétine
des pétales de lumière exaspérés.
Mais tu te défends avec des murailles
de mes cupides tentatives
de te submerger dans la terre et dans la mer.
Comme une pierre pure et indifférente, tu te tais :
un silence de pierre, ce sont des roses et d’autres roses
que tu poses et tu déposes dans mes mains. »
Miguel Hernández

ETENDUE DE PETALES DE ROSES
lundi 25 juin 2007
ELEGIE A RAMON SIJE
Je veux avec mes larmes être le jardinier
de la terre que tu occupes et que tu fertilises,
si tôt, compagnon de mon âme.
Nourrissant de ma douleur sans instrument
pluies, orgues et coquillages,
je donnerai ton coeur pour aliment
aux coquelicots désemparés.
Tant de douleur s’amoncelle en mon flanc,
mon mal est tel que mon souffle est souffrance
Un coup de poing dur, un coup glacé,
un invisible et homicide coup de hache,
une poussée brutale t’as abattu.
Nulle étendue plus grande que ma plaie,
je pleure mon malheur, ce qui l’entoure
et je sens plus ta mort que je ne sens ma vie.
Je marche sur des chaumes de défunts,
et sans chaleur humaine, sans consolation,
j’oscille entre mon coeur et mes occupations.
Trop tôt la mort a pris son vol,
trop tôt s’est réveillée l’aurore,
trop tôt tu tombes sur le sol.
Je ne pardonne pas à la mort amoureuse,
je ne pardonne pas à la vie inattentive,
je ne pardonne ni à la terre, ni au néant
En mes mains je déchaîne un ouragan
de pierres et d’éclairs et de stridents flambeaux,
affamé, assoiffé de désastres.
Je veux gratter la terre avec mes dents,
je veux trier la terre motte à motte
à coups de dents secs et brûlants.
Je veux miner la terre jusqu’à ce que je te trouve
et embrasser ton noble crâne
et te débâillonner et te faire revenir.
Tu reviendras à mon verger, à mon figuier:
parmi les fleurs en jardins suspendus
voltigera ton âme butineuse
de cires angéliques et de dentelles.
Tu reviendras où roucoulent les grilles
des laboureurs énamourés.
Tu réjouiras l’ombre de mes sourcils,
d’un côté les abeilles, de l’autre ta fiancée,
viendront se disputer ton sang.
Mon avare voix d’amoureux
appelle vers un champ d’amandes écumantes
ton coeur, velours déjà fané.
Vers les âmes ailées des roses
de l’amandier de crème je t’appelle :
car nous avons tant de choses à nous dire,
compagnon de mon âme, compagnon.
MIGUEL HERNANDEZ ( Traduction V. Pradal )











