mardi 31 janvier 2017

LA ROUTE QUE NOUS SUIVONS

À la criée du salut nous voici armés de désespoir au nord du monde nous pensions être à l'abri loin des carnages de peuples de ces malheurs de partout qui font la chronique de ces choses ailleurs qui n'arrivent qu'aux autres incrédules là même de notre perte et tenant pour une grâce notre condition soudain contre l'air égratigné de mouches à feu je fus debout dans le noir du Bouclier droit à l'écoute comme fil à plomb à la ronde nous ne serons jamais plus des hommes si nos yeux se vident de leur mémoire beau désaccord ma vie qui... [Lire la suite]

lundi 30 janvier 2017

POCHADE POUR ROBERT MARTEAU

passent les nuages dans un ciel de Poussin puis ma fenêtre disparaît dans un Magritte mal encadré et bourdonne la vie passent les ponts sur l’eau l’eau sous les ponts le vin coulant dans les goulots les gorgotons la vie va et nous allions dans un sonnet disiez-vous la prière est l’abeille de l’abîme c’était enguirlander le vieux néant comme Pollock ou Riopelle et bourdonne la vie Paris où est-ce si je ne sais où nous sommes étions depuis la Butte-aux-Cailles jusqu’en la galerie du Fleuve pendant... [Lire la suite]
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lundi 30 janvier 2017

ÉQUATEUR ABSOLU

Brûlante ligne froide Comment fait le soleil pour apaiser les îles ? Je suis ici avec mes deux mains inutiles Cherchant une évidence aveugle dans le blanc La Terre est bleue comme une orange et point d’orange L’espace autour de nous définit le marteau CASSER Derrière il y a le temps des fluidités Et sous l’arbre ainsi que fourche de la femme Il y a la pulsation et le malheur du sang Brûlante ligne froide Dans le jardin de la concentration L’homme et la femme et les étrangetés du monde Elle est peut-être... [Lire la suite]
lundi 30 janvier 2017

ENTRELACS

La grâce d’une chute de moineau dans le monde Je te la donne, femme des paysages, Plus grande avec passion dans le bruit des montagnes Toute brûlure sur tes seins toute froidure sur tes dents Tant de désir au fagot de tes jambes Le nuage a trouvé ton nom de compassion Dans des débris de blé et des actes de sable Fastueuse est ta vie immensément servante La nuit de ta fougère jusqu’au ciel Les prairies perdues de ta vie s’évaporent Autour de toi, femme des paysages, Amoureuse et féconde, Enfermée dans des entrelacs... [Lire la suite]
lundi 30 janvier 2017

CARNETS - CAHIER I...Extrait

« On mène une vie difficile à vivre. On n'arrive pas toujours à ajuster ses actes à la vision qu'on a des choses. (Et la couleur de mon destin, alors que je crois l'entrevoir, la voici qui fuit devant mon regard.) On peine et lutte pour reconquérir sa solitude. Mais un jour la terre a son sourire primitif et naïf. Alors c'est comme si luttes et vie en nous sont d'un seul coup gommées. Des millions d'yeux ont contemplé ce paysage, et pour moi il est comme le premier sourire du monde . Il me met hors de moi au sens profond du mot. Il... [Lire la suite]
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lundi 30 janvier 2017

CARNETS - CAHIER I

Ne pas se séparer du monde. On ne rate pas sa vie lorsqu'on la met dans la lumière. Tout mon effort, dans toutes les positions, les malheurs, les désillusions, c'est de retrouver les contacts. Et même dans cette tristesse en moi quel désir d'aimer et quelle ivresse à la seule vue d'une colline dans l'air du soir. Contacts avec le vrai, la nature d'abord, et puis l'art de ceux qui ont compris, et mon art si j'en suis capable. Sinon, la lumière et l'eau et l'ivresse sont encore devant moi, et les lèvres humides du désir. Désespoir... [Lire la suite]

dimanche 29 janvier 2017

STROMAE - ALORS ON DANSE -

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dimanche 29 janvier 2017

MAHMOUD DARWICH...Extrait

Comme pousse l’herbe entre les fentes des rochers Nous avons rencontré deux étrangers un jour Le ciel du printemps inventait les étoiles… Et j’inventais un épisode d’amour Pour tes yeux…je les ai chantés Tes yeux savent-ils combien j’ai longtemps Comme l’ oiseau attend l’été Et me suis endormi Tel le sommeil d’un exilé Un œil s’endort pour que l’autre veille…longtemps Et pleure son frère Nous sommes des amoureux jusqu’à ce que la lune s’endorme Et nous savons que l’étreinte et les baisers Sont la nourriture des soirées de charme Et le... [Lire la suite]
dimanche 29 janvier 2017

ATTEINT

Inquiétant. Ça devient inquiétant. Comment, pourquoi inquiétant ? De n’avoir jusqu’à présent pas été atteint. Atteint. Atteint de quoi ? D’une balle. De quoi ? D’une balle. Tu sais, un projectile qui court... il court, il court et il rentre ; il court, il court, il court, il ravage ; il court, il court tout ravager ; il ravage tes muscles, tes os ; il court, il rentre et tout ravage en toi ; tu ne le sens pas qui court ; c’est le feu en toi ; cette chose brûle tout en toi,... [Lire la suite]
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dimanche 29 janvier 2017

L'ENFANT N'EST PAS MORT...Extrait

Le 21 mars 1960, un massacre eut lieu à Sharpeville. Un vent de violence secoua alors toute l’Afrique du Sud. Au Cap, un bébé noir qui se trouvait dans les bras de sa mère fut tué par des policiers blancs. Ingrid Jonker, indignée, se rendit au commissariat de Philippi pour s’incliner devant le corps ; et écrivit ce poème que le poète Mattheus Uys Krige, son mentor et confident, salua comme « l’un des meilleurs poèmes en vers libres de notre littérature ».  Le 24 mai 1994, lors de son discours d’investiture devant... [Lire la suite]