dimanche 12 mars 2017

LETTRE D'ERNEST PEPIN A HARRY BELAFONTE

 Mardi 13 mars 2012    "Cela remonte à mon enfance. Une voix comme une écume d’or. Cette voix était un pays. Une île au grand soleil et qui tendait la main au monde. Je ne savais pas encore qu’elle s’appelait la Jamaïque. Je ne savais pas encore qu’elle s’appellerait aussi Bob Marley et qu’elle aurait des locks pour amarrer la mer. En ce temps là on demandait au coiffeur une coupe « Belafonte ».   On ne disait pas Harry Belafonte. On disait Belafonte, comme si ce seul nom symbolisait toutes nos... [Lire la suite]

dimanche 12 mars 2017

LA VAGABONDE...Extrait

"Écrire, pouvoir écrire ! Cela signifie la longue rêverie devant la feuille blanche, le griffonnage inconscient, les jeux de la plume qui tourne en rond autour d’une tache d’encre, qui mordille le mot imparfait, le griffe, le hérisse de flêchettes, l’orne d’antennes, de pattes, jusqu’à ce qu’il perde sa figure lisible de mot, mué en insecte fantastique, envolé de papillon-fée… Écrire… C’est le regard accroché, hypnotisé par le reflet de la fenêtre dans l’encrier d’argent, la fièvre divine qui monte aux joues, au front, tandis qu’une... [Lire la suite]
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dimanche 12 mars 2017

VIVANTE PIERRE FRICHES no 71...Extrait

Nuit de Sisyphe, sans halte, sans recours Il n’y a pas d’aurore éclatante et fragile Juste cette fatigue et l’habitude du naufrage Mais l’étincelle, la sauvage, la brusque, nous la portons en nous, malgré nous, plus tenace que les désastres Envole-toi, Sisyphe, Un feu déjà se prépare La nuit, la nuit éclatera comme une graine prête à de nouveaux départs   .   COLETTE GIBELIN   .     Photographie Laureos  
dimanche 12 mars 2017

HÔTEL DES VOYAGEURS

Hôtel des voyageurs La fenêtre ouvre sur le ciel Bleu soleil, renversant On y lit le vertige, et la fascination des blancs bateaux glissant dans la lumière Dedans est l’espace du cœur, l’intime centre de la vie, peut-être le bonheur Nous habitons cette chambre furtive, lieu d’étreintes sans lendemains Dehors est l’inconnu L’amour est dérisoire, face à la mer, souveraine et brutale avec tous ses pillards Elle entre en toi, te déchiquette La mer, pourvoyeuse de désespoir La chambre rétrécit L’espace du recueillement s’étiole Jusqu’au... [Lire la suite]
dimanche 12 mars 2017

SOUFFLES ET SONGES...Extrait

Lumières d’octobre comme un bonheur inespéré déployant ses filets un félin assoiffé qui voit venir l’hiver Oh ! les feulements du vent quand les temps se renversent Soleils d’octobre illuminant le ciel entre deux averses La vie est douce, et lente, et douloureuse Le présent bat le rythme Cœur d’espace et de transparence La beauté souveraine rayonne en sa fragilité Nous n’avons rien à dire sinon cette caresse de lumière . . . COLETTE GIBELIN . . .
vendredi 10 mars 2017

LA CENTAINE D'AMOUR...Extrait

Ces fleurs brusques avec des eaux et des menaces,ce pavillon pris dans les tourments de l’écume,ces rayons de miel et ces récifs incendiairessont devenus la paix de ton sang dans le mien,une couche d’étoiles et bleue comme la nuitet la simplicité sans fin de la tendresse. »   . PABLO NERUDA .
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vendredi 10 mars 2017

LA NUIT A LA DERIVE ...Extrait

« Moi, Olga Orozco, du fond de ton cœur je déclare à tous que je meurs.J'aimais la solitude, l'héroïque durée de toute foi, l'oisiveté dans laquelle grandissent d'étranges animaux, des plantes fabuleuses, l'ombre d'une grande époque fluant au milieu des mystères, des hallucinations, et aussi le petit tremblement des bougies à la nuit tombante.Mon histoire est là dans mes mains et dans les mains de ceux qui l'ont tatouée.De mon séjour il reste les magies, les rites, quelques dates usées par le souffle d'un amour inhumain, l'épaisse et... [Lire la suite]
vendredi 10 mars 2017

RAG-TIME...Extrait

On ne refera plus les sapins aussi vertsma sœurNi les cieux aussi cieux, ni les aubes si frêlesni les goudrons fondants des routes de l'éténi les canons de bronze aux jambes des enfants sur la grand-place,à l'ombre insigne des vieux mortsd'autres guerresMa foion ne refera plus la gaieté d'autrefoisma sœurje n'y crois guèrePas plus qu'aux longs comas de nos douillets hiversmon cœurni aux calmes maisons avec leurs demoisellesroses pour vous servir une tasse de théles seins jeunes dessous des corsages bouffantsDe tout cela qui a étéma... [Lire la suite]
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jeudi 9 mars 2017

LA BELLE SAISON

Je regarde d’ici les guerres fatiguées Les mots qui sont des mouches sur les vitres Prisonnières Le poids mort de la pesanteur sur la nuque et ce temps que l’on tue De peur De croiser son regard d’y voir le décompte A rebours et le va et vient qui finira Les mêmes boucles la même fin qui ramène le naufragé Toujours à la même vague quand le sol se dérobe Je pense à Diogène avec sa lampe qui cherchait un homme Quand j’écarte de mon chemin les humains en cherchant la lumière Pourquoi Est-il impossible d’être debout Sans retomber... [Lire la suite]
mercredi 8 mars 2017

LA ROSEE SUR LES MAINS...Extrait

L’automne trempe ses prés dans le rêveet les flammes du paysage se lèvent devant nousà mi-chemin entre les touffes de ronces, les cailloux,les puissances de la solitudedu côté des pommiers en retard sur la nocepressée d’en finiravec cette journée qui remue sous l’empoisune journée de grand ventnue et sèche au milieu des prairies et des fièvresquand passent dans la campagne une haleine de batailleune lumière d’orage qui met tout à l’enversle cœur de la mariée sous le voile couvert de baisersles tristes lessives de la semainel’équilibre... [Lire la suite]