mercredi 20 septembre 2017

BIENS ÉGAUX

Je suis épris de ce morceau tendre de campagne, de son accoudoir de solitude au bord duquel les orages viennent se dénouer avec docilité, au mât duquel un visage perdu, par instant s’éclaire et me regagne.  De si loin que je me souvienne, je me distingue penché sur les végétaux du jardin désordonné de mon père, attentif aux sèves, baisant des yeux formes et couleurs que le vent semi-nocturne irriguait mieux que le main infirme des hommes.  Prestige d’un retour qu’aucune fortune n’offusque.  Tribunaux de midi, je... [Lire la suite]

mercredi 20 septembre 2017

A LA RECHERCHE DES PAS PERDUS...

A Mila, Emma et Cesare . Toi, l’enfant de mes enfants,Toi qui, pendant ces premiers jours,ne connaît des seins que la voie lactée,un soir je t’apprendraià marcher dans les étoiles filantessans écraser les vœux qui les accompagnent.Un jour je t’apprendraià saisir dans le ventles verbes qui soignent leurs sujetscomme des rois bien aiméset bercent leurs compléments directscomme des enfants choyés.Un matin, je t’apprendrai mêmeà forger le sens profond de l’insenséavec la réponse des astres cueillie sur la rosée,…avec les reflets... [Lire la suite]
dimanche 17 septembre 2017

JACKY MICAELLI...UMAGGIU

        ... Cependant ce que je sais, et dont je peux témoigner, c’est que cette voix est unique, qu’elle vous bouleverse, et que quand elle vous surprend sur les bancs d’une église ou sur un strapontin, quelque-chose d’indéfinissable se joue, de l’ordre du viscéral, de l’intime résonance ; que quand sa note décroche dans le vertigineux abîme d’un mélisme hérité de nos plus anciennes traditions (et que beaucoup aujourd’hui négligent), c’est la voix de l’enfant affamé qu’on entend, le berger qui, avec son... [Lire la suite]
mercredi 13 septembre 2017

MON AMOUR

La vérité, pour se dire, Embrasse tes lèvres. Le soleil, pour briller, Doit, chaque jour, se lever, Des rayons de ton ombre. Les étoiles, en colliers, se bousculent sans nombre, Pour venir, assoiffées, boire, à ton cou, les coupes de lumière Sans lesquelles elles ne seraient que constellations sombres. Quand leurs ailes se déploient, Les oiseaux imitent ta voix, Pour chanter mon amour pour toi, Ses peines et ses joies. Les dunes, en courbes, s’échinent dans tous les sens, Pour imiter tes hanches qui, à chaque pas, dansent. Jalouses... [Lire la suite]
mercredi 13 septembre 2017

HOMMAGE A LA TUNISIE...Extraits (2015)

  Je me souviens des bouquets de jonquilles serrées en une grosse tête jaune des tabounas dans des paniers d’osier sur le trottoir et des œufs durs pour les accompagner de la baie largement ouverte et la seule violence était celle de la lumière derrière la brume de l’avenue de fleurs sous le tournoiement bruyant des martinets du pavillon sur pilotis au bord de la plage des graines du marchand qui criait à la sortie du lycée, « Je suis là, j’ai besoin de sous » des arrivages inattendus de bananes du pétrole bleu dans le poêle au... [Lire la suite]
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mercredi 13 septembre 2017

JOËLLE GARDES...HOMMAGE

Parfois une vitre invisible la coupe du monde et des autres la sépare de ses émotions Si elle cherche à rassembler les événements de sa vie elle ne trouve que des étiquettes sur des boîtes vides Glacée figée derrière la vitre du désespoir elle ne perçoit ni les battements de son cœur ni le sang dans ses veines ni l’obstination de la pensée Invisible le travail du vieillissement la chute des images dans l’oubli inaudible Séparée des autres dévorée goutte de temps après goutte de temps Elle se redresse et rassemble ses forces contre... [Lire la suite]
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mardi 12 septembre 2017

BABEL, BABYLONE...Extrait

Je dirai un jour prochain la haute magie des maisons de terreJe dirai leur charme naturelJe dirai leur climatJe dirai leur douceur de roséeJe dirai la grande rosaceEt sa fraîcheur termitièreJe dirai la région divine en ellesOùni pouxni bellesni poubellesne vicientl’airdu bon dieu Car des bondieuseries occupent nos têtesMais le paysage n’en a cureIl n’est même pas païenIl n’est même pas chrétienEt pas même musulmanIl est infini à la mesureDe l’amour qui nous consumeVivre savammentMourir avec le sourireQuelle rime tristeJ’éclaterai... [Lire la suite]
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mardi 12 septembre 2017

TIENS BON POETE

Tiens-bon poète Tiens-bon Ils ont pourri la Terre Jusqu’à l’os des rivières Et tout s’en va en pourriture Je porte leur pourriture d’argent Aux banques du désespoir Je porte leur pourriture de chômage Au bureau du désespoir Tiens-bon poète Tiens bon La vie disparaît Déserte l’air L’eau La terre et même le feu Tout est empoisonné Même l’amour Même l’amour Les gonds du monde grincent Pathétiques violences sans remords qui nous assiègent La bonté est vaincue Tiens bon poète Tiens bon Les guerres se donnent la main Emportent tout l’homme... [Lire la suite]
dimanche 10 septembre 2017

MEMOIRES SANS VISAGES & AUTRES TEXTES...extrait

J’ai les yeux hagards d’avoir trop regardé les soleils tristes des déserts Et j’ai roulé dans une détresse de chardons Le port, je le refuse Si j’ai mené les barques noires sous la lune, c’était par pur délire de naufrage Rien n’a sombré, que moi-même, et ce centre brûlant du vide, sphère de vent, géologie morbide J’ai les stigmates de l’absence, je me cherche dans les varechs, dans les cactus, les ammonites et le gypse Quel geste me rendra le jeu de vivre parmi les coquelicots fragiles Et les rires ?   .     ... [Lire la suite]
dimanche 10 septembre 2017

NATHALIE RIERA...Extraits

Je suis l’amour dans la poussière des routes, mon espritn’a que lavandes et embruns pour sentiers.Je suis l’amour comme vous. Vous savez, lorsque l’onse choisit  pour se dire ce que nous n’avons encore dità personne.Vous savez que je suis l’amour comme vous, alors pourquoi le fer et le fiel ... Nous sommes l’amour inhérent.Je me rafraîchis aux ombres claires, à l’eau du cœur,à la fraîcheur de l’alliance.Avec toi, rive. D’où l’on peut encore s’inventer l’amourdu prochain, le jaune du citron, le hâle des seinset des reins,... [Lire la suite]
Posté par emmila à 15:24 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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