jeudi 28 mars 2013

MON CORPS ET MOI...Extrait

«N’est vraisemblablement juste ni définitif aucun amour, aucune haine. Mais l’estime où, bien malgré moi et en dépit d’une despotique éducation morale et religieuse, je suis forcé de tenir quiconque n’a pas eu peur et n’a point borné son élan, L’ELAN MORTEL, chaque jour m’amène à envier davantage ceux dont l’angoisse fut si forte qu’ils ne purent continuer d’accepter les divertissements épisodiques» .   RENE CREVEL   .      
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mercredi 27 mars 2013

CREPUSCULE D'AUTOMNE

Sa salopette bleue lui serre la ceinture, lui morcèle le corps en fesses et en seins, la mue en petit homme et lui donne les pleins pouvoirs d’une délicate architecture. Parmi la brise va la chevelure obscure, tout entière elle est fruit, tout entière venin ; de ses cuisses ramant – de genre mal certain –, elle invente une éphémère pisciculture. Amazone à la salopette bleutée, l’art la fige dans ce parallèle rituel, mouvant sillage à l’abri des migrations ; vieux poète, vois-la te jeter ses regards de ses yeux piquetant... [Lire la suite]
mercredi 27 mars 2013

L'ETE SUR LES TERRASSES

Parler depuis la mort, sans porte-voix suppose un entraînement de tous les instants inauguré dès le premier regard. C’est de sa propre destruction que l’être s’édifie tenu en respect par les appariteurs musclés de la durée et la férocité pompeuse des mythes. La vie est salissante en dépit des enzymes gloutons qui seuls connaissent la vérité sur Dieu : hypothèse d’insecte projetant sur une feuille de menthe assoiffée sa souffrance à facettes. Quant à l’humanité, espèce sonnante et trébuchante... [Lire la suite]
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mardi 26 mars 2013

POUR UNE HEURE INCERTAINE

« Le silence étouffe tes mots. Quelle langue habites tu ? Ta voix creusée dans le lourd manteau de ['oubli, ta voix revendique migre soudain, s'arrête aux frontières d'un jour moribond. Et s'animent les mots qui dormaient dans la nuit profonde du passé. Mais où es-tu ? Qu'écrira-t-elle malgré toi cette main qui t’échappe sur le revers trouble du jour ? Ta vie bat dans le mot. Mais d'où vient-il ce mot, fragile appel surgi dans la complicité du soir ? Va savoir, va savoir. »   .   CLAUDE CAILLEAU   .   ... [Lire la suite]
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mardi 26 mars 2013

DEUX MILLE ET DES POUSSIERES

je raye un millénaire sur le calendrier. - Comment trouvez-vous cette vie? - Palpitante! - Et ce siècle? - Passable. L'éternité ne fait pas son âge, ce matin Et moi, poète confidentiel d'une langue partout étrangère, Je vous dis que les rues regorgent d'êtres qui n'ont jamais vécu Et prennent néanmoins la mort en marche ainsi qu'un autobus Pour des odyssées sans issue vers d'abstraites Sibéries ou de scabreuses Babylones. Ceux qui n'existèrent qu'à reculons, nourris d'absence et d'avenir posthume Savent combien il est dangereux de... [Lire la suite]
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mardi 26 mars 2013

UNE VOIX SANS PERSONNE ...Extrait

Le rôle du poète n’est-il pas de donner la vie à ce qui se tait dans l’homme et dans les choses, puis de se perdre au cœur de la Parole ? Cette parole qu’un peuple d’ombres se transmet d’une rive à l’autre du temps, il semble qu’une seule voix sans fin la porte et la profère. Elle seule, dépositaire d’un monde de secrets, tire de notre absence une longue mémoire, dessine dans l’espace la figure de l’Homme et prête à nos hasards la forme d’un destin… Mais peut-être, au-delà d’elle-même, si nous prêtons l’oreille avec plus de... [Lire la suite]
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mardi 26 mars 2013

GUILLEVIC

Que viens-tu faire, poèmeDans le royaume? Je viens pour approfondir Le silence, Pour t’emmener au plus pur de lui, Là où il te fait vivre L’espérance que le monde A de son avenir, là Où il trouve Ce que tu attends de lui et de toi : La fusion.   .   EUGENE GUILLEVIC   .          
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lundi 25 mars 2013

WILLIAM BUTLER YEATS

"Tournant, tournant dans la gyre toujours plus large Le faucon ne peut plus entendre le fauconnier. Tout se disloque. Le centre ne peut tenir. L'anarchie se déchaîne sur le monde Comme une mer noircie de sang partout On noie les saints élans de l'innocence. Les meilleurs ne croient plus à rien, les pires Se gonflent de l'ardeur des passions mauvaises."   .   WILLIAM BUTLER YEATS   .   Oeuvre David Ho      
dimanche 24 mars 2013

JE CONNAIS DES ÎLES LOINTAINES

 Pour Josiane en pensant à son papa     A quoi penses-tu ? disait-il,- Je pense au golfe de Marseille, -Une angoisse qui se réveille,Un morceau de cœur plein d’exilBascule dans un trou de larmes.Les panneaux se sont refermés.- Si tu veux, je t’écouterai,La tristesse n’est pas sans charmes.Je n’ose pas me rappeler.Pourquoi ce couchant sans histoireS’arrête-t-il dans ma mémoireComme une tartane échouée ?Le soir du jour où les CaraquesFont leur fête au bord de la mer,Le train bondé de rires clairsTourna un peu avant... [Lire la suite]
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dimanche 24 mars 2013

CASTILLA AUREA

il jeta de l'eau sur les couleurs naquit la mer les vents d'ailleurs le bois mouillé des caravelles d'un trait il arrondissait les voiles attachait les distances aux ports l'envol d'une sternel'enceinte d'un continent il versa un peu de sel sur la frange des vagueset les vagues se mirent en mouvementsoyeuses comme un chant Matiniño, Granadillos, Dominica, Marigalante... bracelets d'îles, femmes aux couleurs aromatiques Paraquaria, Arauaca, Orenoque… le destin des fleuves au bout de la plume Pernambuco, Ianeiro, Lagoa Doce... la... [Lire la suite]
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