vendredi 18 août 2017

CINQUIEME MEDITATION...Extrait

Les arbres de l'infinie douleur,Les nuages de l'infinie joie,Se donnent parfois signe de vie,À la lisière du vaste été.Les alouettes passent à traversSans rien saisir de leurs paroles,Une source les retiendra seulePour donner à boire aux morts.   .     FRANCOIS CHENG   .   Photographie Thami Benkirane  
Posté par emmila à 18:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

vendredi 18 août 2017

LE SIECLE DE LA PEUR

"Quelque chose en nous a été détruit par le spectacle des années que nous venons de passer. Et ce quelque chose est cette éternelle confiance de l'homme, qui lui a toujours fait croire qu'on pouvait tirer d'un autre homme des réactions humaines en lui parlant le langage de l'humanité. Nous avons vu mentir, avilir, tuer, déporter, torturer, et à chaque fois il n'était pas possible de persuader ceux qui le faisaient de ne pas le faire, parce qu'ils étaient sûrs d'eux et parce qu'on ne persuade pas une abstraction, c'est-à-dire le... [Lire la suite]
Posté par emmila à 17:52 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
vendredi 18 août 2017

CASIDA DE LA MUJER TENDIDA

Verte desnuda es recordar la Tierra. La Tierra lisa, limpia de caballos. La Tierra sin un junco, forma pura cerrada al porvenir: confín de plata. Verte desnuda es comprender el ansia de la lluvia que busca débil talle o la fiebre del mar de inmenso rostro sin encontrar la luz de su mejilla. La sangre sonará por las alcobas y vendrá con espada fulgurante, pero tú no sabrás dónde se ocultan el corazón de sapo o la violeta. Tu vientre es una lucha de raíces, tus labios son un alba sin contorno, bajo las rosas tibias de la cama los... [Lire la suite]
vendredi 18 août 2017

CASIDA DE LA FEMME ETENDUE

Te voir nue c'est se rappeler la terre. La terre lisse, dégagée de chevaux, la terre sans roseaux, forme pure fermée à l'avenir : confins d'argent. Te voir nue c'est comprendre l'envie de la pluie à la recherche d'une taille fragile, ou de la fièvre de la mer à l'immense visage sans trouver la lumière de sa joue. Le sang sonnera dans les alcôves, et viendra avec l'épée flamboyante, mais tu ne sauras où se cache le cœur du crapaud ou la violette. Ton ventre est une bataille de racines, tes lèvres sont une aube sans contour, sous... [Lire la suite]
vendredi 18 août 2017

SANCTUAIRE ...Extrait

Tu sors, un matin Tu sors, un matin du vieil août, Dans la brume, fraîcheur d'automne : Un soleil jaune sourd rayonne, enseveli, D'un amas de nuées : troupeaux, troupeaux d'orages Qu’un grand souffle harcèle ! Passant d'un horizon Où fument des nuages Au pis marbré d'éclairs, Tout hérissé d’une pensée impatiente, Je descends vers une saison De mélancolie dont s’éloignent Les oiseaux anxieux, Où reviennent déjà les pluies du bout du monde ... L'été majeur emporte au loin ses ailes pourpres ! Et meurent les midis vertigineux d'or... [Lire la suite]
mercredi 16 août 2017

LES AUBES SONT CERTAINES

Marche allègre et vive sur les passerelles de l’aube Le sang dormant s’ébroue L’écriture coule drue Verticale La pluie a ravivé les feuilles J’ai troqué mon pays contre le rire immense De chutes de cascades de torrents vers la mer J’ai traversé des fleuves qui n’avaient pas de nom J’ai reconnu le ciel au tremblement des feuilles Troqué des cimetières contre des chemins d’or J’ai tenu tête à l’âme elle s’en est souvenue J’ai marché sans compter sans mesurer mes pas J’ai senti le pollen de mes aurores vives J’ai bougé des écluses dans... [Lire la suite]

mercredi 16 août 2017

TEMPS A AUTRE...Extrait

Il y a ce train têtu qui avance à travers les paysages, à travers la foule. Quelques arrêts pour laisser  monter un fol pour ajouter un tiroir, une lettre, une musique. Il y a les autres qu’on laisse au bord de la voie ceux qui nous disent on vous rattrapera et ceux qui n’en peuvent plus, qui se couchent sur le talus, font un signe avec la main   résignés. Il y a ces souvenirs qui disparaissent, déposés sur le quai, estampillés révolus. Alléger poursuivre aller de l’avant vers un horizon qu’on ignore pas toujours plus... [Lire la suite]
Posté par emmila à 11:54 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
mercredi 16 août 2017

REGARDS DE FEUILLAGES

Regard des peuples dont la guerre se souvient Regard des histoires mortes sous l’écorce des défaites Qu’un pont de mémoire rassemble leurs vignes Et leurs vagues aux crêtes du sang humain Regard de vive vallée où la rivière déplie son rêve Regard fertile des peuples du désert Quand le vent lève l’ondulation des femmes Regard d’un outre-monde à la croisée des couleurs Délivre-nous des murailles et des digues Contre les racines de l’arc-en-ciel Regard des antilopes et des gazelles Où l’amour prend sa source et sa gorgée de bleu Où le... [Lire la suite]
mercredi 16 août 2017

LE COEUR RIANT

Ta vie c’est ta vie ne la laisse pas prendre des coups dans une moite soumission. guette. il y a des issues. il y a une lumière quelque part. ce n’est peut-être pas beaucoup de lumière mais elle brise les ténèbres. guette. les dieux t’offriront des chances. connais-les. prends-les. tu ne peux pas battre la mort mais tu peux battre la mort en vie, parfois. et plus tu apprendras à le faire, plus il y aura de lumière. ta vie c’est ta vie. sache-le pendant qu’elle t’appartient. tu es merveilleux les dieux attendent de se réjouir en toi. ... [Lire la suite]
mardi 15 août 2017

LES PLANCHES COURBES...Extrait

Passant, ce sont des mots. Mais plutôt que lire Je veux que tu écoutes : cette frêle Voix comme en ont les lettres que l'herbe mange. Prête l'oreille, entends d'abord l'heureuse abeille Butiner dans nos noms presque effacés. Elle erre de l'un à l'autre des deux feuillages, Portant le bruit des rayures réelles À celles qui ajourent l'or invisible. Puis sache un bruit plus faible encore, et que ce soit Le murmure sans fin de toutes nos ombres. Il monte, celui-ci, de sous les pierres Pour ne faire qu'une chaleur avec... [Lire la suite]