lundi 7 mars 2011

NOCTURNE

 Notre Père qui es aux cieux,pourquoi m’as-tu donc oubliée ?Tu t’es souvenu du fruit de l’étéquand tu as blessé sa chair de rubis.Moi je porte aussi blessure à mon flanc,mais tu ne veux pas regarder vers moi ! Tu t’es souvenu de la grappe noireet tu l’as donnée au pressoir carmin ;du peuplier as dispersé les feuillesavec ton haleine, dans l’air subtil.Mais dans le vaste pressoir de la morttu ne veux encore fouler ma poitrine ! En marchant, j’ai vu s’ouvrir les violettesmes lèvres ont bu du vent le falerneet j’ai abaissé,... [Lire la suite]

dimanche 6 mars 2011

LE VOYAGE D'AUTOMNE...Extrait

  Absent la nuit quand je marche à l’envers de l’autre côté du temps de ma vie quand je m’égare et je dévie quand je me perds et ne sais plus qui j’ai suivi   quand je me crois à Pékin ou à Rome mais suis sur King’s Road à Chelsea fatigué partout d’être le même homme usé de peut-être et perclus de si   Je rêve d’un songe fait de vrais mensonges où cesser enfin d’être Claude Roy Devenir souris alouette ou éponge le grand repos d’un autre moi   Malgré nous le rêve a bonne mémoire On cherche à se fuir... [Lire la suite]
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samedi 5 mars 2011

LA FERME AFRICAINE ...Extrait

"Quand le souffle passait en sifflant au-dessus de ma tête, c'était le vent dans les grands arbres de la forêt, et non la pluie. Quand il rasait le sol, c'était le vent dans les buissons et les hautes herbes, mais ce n'était pas la pluie. Quand il bruissait et chuintait à hauteur d'homme, c'était le vent dans les champs de maïs. Il possédait si bien les sonorités de la pluie que l'on se faisait abuser sans cesse, cependant, on l'écoutait avec un plaisir certain, comme si un spectacle tant attendu apparaissait enfin sur la scène. Et ce... [Lire la suite]
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samedi 5 mars 2011

L'EVANGILE DU GITAN...Extrait

Le gitan solitaire écrit les dernières pages de son évangile nomade. Il achève la dictée murmurée par le vent, le vent qui s'est assis dans le roulotte de son âme. La lune vient s'asseoir près de lui sur une petite chaise de paille. L'aube et la nuit sont comme deux soeurs enlacées, mais les dormeurs sont encore dans la frayeur des cauchemars. Le gitan au coeur usé et aux mains sales d'avoir trop changé les roues de l'âme de sa verdine écrit un rêve réel: que de boue et de pluie glacée, que de chants chantés par les tempêtes et son... [Lire la suite]
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samedi 5 mars 2011

CANTA A I SARRI...Extrait

(...) Hè mortu È a petra ùn sarà più listessa Hè mortu È l’acqua ùn hè più vagabonda Hè mortu È u rimisciu s’hè stallatu in ciarbeddu Hè mortu È u ventu s’hè pisatu Più forti chè sempri Pugnendu di dì à l’arba calcosa Ch’ùn pudemu senta Mittimu fora sti parolli di poca feda Cacciemuli di paesi Sò gattiva roba Ùn valini tanti cosi È chì ni sapeti vo Vo chì piddeti tuttu par straccii In i vo mani di ruspulaghji Vo chì piatteti i vosci denti Da daretu faccia mustavata Iè vo chì ni sapeti Pudeti dì o lu tintu Pudeti andà à... [Lire la suite]
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vendredi 4 mars 2011

LE MAL DES FANTÔMES...Extrait

Croyez-vous qu'il suffise de naître pour chanter,                       et de mourir pour vivre ? Je suis né de la chair comme le vin du diable avait jailli des trous forés dans une table -                       je suis né de rien, et cependant,plus tard dans la chair de la femme j'ai cherché cette chose amère... [Lire la suite]
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jeudi 3 mars 2011

OLYMPIA ALBERTI

Merci Olympia.... .   Du bout des doigts, le tracé de sa bouche. Ce comble de l’âme qui affleurait mes propres lèvres me débordait – insoumise révolte d’étoiles, qu’on ne muselle pas, chant, qu’on n’ensevelit pas longtemps. On peut tout me refuser, mais l’amour, on ne me le prendra jamais. Il est si vrai que ce qu’on nous prend, nous prouvons par la perte (serait-elle infime seconde d’absence) que nous ne l’avons jamais fait nôtre… En ce sens – déployé, enivrant, bouleversant comme une senteur, nous ne perdons jamais la vie.... [Lire la suite]
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jeudi 3 mars 2011

LOINTAIN SOUFFERT

  (...) La souffrancene sait penserqu’en angles morts glisserjusqu’à l’extrême étoilepour perdre tous les angles éprouver d’un coupla mesure de son gouffre penser à la vitesse du videce qui jamais ne fut plus hautoù nul ne se connaîtoù tremble l’inattendu . . . ZENO BIANU . . .    
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jeudi 3 mars 2011

AMORISCO...Extrait

Dans l’arbre j’entends un oiseau. L’éther est désir quand chantent les oiseaux et moi, debout sur ma terrasse, j’offre mes jours aux tornades du hasard. Debout sur ma terrasse je suis gavé de cette faim qui part dans le chant de l’oiseau. Et j’ai peur que mon cri ne me brise, Que le cri que retient ma langue aille décréter ma folie. Ô oiseau affamé de désir, Ô trapèze volant, corde raide, et singe qui grogne sur un toit. Oiseau, tu as de la chance. Debout sur ma terrasse mes ailes sont siècles de désir. Je suis le Bédouin sur les... [Lire la suite]
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jeudi 3 mars 2011

L'OUTRE-VIE

L’outre-vie c’est quand on n’est pas encore dans la vie, qu’on la regarde, que l’on cherche à y entrer. On n’est pas morte encore mais déjà presque vivante, presque née, en train de naître peut-être, dans ce passage hors frontière et hors temps qui caractérise le désir. Désir de l’autre, désir du monde. Que la vie jaillisse comme dans une outre gonflée. Et l’on est encore loin. L’outre-vie comme l’outre-mer ou l’outre-tombe. Il faut traverser la rigidité des évidences, des préjugés, des peurs, des habitudes, traverser le réel obtus... [Lire la suite]
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