mardi 11 mars 2008

DES HOMMES ET DES PAYSAGES

Le Liban est un paysage, un déploiement de paysages dans le labyrinthe de montagnes traversées d'est en ouest de vallées souvent étroites et profondes et s'ouvrant, au fur et à mesure qu'elles s'en approchent, tirées par leurs cours d'eau, sur l'espace et l'éclat de la mer. Et quelle mer! la Méditerranée, "agitée perpétuellement par la naissance éternelle de Vénus". Car le Liban, avec son puissant massif du Sannine, est le pays mythique d'Adonis, le dieu mort et ressuscité, ressuscité par l'amour d'Astarté dont les... [Lire la suite]
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mardi 11 mars 2008

L'AUTRE SEL

Quand le navire s'engloutit, sa voilure se sauve à l'intérieur de nous. Elle mate sur notre sang. Sa neuve impatience se concentre par d'autres obstinés voyages. N'est-ce pas vous qui êtes aveugle sur la mer ? Vous qui vacillez dans tout ce bleu, ô tristement dressée aux vagues les plus loin ?René Char (Les Matinaux)Contrairement à ce que plusieurs en dirent, la Méditerranée n'est pas une mer heureuse. Elle est bleue, et c'est là, selon ses médecins, symptôme avant-coureur de sa mort. Les jeunes mers sont vertes. Elle n'est plus... [Lire la suite]
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mardi 11 mars 2008

DANS LA NUIT ET DANS L'ESPERANCE

DANS LA NUIT ET DANS L'ESPERANCE " Aujourd'hui, dans la nuit du monde et dans l'espérance de la Bonne Nouvelle, j'affirme avec audace ma foi dans l'avenir de l'humanité. Je refuse de croire que les circonstances actuelles rendent les hommes incapables de faire une terre meilleure. Je refuse de croire que l'être humain ne soit qu'un fétu de paille ballotté par le courant de la vie, sans avoir la possibilité d'influencer en quoi que ce soit le cour des évènements. Je refuse de partager l'avis de ceux qui prétendent que l'homme... [Lire la suite]
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mardi 11 mars 2008

ARBRES

  Il arrive quelquefois, au promeneur fatigué, de s'appuyer sur un arbre : il pose la main sur son tronc et, reprenant son haleine, il paraît se gorger de cette calme puissance qui le soutient pour l'instant. Ce n'est qu'un préambule, il faut aller plus loin.En fait, celui qui ne s'est jamais adossé contre un arbre, sa colonne vertébrale communiant du pilier, comme si le fût de ce hêtre, de ce chêne, de ce pin devenait sa colonne et transformait sa halte en un moment de rêve, d'intense méditation, d'abandon à la force qui se... [Lire la suite]
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mardi 11 mars 2008

REGARDER N'EST PAS VOIR..

            Encore une fois, ça ne sert à rien. Ça ne sert à rien de chanter (et personne au fond n'a envie de chanter). Ça ne sert à rien de gémir. Ça ne sert même à rien de regarder ; il faut voir. Ça ne sert absolument à rien de répéter que tout se répète toujours. Ce n'est pas vrai. Dans la vie de tout homme il arrive un jour où tout ce qui s'est toujours répété jusqu'alors ne se répète plus. Ne va plus se répéter. Et tout ce qui était vrai jusqu'alors ne l'est plus. Il y faut autre... [Lire la suite]
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mardi 11 mars 2008

ARMEL GUERNE...Extrait

« La vérité que j'expérimente péniblement, parfois, c'est qu'un poème ne commence en réalité qu'avec le lecteur, pas du tout avec le poète qui n'est là que pour transmettre. Un poème écrit, fût-il le plus beau du monde, n'est rien de rien tant qu'il n'est pas aimé par d'autres; il ne commence à exister qu'à partir du moment où il entre dans la chaleur d'un coeur et sourdement habite son silence. Tout son mystère est là. Je le sais. » . "Depuis le petit cœur impatient de mon enfance jusqu'à ce vieux cœur meurtri,... [Lire la suite]
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mardi 11 mars 2008

LE POIDS VIVANT DE LA PAROLE...Extrait

Tout ce qui donne au lieu de prendre pour tenir,Ce qui appelle au lieu de dire et de savoir,Ce qui se vide au lieu de se remplir de tout,Ce qui se perd au lieu de se chercher toujours,Se retrouve soudain riche comme une sourceEmerveillée et cependant inépuisable. . ARMEL  GUERNE .
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samedi 8 mars 2008

ETEINDRE LA LUMIERE , CHAQUE NUIT...

Éteindre la lumière, chaque nuit,est comme un rite d'initiation:s'ouvrir au corps de l'ombre,revenir au cycle d'un apprentissage toujours remis:se rappeler que toute lumièreest une enclave transitoire.Dans l'ombre, par exemple,les noms qui nous servent dans la lumière n'ont plus cours.Il faut les remplacer un à un.Et plus tard effacer tous les noms.Et même finir par changer tout le langageet articuler le langage de l'ombre. Éteindre la lumière, chaque nuit,rend notre identité honteuse,broie son grain de moutardedans... [Lire la suite]
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samedi 8 mars 2008

CHANT POUR LES MERES DES MILICIENS MORTS...Extrait

Non ! Ils ne sont pas morts ! Ils sont au milieu de la poudreDebout comme des mèches ardentes. Leurs ombres pures se sont mêléesDans la prairie couleur de cuivreComme un rideau de vent blindéComme une barrière de couleur furieuseComme la poitrine même, comme la poitrine invisible du ciel. Mères ! Ils sont debout dans le bléHaut comme le midi profondDominant les grandes étendues !Comme les battements d’une cloche, comme la voix noireQui, au travers des corps assassinés,Martèle la victoire. Soeurs abattues comme la poudre,Coeurs... [Lire la suite]
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samedi 8 mars 2008

ODE PORTANT NOSTALGIE DU CHILI

En terres argentines je vis et je meurs en peine de ma patrie, choisissant le jour ce qui m’évoque le Chili, et la nuit les étoiles qui flambent de l’autre côté de la neige. Quand je parcours les plaies, égaré sur la paume de l’espace, déchiffrant les herbes de la pampa, verveines, broussailles et épines, il me semble que le ciel les écrase, le ciel, fleur unique de la prairie. Grand est l’air vif, l’intempérie totale et nous semblons nus, seuls dans l’infini et odorant silence. Plane est la terre comme une peau tendue... [Lire la suite]
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