samedi 7 octobre 2017

LES ENFANTS QUI S'AIMENT

Les enfants qui s'aiment s'embrassent debout Contre les portes de la nuit Et les passants qui passent les désignent du doigt Mais les enfants qui s'aiment Ne sont là pour personne Et c'est seulement leur ombre Qui tremble dans la nuit Excitant la rage des passants Leur rage, leur mépris, leurs rires et leur envie Les enfants qui s'aiment ne sont là pour personne Ils sont ailleurs bien plus loin que la nuit Bien plus haut que le jour Dans l'éblouissante clarté de leur premier amour     .   JACQUES PREVERT   .... [Lire la suite]
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samedi 7 octobre 2017

ANTHOLOGIE 3 ( 1977-2017 )

Pour mon amie Evy Aegerter (1959-2005)   . Tu n’as plus à plonger dans le puits Tu es le puits Tu n’as plus à te défier De la pluie Tu es devenue la pluie Ton corps fracassé peut se passer De souffrir Tu peux marcher sur le versant De la montagne Tu peux marcher Je ne sais qui pourra nous dire Pourquoi Je ne sais pas qui pourra nous prévenir Et si nous pourrons refaire le chemin Différemment La page se referme sur tes années d’enfance Les hommes de ta vie s’éloignent Le silence La difficulté d’aimer Tu pousses la porte... [Lire la suite]
jeudi 5 octobre 2017

L' ALCHIMISTE DE L'ATTENTE

J'ai toujours rêvé d'une seule chose, avoir un oiseau sur mon épaule, je l'attends toujours, et toujours il n'est pas là, je ne désespère pas parce que je sais que mon rôle dans la vie est de l'attendre, je sais que mon bonheur est de l'attendre, je sais que l'attente est une joie, je sais que l'attente est une possession, l'oiseau que j'attends n'est toujours pas là, mais il me donne envie de vivre ; pour mon attente, je regarde le ciel, pour mon attente, j'observe le mouvement des branches, pour mon attente, je consulte l'horizon,... [Lire la suite]
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jeudi 5 octobre 2017

HÔTEL DU GRAND RETOUR

... Tu vas revenir par les menthes Par les luzernes les étés Dans l'esprit les fusées errantes Les cheveux d'astres les épées Tu vas revenir par les ambres Les bleus les saumons les chamois Les chevreuils les dessins des chambres Et les yeux de l'homme aux abois Les trains fantômes de décembre Dans les vallées du souvenir Les rires d'eau des chutes tendres Qui dévalent de l'avenir Tu vas revenir redescendre Par les berges du verbe aimer Par le delta des regards tendres Le grand escalier des années ...   .    ... [Lire la suite]
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mercredi 4 octobre 2017

ET TOUT DISPARAÎTRA

Et tout disparaîtra Dans un vent de merise   L’étang aux farfadets La palombière grise Le grand ciel héliotrope Revenu d’Erythrée L’arabesque des voix Carrossant la vallée Le casaquin de soie Glissant sur la glycine   Et tout disparaîtra Dans un vent de merise   Les fièvres alumines La mâture du soir La capitainerie Le col du Saint-Gothard Et l’encens des collines   Et tout disparaîtra Dans un vent de merise   Les caravelles d’or Les secrets de Solyme L’essence purpurine Des... [Lire la suite]
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mercredi 4 octobre 2017

EDMOND JABES

" Je crois à la mission de l’écrivain. Il la reçoit du verbe qui porte en lui sa souffrance et son espoir. Il interroge les mots qui l’interrogent, et accompagne les mots qui l’accompagnent. Le chemin qui reste est donc celui des mots, le sable de tous les livres. Le livre n’est pas. La lecture le crée, à travers des mots créés, comme le monde est lecture recommencée du monde par l’homme."   .   EDMOND JABES   . Oeuvre François Knopf
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mardi 3 octobre 2017

UNE AUTRE NAISSANCE

Toute mon existence est un verset obscur Qui se répète et te ramène À l'aube des éclosions et des croissances perpétuelles. Dans ce verset Je t'ai soupiré, j'ai soupiré Dans ce verset Je t'ai greffé à l'arbre, à l'eau, au feu. La vie, c'est peut-être, Une longue rue où une femme passe chaque jour avec un panier La vie, c'est peut-être, Une corde avec laquelle un homme se pend à une branche La vie, c'est peut-être, un enfant qui revient de l'école La vie, c'est peut-être, allumer une cigarette Dans la langueur qui s'étire entre deux... [Lire la suite]
mardi 3 octobre 2017

DANS LE JARDIN

J'enfouis mes mains dans le jardin pour y grandir...   Je suis sûre, sûre que je grandirai et qu'entre mes doigts tachés d'encre les hirondelles feront leur nid...   Je prends comme boucles d'oreilles des cerises rouges assorties.   Je colle aux ongles de mes doigts des pétales de dahlias ... Ces jours-là s’en sont allés Ces beaux jours Les jours purs et majestueux Les cieux pleins de paillettes Les branches chargées de cerises Les maisons appuyées les unes contre les autres A l’abri vert... [Lire la suite]
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lundi 2 octobre 2017

STÈLE D’UN MARCHEUR INCONNU

Pensif, sans rien révéler de ses origines, de quel lieu ses parents, de quelle province son autel, malade et pareil à un dieu dans l’incertain, dans l’achèvement muet, cet homme est parvenu ici et ici il se repose, en un point ignoré situé entre l’adieu aux siens et la nuit. Ici il se couche, silencieux et ultime, dans le temps épuisé de son voyage.     .     ESPERANZA LÓPEZ PARADA traduit de l’espagnol par Claude de Frayssinet Extrait de Los tres dias in Poésie espagnole -1945-1990, ... [Lire la suite]
dimanche 1 octobre 2017

LOU ANDREAS-SALOME, LETTRE OUVERTE A FREUD...Extrait

…   Nous sommes lancés, inéluctablement, dans le tourbillon de toute réalité, avec pour seul choix d’y consentir. Si sans aucun doute, cela veut dire : traverser un océan sur un frêle esquif, telle est bien notre condition humaine – et il ne serait d’aucun secours de s’imaginer qu’on navigue à la remorque du plus puissant des bateaux à vapeur, vers des destinations inexistantes : notre attention au vent et au temps ne pourraient que s’en trouver diminuée. Plus nous nous plongeons, sans en rien retrancher, dans... [Lire la suite]
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