vendredi 24 mars 2017

COMPLAINTE AMOUREUSE

Oui dès l'instant que je vous vis Beauté féroce, vous me plûtes De l'amour qu'en vos yeux je pris Sur-le-champ vous vous aperçûtes Ah ! Fallait-il que je vous visse Fallait-il que vous me plussiez Qu'ingénument je vous le disse Qu'avec orgueil vous vous tussiez Fallait-il que je vous aimasse Que vous me désespérassiez Et qu'enfin je m'opiniâtrasse Et que je vous idolâtrasse Pour que vous m'assassinassiez   .   ALPHONSE ALLAIS   .     Oeuvre Vladislav Erko  
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jeudi 23 mars 2017

LEON PAUL FARGUE...Extrait

Souvenirs d’un passé qui dort dans une ombre si transparente... Des intimités insaisissables qu’on se croit bien seul à connaître et dont on voudrait enchanter les autres... Certains regards. La voix d’un être cher. La gaucherie d’une âme ardente.. Une inflexion familière très douce et bien humaine...Des yeux qu’on revoit parmi vingt ans de souvenirs, dans une rue grise, un jour de promenade. Du soleil sur un peu de paille, devant la porte d’un malade... Un regret sobre. Une parole d’un chagrin vague... Un nom touchant qu’on n’arrive... [Lire la suite]
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mercredi 22 mars 2017

MEDITATION, CHAQUE VOIX A DES MOTS,TOUT PARLE...Extrait

Descendre en soi- au plus profond de soilà où s'origine en secret la vie.Gagner la complicité du ruisseaule silence du lac et la promessedu noroît porteur de spores, élagueurde cimes, passeur de sables et d'or.Les livres sont refermés. A peineécrire nos versets sur l'oubli de l'ondeet la haute respiration du ciel.Les paroles sont tues qui taraudaientles lèvres et déchaînaient le tumultedes hémisphères. L'écoute nous suffitet tous les sens en plénitude convoqués:le toucher du regard, le goût du parfumen la symphonie d'espace et de... [Lire la suite]
mercredi 22 mars 2017

LES BEQUILLES

Pendant sept ans je n'ai pu faire un pas. Quand je suis allé chez un grand médecin, il m'a demandé : « Pourquoi portes-tu des béquilles ? » Et je lui ai dit : "Parce que je suis perclus." "Il n'est pas étrange", m’a-t-il dit Vas y ! Essaie de marcher. Ce sont ces vieilleries celles qui t'empêchent de marcher Marche, ose, rampe à quatre pattes! " En riant comme un monstre il m'a retiré mes belles béquilles, les a cassées dans mon dos et, sans cesser de rire, il les a lancées au feu. Maintenant je suis guéri. Je marche. Un éclat de... [Lire la suite]
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dimanche 19 mars 2017

BERNARD NEGRE...Extrait

Mon jardin est grand en long il va jusqu'au fond de l'enfance et rien ne peut l'arrêter pas même les Apaches embusqués derrière le sorbier En large il court libre avec la menthe et les orties Au fond de la prairie il y a le grand totem géant à la chevelure de mélèze cousu de terrifiantes cicatrices. Autour de lui, des lupins dansent une danse iroquoise Le fil télégraphique relie le ciel d'un voisin à l'autre Les écureuils passent et repassent rangent les nuages vérifient la position des nids apporte des lettres d'amour ... [Lire la suite]
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vendredi 17 mars 2017

PSAUMES DU BEL AMOUR...Extrait

Les noms s’effacent les dalles Disparaissent sous les lierres Près des falaises le sable Oublie les jours et les siècles Pourtant l’âme continue Entre le ciel et la terre A lier le feu et l’ombre A la présence invisible Donne-moi de mieux entendre Le murmure sous la neige La note émue du silence Où s’est abrité le cœur Accorde-moi de saisir L’instant où s’ouvre ta grâce Le galbe de ce fruit d’or Que ton ciel met à ma bouche   .   GERARD BOCHOLIER   .  Oeuvre Camille Claudel  
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mardi 14 mars 2017

GIGUE

La guerre, on la dansait dans la cour de l’écoleBardés de cheveux fous et de tabliers noirsOn sentait l’encre amère, un peu la confiture,Une mouche d’été dormait sur nos devoirs.L’institutrice était une jeune bergèreQui avait entendu la voix de Michelet.Ses yeux fleurs préféraient le rêve à la lectureSes seins n’avaient jamais bourgeonné dans des doigts.Parfois, les jeudis clairs, elle allait en voitureAcheter à la ville un coupon de satin.Son fiancé, était – disait-on – mort en guerreC’est un très grand malheur quand on n’en compte... [Lire la suite]
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mardi 14 mars 2017

LUC BERIMONT...Extrait

Mon amour, je t'associe à la senteur de l'herbe que l'on a coupée dans le pré je te marie au chant du rossignol, à la splendeur des boutons d'or et des genêts Mon amour, le corps universel que nous cherchons à travers nous deux, à tâtons est présenté dans l'ombre des ombrelles, dans le bleu têtu des chardons Mon amour, tenons bon la route, et la sente, et l'herbier des nuits Tout nous est donné, sans le doute qui ronge les cours et les dents Je parle d'astres, de survie. Par toi, je suis, de nouveau, né Entends la flamme de... [Lire la suite]
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mardi 14 mars 2017

BALLADE

Je retrouve toujours mêlés à la souffranceLe cri mal achevé de notre amour, le goûtDe tes baisers, et comme au ciel de la nuit d’août,La musique des mots s’évade et recommence.Le temps du désespoir n’a fait que rendre viveCette soif que j’avais de l’eau de ton regard,Car pour nous séparer, le sort venait trop tardSi même notre amour est amour fugitive.Le ciel peut refermer sur nous sa main de nues,L’océan nous lier avec ses goémons,Le pain avoir le goût mortel de la ciguëEt les oiseaux mourir dans les cours des prisons,Ton amour est... [Lire la suite]
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vendredi 10 mars 2017

RAG-TIME...Extrait

On ne refera plus les sapins aussi vertsma sœurNi les cieux aussi cieux, ni les aubes si frêlesni les goudrons fondants des routes de l'éténi les canons de bronze aux jambes des enfants sur la grand-place,à l'ombre insigne des vieux mortsd'autres guerresMa foion ne refera plus la gaieté d'autrefoisma sœurje n'y crois guèrePas plus qu'aux longs comas de nos douillets hiversmon cœurni aux calmes maisons avec leurs demoisellesroses pour vous servir une tasse de théles seins jeunes dessous des corsages bouffantsDe tout cela qui a étéma... [Lire la suite]
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