lundi 21 août 2017

DES HEURES FROIDES...Extrait

Pays bleu qu’on lisait à la chaleur du poêle À bûches cassées par les cantonniers. On savait lire en vrai. Le bleu N’avait pas un nuage. Si bleu si nôtre qu’on n’avait pas d’âge. Pas encore piétiné la sciure des doutes. Les années étaient nues Sans robe noire. Maintenant Où sont les mots inséparables Pays bleu ? Déjà perdus ?     .     MARCEL MIGOZZI     .   Oeuvre Raoul Dufy
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lundi 21 août 2017

LES INTUITIONS DE LA MAIN...Extrait

je dis ce que je voisla porteuse de peau au buisson des ardentsmême si dans le rosier le rouge-gorge est en haillons peindre n’a pas de limitescar le peintre a un prochainles formes sont encore nues dans les intuitions de la mainpour en surprendre les limites le corps sera le seul voyageon s’approche ainsi d’un jardin où la nuque se détache d’un oiseau par une pincée d’intuitionsans repères qu’une bouche attelée à une autre boucheet la langue pour faire un vœu. .     MARCEL MIGOZZI     . Oeuvre Fatat... [Lire la suite]
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lundi 21 août 2017

MARCEL MIGOZZI

Restons visibles sous les draps même peurEt même désir entre disparaître etVieillir où les mots se déforment si viteNous sommes si même désir attachésÀ la même chair où les mots même peurNous portent au dénuement à l’invisibleDans les blancs entre les mots restons visiblesEntre fête et blessure visibles fuiteEt perpétuité mais qui sait ce qu’un êtreDésire de l’autre quand t’aimer est plusIncompréhensible que je vais mourir   .   MARCEL MIGOZZI   .
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mardi 15 août 2017

RÊVES D'AILE

L'épervier, c'est le nom du filet que lance sur la vague – corps déjeté – le pêcheur de la côte. Un chalut de pauvre, une voile sans mât.   L'épervier, c'est un battement d'air, une envolée de mailles, des dentelles de sel que la lumière défroisse.   C'est le rêve d'aile qu'il déploie, l'épervier. Le geste répété, souvent plus grand que soi. . MICHEL BAGLIN « Les Chants du regard » éd. Privat .
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lundi 14 août 2017

MON PAYS QUE VOICI...Extrait

Sur mon visage j'ai dessiné les signes du Samba et je remonte lentement ô mon Pays le lit de ton Histoire parmi la pierre à feu et le silex taillé Et l'odeur acre de la poudre se mêle à la senteur douceâtre des abricots Tu ne connaissais point le sacrificateur au couteau d'obsidienne et qui ouvrait au valeureux guerrier le chemin du soleil Par la voix des Butios l'oracle des Zémès gouvernait le Pays des cent grottes et les Chémis maîtres des destinées humaines se partageaient l'espace veillant sur ton enfance ô mon Pays Mais un... [Lire la suite]
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samedi 12 août 2017

JEAN ROUSSELOT...Extrait

Nous mourrons sans avoir apprivoisé les choses Qui nous cernent en attendant De nous incorporer Elles n’ont pas même un regard Pour les moignons d’âme qui nous restent Et laissent pourrir à leurs pieds Nos humbles propositions de trêve. Celles qui nous doivent la vie Ne sont pas les moins odieuses On peut mourir de l’indifférence d’un arrosoir Aussi bien que du poids d’une avalanche.   .     JEAN ROUSSELOT     .     Oeuvre Omer Amblas
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samedi 12 août 2017

CARESSE

Mes chaudes mains, baigne-les Dans les tiennes.... Rien ne calme Comme d'amour ondulés Les passages d'une palme. Tout familiers qu'ils me sont, Tes anneaux à longues pierres Se fondent dans le frisson Qui fait clore les paupières Et le mal s'étale, tant, Comme une dalle est polie, Une caresse l'étend Jusqu'à la mélancolie.     .     PAUL VALERY     .
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jeudi 10 août 2017

AU FIL DE L'HEURE PÂLE

Un jour, au crépuscule, on passe, après la pluie, Le long des murs d’un parc où songent de beaux arbres... On les suit longtemps. L’heure passe Que les mains de la nuit faufilent aux vieux murs... Mais qu’est-ce qui vous trouble au fil de l’heure pâle Qui s’ourle aux mains noires des grilles ? Ce soir, le calme après la pluie a quelque chose Qui fait songer à de l’exil et à la nuit... On entend le bruit nombreux Des feuilles partout Comme un feu qui prend... Des branches clignent. Le silence Épie Et il passe des odeurs... [Lire la suite]
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mercredi 9 août 2017

LES BRUITS DE GUERRE

..Si les enfants votaient, ils empêcheraient la volonté de guerre au pouvoir. En donnant le droit de vote aux enfants, plutôt que d'en faire des soldats ou des victimes, nous entendrions une autre pensée à propos de ce monde. Les guerres tuent aussi les chiens, les dauphins, les orvets et les corneilles. Les enfants le savent, pas les adultes. . Les bruits de guerreEcrasent le cœurLes enfants aux yeux trop grandsNe bougent plusLeur maison n'est pas si solideLeurs parents non plusQu'avons nous fait ?Ils nous regardentSans... [Lire la suite]
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mercredi 9 août 2017

CATHERINE MONCE...Extrait

Sur le fil du temps sèchent des bouts de rêves oubliés ;des non-dits s’étirent, trop longtemps supendus,jamais repris ;des lambeaux de prières s’y accrochent parfois,portés par les vents.   . CATHERINE MONCE .   Photographie Bernard Liégeois      
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