jeudi 2 février 2017

LE SEUIL, LE SABLE...Extrait

Tu veilles dans tes yeuxaux bambous de ténèbresUne lampe pour les autresceux qui t’observentLe sang essuie les vitresde nos maisons en ruinesPetites ombres tu suis les mortsà la trace de nos pasFraîcheur des lignes des barbelésOn se fait signe avec les lames de la roseLes amants affrontent leur visageLeur voix peuple les ondes de ce pays au tienaux abîmes d’étoiles Place à l’eau qui dort dans l’eau au creux des mainsà l’air à ses chapeaux trop larges pour nos têtesau sable à l’herbe jeune sœur de nos orteils Place aux brebis du... [Lire la suite]
Posté par emmila à 21:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

samedi 12 novembre 2016

EDMOND JABES...Extrait

Je suis un silencieux. Je me demande, grâce au recul que je prends, maintenant, avec ma vie, si ce goût prononcé pour le silence n’a pas son origine dans la difficulté qui, de tout temps, fut la mienne, de me sentir d’un quelconque lieu. Avant de connaître le désert, je savais qu’il était mon univers. Seul le sable peut accompagner une parole muette jusqu’à l’horizon. Écrire sur le sable, à l’écoute d’une voix d’outre-temps, les limites abolies. Voix violente du vent ou, immobile, de l’air, cette voix vous tient tête. Ce qu’elle... [Lire la suite]
lundi 19 septembre 2016

LE LIVRE DES QUESTIONS...Extrait

Le passé a la voix de chaque empreinte, de chaque caresse ou blessure laissées par nous au sol et autour ou faites à un être. Une chambre est peuplée de bruits divers qu'ordonne le silence. Tu les écoutes à l'instant où, pareils à un vol de voluptueux phalènes, ils s'approchent de la lampe pour être brûlés. Ton corps, comme le mien, répond de mille marques invisibles dont nous sommes seuls à connaître et à taire l'histoire.   .   EDMOND JABES   .
Posté par emmila à 09:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
mercredi 17 août 2016

LE SEUIL, LE SABLE ...Extrait

La durée est-elle forgée par le souvenir ou par la mémoire ? Nous savons que c'est nous seuls qui fabriquons nos souvenirs; mais il y a une mémoire, plus ancienne que les souvenirs, et qui est liée au langage, à la musique, au son, au bruit, au silence: une mémoire qu'un geste, une parole, un cri, une douleur ou une joie, une image, un évènement peuvent réveiller. Mémoire de tous les temps qui sommeille en nous et qui est au cœur de la création.   ...   " Qu'importe que ce soit de droite à gauche ou de gauche à droite.... [Lire la suite]
Posté par emmila à 10:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
lundi 30 mai 2016

CHANSON POUR UNE AMOUREUSE SECRETE

II y avait dans les feuilles une femme qui riait si petite qu’on pouvait en faire une ardoise pour les toits. Une femme pour chaque rire si rose pour couvrir tous les toits. Je pouvais dans la douleur la clouer comme un ciel au sang, au vent ou à l’ombre de l’arbre ou encore à ses ailes. Mais l’amour me surprit dans ma haute nuit de haine avec un oiseau mort dans les bras. Jusqu’où chercherais-je à m’oublier ? Il y avait une femme au milieu de la terre, si rongée de mystère qu’on la prenait pour un fruit pourri. Et les hommes la... [Lire la suite]
lundi 30 mai 2016

EDMOND JABES...Extrait

J’ai quitté une terre qui n’était pas la mienne, pour une autre, qui non plus, ne l’est pas. Je me suis réfugié dans un vocable d’encre, ayant le livre pour espace, parole de nulle part, étant celle obscure du désert. Je ne me suis pas couvert la nuit. Je ne me suis point protégé du soleil. J’ai marché nu. D’où je venais n’avait plus de sens. Où j’allais n’inquiétait personne. Du vent, vous dis-je, du vent. Et un peu de sable dans le vent.   .   EDMOND JABES   .   Photographie Johne Dera    
Posté par emmila à 20:17 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

jeudi 25 février 2016

LE LIVRE DE L'ABSENT...Extrait

Je crois à la mission de l’écrivain. Il la reçoit du verbe qui porte en lui sa souffrance et son espoir. Il interroge les mots qui l’accompagnent. L’initiative est commune et comme spontanée. De les servir - de s’en servir -, il donne un sens profond à sa vie et à la leur dont elle est issue. Ce temps est loin, trop près. Moi, Serafi l’absent, je suis né pour écrire des livres. (Je suis absent puisque je suis le conteur. Seul le conte est réel.) J’ai fait le tour du monde de l’absence. _ J’ai parlé leur langue - qui est leur... [Lire la suite]
Posté par emmila à 14:52 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,
vendredi 22 janvier 2016

EDMOND JABES...Extrait

« L’impensé est quotidiennement dépassé ;ce qui renforce, s’il se peut, ma conviction qu’il n’y a pas de pause pour la pensée.« Pareil à la mort qui est avant et après la vie,l’impensé ne serait, ainsi, que la mesure invérifiable d’une penséeconstamment mise à l’épreuve par son insuccès, ... A qui prétendrait que l’on ne saurait dépasser l’impensable,précisément parce qu’il nous prive de toute pensée,je répondrais que, pour le penseur grisé de dépassement,l’impensé réside dans cette image effilochée du vide,révélée par le nœud... [Lire la suite]
Posté par emmila à 19:06 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
mardi 29 décembre 2015

UN ETRANGER, AVEC SOUS LE BRAS, UN LIVRE DE PETIT FORMAT...Extrait

Je suis un silencieux. Je me demande, grâce au recul que je prends, maintenant, avec ma vie, si ce goût prononcé pour le silence n’a pas son origine dans la difficulté qui, de tout temps, fut la mienne, de me sentir d’un quelconque lieu.Avant de connaître le désert, je savais qu’il était mon univers. Seul le sable peut accompagner une parole muette jusqu’à l’horizon.Écrire sur le sable, à l’écoute d’une voix d’outre-temps, les limites abolies. Voix violente du vent ou, immobile, de l’air, cette voix vous tient tête. Ce qu’elle annonce... [Lire la suite]
Posté par emmila à 19:19 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,
lundi 24 août 2015

JE BÂTIS MA DEMEURE...Extrait

J’ai quitté une terre qui n’était pas la mienne,pour une autre, qui non plus, ne l’est pas.Je me suis réfugié dans un vocable d’encre, ayant le livre pour espace,parole de nulle part, étant celle obscure du désert.Je ne me suis pas couvert la nuit.Je ne me suis point protégé du soleil.J’ai marché nu.D’où je venais n’avait plus de sens.Où j’allais n’inquiétait personne.Du vent, vous dis-je, du vent.Et un peu de sable dans le vent. .   EDMOND JABES   .   Oeuvre Cirillo Martinez Novillo
Posté par emmila à 21:39 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,