mardi 26 juin 2012

EDMOND JABES

- Un soir, tandis que d’un vieux tiroir il retirait, pour moi, des photographies de sa jeunesse, il me rapporta ce dialogue d’un enfant avec sa grand-mère; celle-ci en train de lui montrer le portrait d’une très jolie femme: ” – Grand-mère, qui est cette dame? ” – Mais c’est moi, mon chéri, quand j’étais jeune. ” – Et, maintenant, qui est-ce? - Et il me dit : “Voyez-vous, c’est dans ce: Maintenant, qui est-ce? que réside l’énigme d’une vie.” . EDMOND JABES .    

jeudi 14 juin 2012

LE FOND DE L'EAU...Extrait

(...)  Rien que le jour aux raies d'orageuses semailles Rien que l'attrait du jour sur une ombre ensevelie Rien que ton sourire serpent de paille que ton nom d'emprunt velours des cités Au murmure des lointaines cataractes A l'appel pressant des lys ensorcelés poissons des toisons glauques Rien que la source des meutes engendrées Rien que la chute du feu sur une graine de cristal La rose de fer frétille dans le délire consumé après nous après toi (...) Je parle pour les premières cerises hagardes pour les... [Lire la suite]
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jeudi 10 mai 2012

JE BÂTIS MA DEMEURE

Je suis à la recherched’un homme que je ne connais pas,qui jamais ne fut tant moi-mêmeque depuis que je le cherche.A-t-il mes yeux, mes mainset toutes ces pensées pareillesaux épaves de ce temps ?Saison des mille naufrages,la mer cesse d’être la merdevenue l’eau glacée des tombes.Mais, plus loin, qui sait plus loin ?Une fillette chante à reculonset règne la nuit sur les arbres,bergère au milieu des moutons.Arrachez la soif au grain de selqu’aucune boisson ne désaltère.Avec les pierres, un monde se ronged’être, comme moi, de... [Lire la suite]
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jeudi 15 mars 2012

TOUJOURS CETTE IMAGE...

Toujours cette image de la main et du front, de l'écrit rendu à la pensée   Tel l'oiseau dans le nid, ma tête est dans ma main. L'arbre resterait à célébrer, si le désert n'était partout.   Immortels pour la mort. Le sable est notre part insensée d'héritage. Puisse cette main où l'esprit s'est blotti, être pleine de semences. Demain est un autre terme.   Saviez-vous que nos ongles autrefois furent des larmes ? Nous grattons les murs avec nos pleurs durcis comme nos cœurs-enfants.   Il ne peut y... [Lire la suite]
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jeudi 15 mars 2012

EDMOND JABES

Tu parles toujours à partir d’un silence contre lequel tu te briseras. Il n’y aura jamais eu, derrière et devant nous, que le même silence. Le premier. . EDMOND JABES . Photographie Ollivier Cacaud
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mardi 1 novembre 2011

LES MOTS TRACENT...Extrait

  Autour d’un mot comme autour d’une lampe. Impuissant à s’en défaire, condamné, insecte, à se laisser brûler. Jamais pour une idée mais pour un mot. L’idée cloue le poème au sol, crucifie le poète par les ailes. Il s’agit, pour vivre, de trouver d’autres sens au mot, de lui en proposer mille, les plus étranges, les plus audacieux, afin qu’éblouis, ses feux cessent d’être mortels. Et ce sont d’incessants envols et de vertigineuses chutes jusqu’à l’épuisement.   Parler de soi, c’est toujours embarrasser la poésie.   ... [Lire la suite]
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mardi 16 août 2011

ANGOISSE D'UNE SEULE FIN...Extrait

Il s'aperçut, en vieillissant, qu'une question,pour lui, prenait, chaque jour, plus d'importance: comment ne pas vieillir?Mais il se trompait de question, celle qu'ilaurait dû se poser est la suivante : comment, de la sagesse, conserver toute la jeunesse? . EDMOND JABES . Tolstoï par Ilya Repine
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lundi 15 août 2011

L'INEFFABLE, L'INAPERCU

La blancheur – couleur d’absence de couleur – est tellement agressive que, pour être lus, les vocables l’attaquent de front, syllabe après syllabe, lettre après lettre ; jamais collectivement mais isolément.  « Stratégie de l’écriture » disait-il.     Violence de la page blanche, d’autant moins maîtrisable qu’elle est silencieuse.  La résistance du livre en est chaque fois ébranlée.     Toute naissance rompt un silence originel contre lequel elle luttera jusqu’à la mort.  L’éternité... [Lire la suite]
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samedi 18 juin 2011

JE BÂTIS MA DEMEURE, POEMES 1943 - 1957...Extrait

                                                                                      Je parle de toinon de ma lampe... [Lire la suite]
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lundi 9 mai 2011

LE LIVRE DES RESSEMBLANCES ...Extrait

Aucune clôture n'a de sens dans le désert, dans le vide aucune pensée, aucun livre qui est clôture de toute pensée. Parler du livre du désert est aussi ridicule que de parler du livre du rien. Et pourtant, c'est sur ce rien que j'ai édifié mes livres. Du sable, du sable, du sable à l'infini. S'il y a un livre de la mort, il ne peut s'agir que de la mort mise en mots - comme on met à sac, ô deux fois sacrifiée du livre. C'est à ces limites infixées de l'esprit, à cette frontière dévastée, mais infranchissable, que la ressemblance... [Lire la suite]
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