dimanche 4 novembre 2018

MAIS AVEC TANT D’OUBLI

  Mais avec tant d'oubli comment faire une rose, Avec tant de départs comment faire un retour? Mille oiseaux qui s'enfuient n'en font un qui se pose Et tant d'obscurité simule mal le jour.   Ecoutez, rapprochez-moi cette pauvre joue, Sans crainte libérez l'aile de votre coeur Et que dans l'ombre enfin notre mémoire joue, Nous redonnant le monde aux actives couleurs.   Le chêne redevient l'arbre et les ombres, plaine, Et voici donc ce lac sous nos yeux agrandis? Que jusqu'à l'horizon la terre se souvienne ... [Lire la suite]

samedi 6 octobre 2018

LE SURVIVANT...Extraits

Une table tout près, une lampe très loin Qui dans l’air irrité ne peuvent se rejoindre, Et jusqu’à l’horizon une plage déserte. Un homme à la mer lève un bras, crie: « Au secours! Et l’écho lui répond: « Qu’entendez-vous par là? » ... Lorsque le noyé se réveille au fond des mers et que son cœur  Se met à battre comme le feuillage du tremble Il voit approcher de lui un cavalier qui marche l'amble  Et qui respire à l'aise et lui fait signe de ne pas avoir peur.  Il lui frôle le visage d'une... [Lire la suite]
Posté par emmila à 19:37 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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jeudi 9 août 2018

LE CORPS

  Ici l'univers est à l'abri dans la profonde température de l'hommeEt les étoiles délicates avancent de leurs pas célestesDans l'obscurité qui fait loi dès que la peau est franchieIci tout s'accompagne des pas silencieux de notre sangEt de secrètes avalanches qui ne font aucun bruit dans nos parages,Ici le contenu est tellement plus grandQue le corps à l'étroit, le triste contenant …Mais cela n'empêche pas nos humbles mains de tous les joursDe toucher les différents points de notre corps qui loge les... [Lire la suite]
samedi 4 novembre 2017

MARSEILLE

En pensant à Agnès qui adorait ce poème, et pour ma Joss...   Marseille sortie de la mer, avec ses poissons de roche, ses coquillages et l'iode, Et ses mâts en pleine ville qui disputent les passants, Ses tramways avec leurs pattes de crustacés sont luisants d'eau marine, Le beau rendez-vous de vivants qui lèvent le bras comme pour se partager le ciel, Et les cafés enfantent sur le trottoir hommes et femmes de maintenant avec leurs yeux de phosphore, Leurs verres, leurs tasses, leurs seaux à glace et leurs alcools, Et cela fait... [Lire la suite]
Posté par emmila à 20:32 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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lundi 30 octobre 2017

EN SONGEANT A UN ART POÉTIQUE

    Merci à Marie-Paule et Raymond Farina . La poésie vient chez moi d’un rêve toujours latent. Ce rêve j’aime à le diriger, sauf les jours d’inspiration où j’ai l’impression qu’il se dirige tout seul. Je n’aime pas le rêve qui s’en va à la dérive (j’allais dire à la dérêve). Je cherche à en faire un rêve consistant, une sorte de figure de proue qui après avoir traversé les espaces et les temps intérieurs affronte les espaces et les temps du dehors – et pour lui le dehors, c’est la page blanche. Rêver, c’est... [Lire la suite]
jeudi 3 août 2017

LA MONTAGNE PREND LA PAROLE

Et voilà mon silence dur fonçant sur le moindre bruit qui ose. Je souffre de ne pouvoir donner le repos sur mes flancs difficiles Où je ne puis offrir qu'une hospitalité accrochée, Moi qui tends toujours vers la verticale Et ne me nourris que de la sécheresse de l'azur. Je vois les sapins qui s'efforcent, en pèlerinage immobile, vers l'aridité de ma cime. Plaines, vallons, herbages et vous forêts, ne m'en veuillez pas de mes arêtes hautaines ! J'ai la plus grande avidité de la mer, la grande allongée toujours mouvante que les... [Lire la suite]

lundi 20 mars 2017

JULES SUPERVIELLE...Extrait

Il vous naît un poisson qui se met à tourner Tout de suite au plus noir d'une lame profonde, Il vous naît une étoile au-dessus de la tête, Elle voudrait chanter mais ne peut faire mieux Que ses soeurs de la nuit les étoiles muettes.   Il vous naît un oiseau dans la force de l'âge, En plein vol, et cachant votre histoire en son coeur Puisqu'il n'y a que son cri d'oiseau pour la montrer. Il vole sur les bois, se choisit une branche Et s'y pose, on dirait qu'elle est comme les autres.   Où courent-ils ainsi ces... [Lire la suite]
jeudi 2 mars 2017

JULES SUPERVIELLE...Extrait

Tout ce qu'il y a de grand au monde est rythmé par le silence : la naissance de l'amour, la descente de la grâce, la montée de la sève, la lumière de l'aube filtrant par les volets clos dans la demeure des hommes. Et que dire d'une page de Lucrèce, de Dante ou de d'Aubigné, du mutisme bien ordonné de la mise en page et des caractères d'imprimerie. Tout cela ne fait pas plus de bruit que la gravitation des galaxies ni que le double mouvement de la Terre autour de son axe et autour du Soleil... Le silence, c'est l'accueil,... [Lire la suite]
lundi 27 février 2017

HOMMAGE A LA VIE

C’est beau d’avoir éluDomicile vivantEt de loger le tempsDans un coeur continu,Et d’avoir vu ses mainsSe poser sur le mondeComme sur une pommeDans un petit jardin,D’avoir aimé la terre,La lune et le soleil,Comme des familiersQui n’ont pas leurs pareils,Et d’avoir confiéLe monde à sa mémoireComme un clair cavalierA sa monture noire,D’avoir donné visageÀ ces mots : femme, enfants,Et servi de rivageÀ d’errants continents,Et d’avoir atteint l’âmeÀ petits coups de ramePour ne l’effaroucherD’une brusque approchée.C’est beau d’avoir... [Lire la suite]
jeudi 8 septembre 2016

LE PREMIER ARBRE

C'était lors de mon premier arbre,J'avais beau le sentir en moiIl me surprit par tant de branches,Il était arbre mille fois.Moi qui suis tout ce que je formeJe ne me savais pas feuillu,Voilà que je donnais de l'ombreEt j'avais des oiseaux dessus.Je cachais ma sève divineDans ce fût qui montant au cielMais j'étais pris par la racineComme à un piège naturel.C'était lors de mon premier arbre,L'homme s'assit sous le feuillageSi tendre d'être si nouveau.Etait-ce un chêne ou bien un ormeC'est loin et je ne sais pas tropMais je sais bien... [Lire la suite]