vendredi 23 mars 2012

DEBARCADERES...Extrait

(…) Nous sommes là tous deux comme devant la mer sous l’avance saline des souvenirs. De ton chapeau aérien à tes talons presque pointus tu es légère et parcouruecomme si les oiseaux striés par la lumière de ta patrie remontaient le courant de tes rêves.Tu voudrais jeter des ponts de soleil entre des pays que séparent des océans et des climats, et qui s’ignorent toujours.Les soirs de Montevideo ne seront pas couronnées de célestes roses pyrénéennes,Les monts de Janeiro toujours brûlants et jamais consumés ne pâliront point sous les... [Lire la suite]
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lundi 13 février 2012

ETAT DES LIEUX

Ô rides de l’aridité Visage cent fois dévasté Par des batailles clandestines Et le coup de dent des ruines.  L’aube fait son état des lieux, Nous sommes nus sous ses grands yeux Et voilà qu’elle nous assume Est-ce ainsi qu’on devient posthume ? Autrefois en nous attendant L’avenir était un géant. Quand il tournait vers nous sa face L’espace emplissait nos terrasses. Pressé de devenir passé, Moitié sombre moitié glacé, Plus maigre d’aurore en... [Lire la suite]
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samedi 10 septembre 2011

LA FABLE DU MONDE...Extrait

J'aurai rêvé ma vie à l'instar des rivièresVivant en même temps la source et l'océanSans pouvoir me fixer même un mince momentEntre le mont, la plaine et les plages dernières.Suis-je ici, suis-je là ? Mes rives coutumièresChangent de part et d'autre et me laissent errant.Suis-je l'eau qui s'en va, le nageur descendantPlein de trouble pour ce qu'il laissa derrière ?Ou serais-je plutôt sans même le savoirCelui qui dans la nuit n'a plus que la ressourceDe chercher l'océan du côté de la sourcePuisqu'est derrière lui le meilleur de... [Lire la suite]
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mardi 31 mai 2011

RIEN QU'UN CRI

Rien qu'un cri différé qui perce sous le coeur Et je réveille en moi des êtres endormis. Un à un, comme dans un dortoir sans limites, Tous, dans leurs sentiments d'âges antérieurs, Frêles, mais décidés à me prêter main forte Je vais, je viens, je les appelle et les exhorte, Les hommes, les enfants, les vieillards et les femmes, La foule entière et sans bigarrures de l'âme Qui tire sa couleur de l'iris de nos yeux Et n'a droit de regard qu'à travers nos pupilles. Oh ! population de gens qui vont et viennent, Habitants... [Lire la suite]
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jeudi 5 mai 2011

NOCTURNE EN PLEIN JOUR

Guerrier de l'obscur, Vous vous étoilez, Prenez garde à vous, Vos yeux vont brûler ! Vous ne pouvez rien Sans obscurité. Il faut une armure Prise dans la nuit Pour que se précise Votre âme secrète, Ombre militaire, Toujours ennemie. Que restera-t-il Du meilleur de vous Lorsque vous serez Une étoile aveugle Sans autorité. Une étoile errante, La tête et les pieds II faut revenir A votre ténèbre, II faut retrouver La pulsation De vos grosses fièvres, C'est votre façon De vous étoiler . JULES... [Lire la suite]
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lundi 4 avril 2011

MARINES...Extrait

C'est tout ce que nous aurions voulu faire et n'avons pas fait, Ce qui a voulu prendre la parole et n'a pas trouvé les mots qu'il fallait, Tout ce qui nous a quittés sans rien nous dire de son secret, Ce que nous pouvons toucher et même creuser par le fer sans jamais l'atteindre, Ce qui est devenu vagues et encore vagues parce qu'il se cherche sans se trouver, Ce qui est devenu écume pour ne pas mourir tout à fait, Ce qui est devenu sillage de quelques secondes par goût fondamental de l'éternel, Ce qui avance dans les profondeurs et... [Lire la suite]
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jeudi 30 septembre 2010

DEBARCADERES....Extrait

Voyageur, voyageur, accepte le retour, II n'est plus place en toi pour de nouveaux visages, Ton rêve modelé par trop de paysages, Laisse-le reposer en son nouveau contour.   Fuis l'horizon bruyant qui toujours te réclame Pour écouter enfin ta vivante rumeur Que garde maintenant de ses arcs de verdeur Le palmier qui s'incline aux sources de ton âme. . JULES  SUPERVIELLE .
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samedi 17 avril 2010

PRIERE A L'INCONNU

Voilà que je me surprends à t'adresser la parole, Mon Dieu, moi qui ne sais encore si tu existes Et ne comprends pas la langue de tes églises chuchotantes. Je regarde les autels, la voûte de ta maison, Comme qui dit simplement: voilà du bois, de la pierre, Voilà des colonnes romanes. Il manque le nez à ce saint. Et au-dedans comme au-dehors, il y a la détresse humaine. Je baisse les yeux sans pouvoir m'agenouiller pendant la messe, Comme si je laissais passer l'orage au-dessus de ma tête. Et je ne puis ... [Lire la suite]
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vendredi 26 juin 2009

LA FABLE DU MONDE ....Extrait

Puisque nos battements S'espacent davantage, Que nos coeurs nous échappent Dans notre propre corps, Viens, entr'ouvre la porte, Juste assez pour que passe Ce qu'il faut d'espérance Pour ne pas succomber. Ne crains pas de laisser Entrer aussi la mort, Elle aime mieux passer Par les portes fermées. . JULES  SUPERVIELLE . Oeuvre de Giorgio de Chirico  
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vendredi 3 avril 2009

LA FABLE DU MONDE ....Extrait

Sous la peau des ténèbres,             Tous les matins je dois             Recomposer un homme             Avec tout ce mélange             De mes jours précédents             Et le peu qui me reste             De mes jours à venir.             Me voici... [Lire la suite]
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