jeudi 21 juin 2018

JOURNAL DES ARBRES

Prends-moi dans tes bras comme si nous étions le sentiment des vierges tout en haut de cette colline du pardon. Où nous allions dans la vérité simple de l’amour consenti. Le dos contre l’arbre, échangeons un baiser dans cette langue native. Je comprends ton dialecte de femme. L’attente est subtile. Il ne faut rien brusquer. Si tu le veux, je vais explorer la nuance et les creux. Si tu le désires je serai ce jeune homme florentin avec la timidité de celui qui débute dans cette grande maison moirée du sentiment et des aveux. Et si... [Lire la suite]

lundi 21 mai 2018

LE PASSANT D'ARGILE...Extrait

Je ne sais pas devenir. Je ne sais pas réussir. Je suis depuis toujours cette même question posée à la vie et ce que le poème répond.Je cherche au travers du bruit froissé des mots le chemin d'un silence. Mais je ne suis pas écrivain, ni bavard, je suis inquiet. Je suis de l'inquiétude des pauvres gens, de leurs cités et pour sûr maintenant Je ne serai plus jamais poli J'ai tant de temps d'enfance à rattraper. Je ne sais pas devenir, je suis des passants Et nous arpentons le même décor grotesque et... [Lire la suite]
jeudi 3 mai 2018

LE MARCHEUR

Pour Gérard G.   .Pour celui qui gravit la montagneIl est déplacé de se prétendre le meilleur ou le seulMais il est sage de se concentrer sur son pasLa rumeur importe peuPour celui qui est au plus pur de l'écriturePeu importe son nom il écrit pour nous tousEcrire est un chemin dans la montagneToute une vie ne suffit pas pour atteindre le sommetMais le bonheur du jour est là présent dans la connaissanceConscient de la douleur humaineConscient de la beauté du mondeVivre est ce passage abruptDe la douleur à la beautéDe l'extase à... [Lire la suite]
samedi 24 mars 2018

GUISANE...Extrait

Pose ta vie un moment près des iris sauvages du marais. Demeure un instant dans le secret des arbres. Ne demande rien. N’attends rien. La patience de la terre est infinie. C’est un long murmure depuis la nuit des temps. Ta vie est une éternité. Ne passe pas à côté. Parfois la lenteur. Parfois la précision du mot et l’humilité du chant. Parfois le vent du soleil. Parfois tout en haut des cimes de l’imaginaire. Parfois dans l’abîme du trop et des impasses de la pensée obsédante. Ton petit caillou, pose-le sur ton cœur. Respire. Ta vie... [Lire la suite]
lundi 19 mars 2018

RUCHES...Extrait

Que la folie du monde se taiseQue la vie soit plus belle que la vieQue les anges vacillent dans la mouvance du désirQue le baiser de la jeune mariée donne au cielUne aurore de santal et de selQue dure sur la mer immenseEternelleLa traversée des innocences Que la noce des arbres en pollensDonne aux insectesLa déraison des sentimentsUn chemin de terre de pommes et de mielDans ces rues de marbre Villages et lumièresEnroulés autour des collinesPrintemps de Toscane S'il vous plaîtRefermez la chambre un moment     .   ... [Lire la suite]
jeudi 1 mars 2018

IDIOTS SUR LE SABLE...Extrait

Nous finirons idiots sur le sableAvec nos poèmes complètement idiots.Le gardien du Musée diraQu’il est l’heure de la fermerEt nous émettrons des réserves.Alors on nous supprimeraLe papier et les timbresNos stylos japonaisComme des sabres.Nous garderons les mots en mémoireNos mots idiotsNos mots d’amour jusqu’au bout de la nuit. Nous finirons idiots sur le sableAvec Emilie, Valentine et SophianeDes petites frangines de quatre, cinq ou six ansAvec Mélodie et Julie –L’histoire de la vache qui pleuraitAvec des poussières de lune de... [Lire la suite]
Posté par emmila à 09:59 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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dimanche 11 février 2018

PATRICK CHEMIN ...Extrait

Les heures de la nuit sont de pâles fiancées au chevet de l’insomnie. Ce qui précède et ce qui suit. Les soucis.Je ne sais pas s’il est possible de trouver la paix dans toute cette prose archaïque de la survie. S’il suffisait d’écrire, en bas de page, des notes de lecture pour ne pas se perdre. Petits poucets égarés dans la forêt de la nécessité.Cécité du destin. Il est difficile d’apprendre quand chaque jour est opaque.Je le dis et s’il faut le dire plus fort, je porterai la voix. Ce monde manque cruellement de tendresse et de... [Lire la suite]
dimanche 22 octobre 2017

PATRICK CHEMIN...EXTRAIT

Nous sommes laissés à l’abandon par l’espérance déçue et la réalité frontale des pierres. La pluie partage la rumeur du vallon en deux. Et contre la mousse des troncs sont adossées les chimères et les amours parfaites. Ce sont des eaux anciennes qui dictent la mémoire troublée de la source. Ainsi, c’était hier, nous étions heureux d’échanger et d’échanger encore, de changer, d’échanger le mystère de notre différence. Quel est ce nuage porteur des hivers précoces. Qui est celui qui rit dans la coulisse, qui se moque du silence... [Lire la suite]
samedi 7 octobre 2017

ANTHOLOGIE 3 ( 1977-2017 )

Pour mon amie Evy Aegerter (1959-2005)   . Tu n’as plus à plonger dans le puits Tu es le puits Tu n’as plus à te défier De la pluie Tu es devenue la pluie Ton corps fracassé peut se passer De souffrir Tu peux marcher sur le versant De la montagne Tu peux marcher Je ne sais qui pourra nous dire Pourquoi Je ne sais pas qui pourra nous prévenir Et si nous pourrons refaire le chemin Différemment La page se referme sur tes années d’enfance Les hommes de ta vie s’éloignent Le silence La difficulté d’aimer Tu pousses la porte... [Lire la suite]
dimanche 24 septembre 2017

PATRICK CHEMIN...EXTRAIT

C'était un collecteur de mots. Il allait par les rues du village et devant chaque porte demandait des phrases, des images, des silences. Oui des silences car il pensait que les mots étaient posés dans le vase des silences. Il allait dans les jardins et caressaient les plantes et susurrait des secrets aux différentes fleurs. C'était un secret différent pour chacune. Il était amoureux des ruisseaux et à chaque période de l'année il comparait leurs courants aux variations de la parole. Et parfois la sécheresse le faisait tantôt pleurer... [Lire la suite]