mercredi 16 novembre 2016

RENE CREVEL...Extrait

Ce soir, comme tous les soirs, j'ai moins peur de la nuit que du réveil. Le petit jour met tropd'obstination à ramener les incertitudes, toujours les mêmes. Au moment de dormir, je m'acharne a trouver quelque sécurité qui m'aide à reprendre avec plus de courage la suite de mes jours. Comme on a besoin de manger et de boire, oui, j'ai besoin d'être sûr. Sûr de n'importe quoi...Notre sommeil coupé en deux, nous nous apercevons que l'esprit libéré ne s'enchaîne point toujours à ces prétendues merveilles qu'il plaît à nos minutes lucides... [Lire la suite]
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vendredi 30 septembre 2016

REGARD

Ton regard couleur de fleuve Est l'eau docile et qui change Avec le jour qu'elle abreuve. Petit matin, Robe d'ange Un pan du manteau céleste Sous tes cils, entre les rives S'est pris. Coule, coule eau vive. La nuit part, mais l'amour reste Et ma main sent battre un cœur. L'aube a voulu parer nos corps de sa candeur. Fête-Dieu. Le désir matinal a repris nos corps nus Pour sculpter une chair que nous avions cru lasse. Sur les fleuves au loin déjà les bateaux passent. Nos peaux après l'amour ont l'odeur du pain chaud. Si... [Lire la suite]
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samedi 27 juin 2015

TU AS LE REMORD....

Tu as le remords d'avoir tué ton père sans avoir même acquis cent années de souvenirs.Toujours les neurasthénies comme des fleurs en mie de pain.Si tu essayais du tric-trac.Sautent les dés.Homme ou femme?Chien ou chat?Mais il y aura le chien qui sera tout de même un chat,encore la vieille chanson des départs qui restentet puis ce fauteuil de bois.Les poitrines n'ont plus qu'un sein tout en haut des corps sans sexes;Ton enfance fut aux curés en jupes de femmes;dans la crypte du Sacré-Coeur tu n'as pas su faire l'amour.Un oiseau dans... [Lire la suite]
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samedi 2 mai 2015

ELLE NE SUFFIT PAS L'ELOQUENCE

Elle ne suffit pas l’éloquence.Mon cœur ce soir se balanceEt glisse au fil d’une paupièreLampion de misèreQui n’éclaire pas ma nuit.Homme noir mais non d’onyx,Homme couleur de dépitTitubant par le marais des petites haines,Tu voudraisComme une alouette son miroirUn soleil où mourir avec ta peine.Tu cherches mais trop inquietPour trouver ton Reposoir.Rien ne brilleNi les yeux, ni le fer, ni l’aimant anonymeQui libèrent de mille clousTes douleursOù l’essaim des mouches au vol boiteuxDes mouches qui n’ont qu’une aileAllument de piètres... [Lire la suite]
dimanche 17 novembre 2013

PAMPHLET CONTRE MOI-MÊME

Il est vrai que, bien vite, il me faudrait reconnaître l'outrecuidance.Pamphlet contre moi-même.Si rien ne se fait que contre quelqu'un, quelque idée ou quelque chose, encore importe-t-il que la personne, l'idée, la chose aient, pour l'esprit ou le corps en mouvement, de la précision.Mais ce serait un nuage et non un pushingball bien dur, bien net, bien exaltant que j'aurais désigné à mes propres coups de poing, de tête, de cœur.Si je me déclarais à moi-même mon propre ennemi, j'espère que, devenu d'un coup champ de bataille et point... [Lire la suite]
dimanche 28 avril 2013

MAIS SI LA MORT N'ETAIT QU'UN MOT

Orgueil ou paresse — les deux peut-être — l’intelligence à l’état de veille prétend domestiquer les énigmes. Ainsi, du temps et de l’espace, nos jours ont fait des animaux dociles. Quant aux notions de vie ou de mort qui ne se laissent guère apprivoiser, pour fuir leur angoisse essentielle (angoisse qui, d’ailleurs, me semble seule capable de donner l’indiscutable sensation d’être) chaque minute essaie quelque nouveau suicide. À qui parie de la mort ou du geste qui la peut donner, le paradoxe est facile, mais comment ne point noter... [Lire la suite]
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jeudi 28 mars 2013

MON CORPS ET MOI...Extrait

«N’est vraisemblablement juste ni définitif aucun amour, aucune haine. Mais l’estime où, bien malgré moi et en dépit d’une despotique éducation morale et religieuse, je suis forcé de tenir quiconque n’a pas eu peur et n’a point borné son élan, L’ELAN MORTEL, chaque jour m’amène à envier davantage ceux dont l’angoisse fut si forte qu’ils ne purent continuer d’accepter les divertissements épisodiques» .   RENE CREVEL   .      
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mercredi 23 janvier 2013

MON CORPS ET MOI

Ton regard couleur de fleuve Est l'eau docile et qui change Avec le jour qu'elle abreuve. Petit matin, Robe d'ange Un pan du manteau céleste Sous tes cils, entre les rives S'est pris. Coule, coule eau vive. La nuit part, mais l'amour reste Et ma main sent battre un cœur. L'aube a voulu parer nos corps de sa candeur. Fête-Dieu. Le désir matinal a repris nos corps nus Pour sculpter une chair que nous avions cru lasse. Sur les fleuves au loin déjà les bateaux passent. Nos peaux après l'amour ont l'odeur du pain chaud. Si... [Lire la suite]
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