EMMILA GITANA

Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

mardi 27 octobre 2009

DES MOTS POUR L'AN 01

  J'aurai l'amour d'aimer et je prendrai le temps!
le temps d'un sein nu

sous une chemise;

le temps d'aimer les roses sauvages, l'abeille

et le rossignol;

    le temps d'aimer les immortelles au vent du large;

et surtout, et surtout,

    le temps d'aimer les Mots,

parce que la Poésie

commence et commencera toujours

là où le dernier mot n'appartient pas à la Mort!.....

et je trouverai

des mots de fiançailles et de coquelicots,
    des mots pour dire l'abeille et le rossignol,
des mots pour peindre des prairies lumineuses
sur les murs de la nuit,
    des mots pour enlever ses chaînes à Toussaint l'Ouverture!!!
    des mots fléchés pour faire la peau de Buffalo-Bill!
    des mots de foudre sur le poncho de Zapata!
    des mots qui ont rêvés pour nous l'idée de l'Amour Fou!
    des mots sans chaînes et sans verrous, sans barreaux, sans frontières,
sans cilice, sans contrition,et sans tortures!
sans Dieu, sans Maître, sans Rédemption,
des mots à bout portant!
des mots qui déclouent toutes les mains,
des mots de fiançailles insensées avec les sources, avec le feu,
avec la mer, des mots de pain pour partager et de pierres
pour les lancer

à la figure des Assassins!

des mots pour aimer une Terre,
qui est si belle, qui pleure, qui est promise à tous!!!!!

je trouverai les mots

pour marcher sur la mer,
pour aller jusqu'aux phares avec Virginia Woolf!
des mots qui changent le Monde et chantent le Monde changé
des mots pour dire avec Machado:

"el crimen fue a Granada"!

des mots pour dire avec Mahmoud Darwich et pour crier
qu'il n'y a pas de terre promise
et pour dire aux Hommes-suicides de Palestine
qu'il n'y a pas de Paradis!

Terre Promise, Nulle Part!

Terre Promise à tous, pour tous, Partout!

je vous lancerai des mots, les mots-tocsins de Wladimir!
les mots qui tiennent tête aux révélations! aux fous de Dieu!
aux assassins de la Splendeur Naturelle!

je trouverai

les mots d'insurrection et de marées toujours aux équinoxes!
des mots de blé, de vigne, de figuiers, et d'arbres millénaires!
des mots de source dans le Matin des Cerises,
des mots pour le matin féminin des Béatitudes!!!

des mots pour dire

le pain indicible des Anges!!!!!
    et j'aimerai jusqu'au Bout
le sein blanc entrevu sous la chemise douce


Voici que je vous donne des mots-de-passe pour l'an 01!
    les mots-passereaux,
    les mots inespérés,
les mots de prairies pures et de saisons neuves,
    les mots de marées hautes, des mots vêtus de mille mondes,

de toutes les douleurs,

    les mots de violoncelles insensés,

où pleure Rostropovitch!
les mots de ventres doux au creux humain du Temps!!!
et j'entendrai
    les mots des corps désirants et solaires, les mots
sans faute et sans péché,
les mots des amantes au corps parfait,
    des mots de roses des sables, des mots de louves magnifiques
tracés dans la neige
    par des Peuples de Beauté!

et je prendrai le temps!

de démentir le faux Sacré, les règlements, les messes,

les clôtures, les papamobiles, les derviches tueurs,

les fous de Dieu, la sainteté des échafauds, les catéchismes,

les bûchers de Montségur, les leçons de Ténèbres,

la grande peur du buisson noir des femmes

et des cheveux défaits

    la Grande Peur du Matin féminin des Béatitudes!

et je prendrai le temps!

le temps de démentir le Grand Soporifique!

    qui ne voyait ni les cheminées, ni les fumées,
    qui n'entendait ni les cris, ni les trains, ni les chiens!

NI LA VOIX SOUS LA CENDRE

de David et Sarah!

c'est pourquoi, il ne faut plus jamais,
donner de Nom au Grand Silencieux des Ténèbres!

car tant qu'il fera Dieu, le monde pleurera!

    mais j'aime les mots de neige comme
    un sein blanc sous une chemise, les mots de sablier
trichant sur le comte à rebours, les mots d'éternité physique!
les mots de sable rose et des roses de rêve,
des mots insoumis qui ne marchent pas entre les lignes,
impossibles à coucher!
des mots bleus et blanc comme l'oiseau de Magritte!
peints sur le Ciel par des peuples de Beauté!
Je resterai sur cette Terre, qui est si belle!!!
ni sainte, ni promise, Sol Absolu pour Tous!


Alors?

voici des mots pour marcher sur la mer

jusqu'à la fin du Monde!

DES MOTS pour l'an 01!

voici des mots de blé, de vignes et d'oliviers,

des mots désirants et solaires!

des mots miraculeux!

comme un sein nu sous une chemise.....

.

TRISTAN  CABRAL

.

2595645750_92ca636643


vendredi 4 septembre 2009

A LA MEMOIRE DE JEAN SENAC ET DE TAHAR DJAOUT

Un homme beau est mort qui signait d'un soleil
il s'appelait Sénac
Jean Sénac

un homme beau est mort qui signait d'une rose
il s'appelait Djaout
Tahar Djaout

depuis toute leur enfance est morte pour le monde...

sous l'amandier nomade
ils venaient tous les deux
à l'eau du soir blessée
ils ramassaient les ombres
pour en faire des pétales

toujours l'inespéré accompagnait leurs pas

toujours dans leur maison
on partageait le pain
toujours dans leur maison
on partageait le sel
et la douce patience qui tremble au bord des larmes...

les amandiers sont morts de leurs blessures...

et la mort en grand nombre a frappé en vingt ans!

hier c'était Sénac aujourd'hui c'est Djaout
assassinés chez eux par les mêmes tueurs
pour avoir cru ensemble à une même Terre
de toutes les couleurs
pour avoir cru ensemble à une même Terre
de toutes les douleurs

hier c'était Sénac aujourd'hui c'est Djaout
assassinés chez eux par les mêmes tueurs
sur cette même Terre de toutes les splendeurs...

assassinés chez eux en des temps différents
et semblables pourtant...

deux hommes beaux sont morts
tous deux enfants d'orages
et deux frères pourtant

deux hommes beaux sont morts qui signent d'un Silence...
.

TRISTAN  CABRAL

.

BONA_MANGANGU_5

Oeuvre Bona  Mangangu
 

 

Posté par emmila à 15:15 - Poésie ...TRISTAN CABRAL - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

OUVREZ LE FEU...!...Extrait

Ce sont des enfants seuls
attelés à leurs cris
qui avancent de face
sur des chemins possibles

ils nous jettent des mots
simples comme les pierres
leur royaume visible
est une route droite

ils entrent par effraction
dans nos yeux éboulés
et suivent des aurores
qui toujours se rassemblent

ils creusent leurs demeures
dans les charpentes mortes
pour apporter aux évidences
le démenti formel
d'un battement de cœur …
.


TRISTAN  CABRAL

.

041155F_OUGANDA_LEMOYNE_3013a

Posté par emmila à 14:45 - Poésie ...TRISTAN CABRAL - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

dimanche 31 mai 2009

PASSEUR DE SILENCE...Extrait

Ils ont la mer à l'ancre entre les deux épaules
et la mer tout entière se ferme dans leurs poings
Ils accrochent par mégarde le soleil à leurs pas
et les aveugles voient le cœur brûlant du monde

Ils aiment les oiseaux qui ont perdu leurs ailes
Ils cherchent dans leurs poches le seuil de la maison
qu'ils n'ont jamais quittée

Ils portent le ciel à bout de bras
et jouent à la marelle enfer et paradis
Ils tranchent les amarres du jour
et ils voient ce que seul un enfant
peut voir au fond des neiges

Ils sont au bord du monde
le ciel tombe à leur place
Ils conduisent l'enfant au pays des fontaines
le loup privé d'enfance les cherche dans la neige
et les change en oiseaux
.

TRISTAN  CABRAL

.

travail_enfant_ordures

Posté par emmila à 19:35 - Poésie ...TRISTAN CABRAL - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

jeudi 7 mai 2009

TOI


Rien n’a changé…

toujours les mêmes cris sous la même Douleur
toujours le même geste pour protéger la tête…

comme avant Toi
comme après Toi
rien n’a changé

les bourreaux sont toujours aussi bien habillés

es-tu VRAIMENT venu ?


sur la route de Ramallah

.

TRISTAN  CABRAL

.

gal_13

Posté par emmila à 19:32 - Poésie ...TRISTAN CABRAL - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

lundi 30 mars 2009

LE PASSEUR DE SILENCE ....Extrait

les jours tombèrent
                      et les yeux traversés de tant d'éclats de mer
                      j'ai dressé vers le ciel mes mains ensanglantées
                     

et puis j'ai mis le feu à toutes les fontaines
                      j'ai jeté des étoiles à la tête des fleuves
                      j'ai recouvert de neige le cœur des primevères
                      j'ai volé leurs couleurs à toutes les saisons
                      et j'ai roulé la pierre que retenaient les anges

 

mais qui m'a entendu nager dans les eaux fortes
                      qui pourrait retrouver mes ongles sur la pierre
                      qui hante comme moi la blessure capitale ?

 

j'ai faim
                      j'ai faim de choses étrangères
                      j'ai faim de hurlements plantés comme des clous
                      j'ai faim de la fraîcheur insensée des miroirs
                      faim d'un nouveau partage
                      de mille mains avides pleines d'objets brisés
                      faim de parures inertes et de noms oubliés

 

                           mes mains ont forme de ma soif
                                        et j'ai des bras multiples grands comme les révoltes
                      je peux m'abattre n'importe où
                      à n'importe quelle heure
                      et mon corps imminent s'envenime de sel

 

je roule par le travers des bouées
                      à portée de fusil des derniers poissons libres
                      mais qui pourrait m'entendre sur ces pavés crispés
                      où des fous se répondent

 

                         je trace des hurlevents au fond de mon naufrage
                      je m'accroupis en sang sur les vagues ouvertes
                      j'ai enterré mes mains loin des terres habitées
                      mais ces yeux attardés qui coulent dans mes yeux
                      qui les fera s'ouvrir
                      qui m'accompagnera sur la nef des fous ?

.

TRISTAN  CABRAL

.

37621087_p

                     

                       

Posté par emmila à 22:59 - Poésie ...TRISTAN CABRAL - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

mercredi 3 décembre 2008

LOS ARROYOS CUANDO BAJAN

Comme les fleuves autrefois, ils remontent à leur source. Pour y mourir Libres !

Ce sont les Indiens du Chiapas. Ils tournent autour des arbres de Justice. Leurs femmes brûlent d’amour et de douleur. Il ont de vieilles armes et des épées d’Espagne. Ils voient des bateaux ivres échoués dans les arbres. Mais ils croient dans les mots ! Et les locomotives de l’armée mexicaine roulent à tombeaux ouverts vers les grands cimetières, au milieu des forêts…

Ce sont les indiens du Chiapas. Ils sont le peuple le plus réaliste du Monde, ils demandent l’impossible, le pain, la paix, la liberté…

Ce sont les indiens de Marcos…

Ici, dans les montagnes du Sud-Est, des hommes nous parlent encore en tzotzil, en tzeltal et en chol. Ils sont sans noms et sans visages. Et voici qu’ils nous disent : « Il y a quelque chose qui dure, il y a quelque chose qui pleure… »

Et Vous, Vous n’entendez rien ?????

.

TRISTAN  CABRAL

.

cimetierre_du_chiapas

..
Cimetière du Chiapas

Posté par emmila à 11:22 - Poésie ...TRISTAN CABRAL - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

lundi 1 décembre 2008

SEPTEMBRE NOIR

A toi, Buenaventura Durruti,
A toi, « Bonne Aventure » Durruti,
A toi le Basque, en basque, ton nom veut dire « au loin »…
Et grâce te soit rendue, à toi, comme à tes frères,
Ascaso et Ferrer,
Qui dorment avec toi sur les hauteurs de Montjuich, , à Barcelona
Grâce vous soit rendue pour ce bel été de l’égalité,
Ce bel été de 1936…


Et à toi, Marjorie, mon anglaise, mon espagnole, ma graciosa,
Ma Guiomar à moi,
« mi corza blanca », ma gazelle blanche,

(R. Alberti)


je marche dans les rues de Huesca,
je marche, colonne par mille, c’est la 29ème division ! (Celle du POUM)
je marche, colonne par mille, avec des Anglais, des Allemands, des Russes,
des Américains, des Français,
Tous miliciens, pas soldats !
en salopettes bleues, bonnets de laine,
Bottes trouées,

TOUS MILICIENS, PAS SOLDATS !!


Nos armes sont rouillées, ne tirent qu’une fois sur dix !
Et encore
quand elles n’explosent pas !

Chaque homme a un fusil et 150 cartouches dans ses poches,

Dans les rues de Huesca, dans les rues de Madrid,
Dans les forêts en marche,


Dans les champs de Castille, los campos de Castilla,
Je te salue le Basque !
Ton nom veut dire « au loin ! »….
Je te salue vieux capitaine, tu n’as pourtant que quarante ans !
Je te salue Bonne Aventure,
Frère de Villa, de Marcos, et de Géronimo, frère de Makhno et de Tupac Amaru,


Ici, à Barcelona,
C’est la « Rêve générale » !
La « générale », yo te le digo, amigo !!!
Les trains, les trams, les églises, la Grande Poste, les taxis, le Central du Téléphone, el centro de telefono, tout a été repeint !
En noir et en rouge,
Sur une affiche immense, une espadrille écrase une croix gammée !!!


Même les boîtes à cirage sont peintes en noir et en rouge…
Tout le monde se salue, tout le monde se parle,
On ne dit pas « Señor » mais « Amigo »,
Tous les coiffeurs s’appellent « Bakou » !


Ici, c’est la Rêve générale,
Générale , je te dis,
Les prisons sont vides, l’argent a disparu, tous les chefs sont élus,
« La femme au fusil » de Robert Capa est dans les journaux !
Je marche dans les rues de Huesca,
Et dans les ruines de Bechité, en Aragon !
J’ai des fleurs mortes au bout des doigts…

Je suis immense dans les rues qu’on soulève,
C’est le printemps de 1936 !
J’ai du mal à garder mes cartouches de la pluie…
Le sable monte jusqu’aux fenêtres,
Le Central de Téléphone est à nous…


Mais,
Des ouvriers funèbres crachent à perte de vue,
Des bombes étrangères…

NO PASARAN ! NO PASARAN !!


Ici, c’est la Rêve générale,
C’est l’heure éblouissante, voici l’heure des brasiers, la hora de los fuegos,
De la Luz !

Et même,
Avec un fusil sur dix,
Nous avançons, colonne par mille,
Nous avançons, nous avons froid et parfois nous chantons,
La même chanson dans mille langues,
C’est le printemps de l’égalité,


J’ai vu,
J’ai vu,
Les oiseaux fusillés,
Prendre soudain leur vol,
Et le soleil soudain battre pavillon noir !

J’ai vu Federico,
La face contre terre,
A Grenade, sa Grenade,
El crimen fue a Granada


Et j’ai vu Antonio, seul, si seul, à la pension Bougniol, à Collioure,
Le 23 février de 1939,
Et j’ai vu,
A Argelès en France,
Dans les camps de la Honte,
J’ai vu ces hommes, ces femmes, ces enfants, qui allaient se noyer,
Sous les yeux des gendarmes…
En France, on appelle çà la Retirada !!! Mais quelle honte ! Quelle honte !


Et puis Walter, Walter Benjamin, sous sa pierre, si seul, si triste,
Face à la mer, à Port Bou !

Pourtant avec mon Amour,
Mon anglaise, mon espagnole, « mi corza blanca »,
Ma Guiomar à moi,
Nous marchons sous un ciel plein d’étoiles,
Et la nuit,
Quand je ne suis pas de garde au Continental,
Nous allons, main dans la main, mano a mano, sur les Ramblas,
De Catalunya…


ILS ARRIVENT ! C’est la fin ! C’est la fin !

Alors, aimons-nous ! Aimons-nous mortellement !
Aimons-nous jusqu’à la Fin du Monde !
Et nos blessures seront belles, fulgurantes,…
Et nos blessures seront des sources !

ILS ARRIVENT ! NO PASARAN !


Et mon Amour n’a plus rien à se mettre…

Au grand Hôtel Continental,
Tu me disais
« Je voudrais tant que tu sois blessé,
comme çà, ils ne te tueraient pas… »
merveilleuse, mon anglaise, mon espagnole,
qui n’a plus rien à se mettre…


Ma veste de cuir est déchirée, ma casquette de laine me tombe
Sur les yeux,
Je suis sale et plus jamais rasé
Je n’ai plus de cigarettes, mon pistolet ne marche plus,
C’est un Mauser allemand de 1896 !

ILS ARRIVENT !


Je ne quitte plus mon corps, je t’aime,
Je marche avec toi,
Le long d’une autre vie,
Qui aurait pu être si Belle ! Si belle !
J’enlève la peau des mots – je crie « NO PASARAN ! »
Mais j’y vois clair, très clair, c’est l’heure éblouissante !
Car les mains insurgées ont SEULES DE LA LUMIERE,
SEULES DE LA LUMIERE !


Je te salue Bonne Aventure !
Ton nom veut dire « au loin » !

Et je marche
Je lance des coquelicots à travers les barreaux,

J’existe ! je suis Peuple ! L’España Nueva accouche de monstres !
Je saute de maison en maison,
Je suis à la centrale téléphonique, à la Central de telefono !

ILS ARRIVENT ! PASARON !



Ils exhibent des photos de têtes coupées de camarades,
C’est la photo de David Seymour…

Ils ont atteint la mer à Vinajos,
Et moi,
Je tire des balles perdues, des cartouches de rêve…
Mais je reste debout !
Je t’aime !
Je suis vivant ! Vivo !


Je suis sur des barricades mystérieuses,
Je les attends, je suis vivant,
Et je demande qu’on libère CE SOIR
Les couleurs prisonnières !

Les coquelicots sont beaux à travers les barreaux,
A Carabanchel, j’ai lu sur un mur « Dieu nettoie-t-il le sang versé pour lui ? »

ILS ARRIVENT !
Mon sang est noir de monde !
Je dors en chien de fusil sur mes armes rouillées,
Ici, à Huesca, on n’enterre plus !
On ne fait que mourir !

Les eaux de Teruel sont rouges,
Des femmes en châles noirs,
Lavent le sang avant l’aube,
Les eaux de Tarragone sont rouges….


Ma mémoire assiégée par des drapeaux en deuil,
Dilapide ses mains,
Parmi des hommes beaux !
Rafael, Federico, Miguel, Antonio, J’arrive !


Une jeune fille, belle comme un soleil, berce une arme perdue
Sur ses pauvres genoux,
MAIS ! J’aime, j’existe, j’écris, je t’aime, je chante,
Je lis du Célaya, je lis Rafael Alberti et Miguel Hernandez !
Je lis ! Je lave mes mots à toutes les fontaines,
J’existe, Je n’ai plus de cigarettes,… mon bonnet me tombe sur les yeux,
Et mon amour n’a plus rien à se mettre !


Dans mes yeux provisoires,
Attendent des matins exécutés en plein midi !
Je vais à Contre-Mort,
Je veux savoir avec les mains,
D’où me vient cette force de gueuler dans les rues !

Je tire des balles perdues,
Je suis le trépané des révoltes avortées et des révolutions trahies !

NO PASARAN !! PERO… PASARON !


Pourtant, je sais ! Je le sais ! Je le saurai toujours !
Je sais pourquoi les champs de Catalogne, Los campos de Catalunya,
Font brûler des communes dans ma tête, jusqu’aux pieds ! Et même si
Mes bottes sont trouées, même si mon cuir est déchiré, même si mon bonnet me tombe sur les yeux,
J’y crois, je crois qu’un jour, ILS NE PASSERONT PLUS !!
Plus jamais, NUNCA MAS !!

Je crois qu’un jour, nous construirons ensemble,
Un Homme Illimité,
Ni Dieu, Ni Maître, Ni Drapeaux, Ni frontières !!

Espagne, ma chère Espagne, España, Ma chérie, éloigne de moi ce calice,
Aparte de mi este caliz !
Et voilà,
MATERNELLEMENT ME VÊT
Le terrorisme fou !
Le terrorisme, c’est l’amour fou !

Salut à Toi, Le Basque ! Buenaventura, Bonne Aventure,
Ton nom veut dire « Au loin »… !
J’arrive BUENAVENTURA !
ATTENDS-MOI ! ET BASTA !
VINCEREMOS !!! HASTA LA VICTORIA SIEMPRE !


POESIA O MUERTE !


POESIA O MUERTE !








Barcelona, Mars 2007

.
TRISTAN  CABRAL








.

Posté par emmila à 21:14 - Poésie ...TRISTAN CABRAL - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

jeudi 16 octobre 2008

L'ENFANT DE GUERRE

les hommes de ce pays n'ont jamais eu de tombes

ils aiment le paprika
l'eau de rose et le thé
ils s'appellent aussi bien
Ismaïl ou Vlasco

et dans le sang versé
ils voient à chaque instant
toute la mémoire du monde...

.

TRISTAN  CABRAL

.

the

Posté par emmila à 20:08 - Poésie ...TRISTAN CABRAL - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,
« Accueil  1