dimanche 11 décembre 2016

SOMNAMBULE

Je garde sous la peau mon costume de mortavec à l'intérieur le long poignard de l'aubema voix se couvre mon ombre et moi nous sommes seulset je laisse sur l'eau des blessures insenséesJe suis à bout de peau je fais des métiers d'absenceje descends dans le corps des oiseaux somnambulesj'éteins les ombres blanches sur le miroir des mortset la couleur du monde s'est perdue en cheminJe vois le ciel pendu à des crochets de plombje vois des marées mortes dans le sang blanc des algueset sur les seuils de pierre des bracelets d'oiseauxDans un... [Lire la suite]
Posté par emmila à 17:44 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

samedi 9 mai 2015

DANS LA NUIT SURVIVANTE

J'apprends très lentement à vivre à ciel ouvert j'enterre la face humaine sous des gangrènes d'or et j'ai abandonné des tessons de soleil dans la chair oubliée des hommes inutiles   dans la nuit survivante les hommes sont contagieux il y a des fusils plus lourds que les épaules j'ai vu tomber la neige grise des phalènes et le corps maternel excisé sous les arbres   mais quand l'écorce enfin aura pitié de l'arbre quand les oiseaux aveugles chanteront malgré tout les vagues arriveront jusqu'aux maisons... [Lire la suite]
Posté par emmila à 16:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
jeudi 20 novembre 2014

MON PAYS MON NAUFRAGE

À Yann Orveillon,« Voleur de feu » considérable.   le pays d’où je viens n’est d’aucune mémoireet la mer en novembre y monte jusqu’aux boisles maîtres de naufrages attendent sur les dunesqu’un bateau étranger se perde dans les Passesle pays d’où je viens a la couleur des lampesque les enfants conduisent aux limites du sableon y marche toujours au milieu des légendesla trace des hommes s’y perd dans une Ville d’hiverle pays d’où je viens a la douleur des landeson y porte parfois des épaves insenséesIl y a des bêtes blanches à la... [Lire la suite]
Posté par emmila à 23:11 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,
lundi 5 septembre 2011

AU MUR

J'ai peut-être perdu tous mes yeux dans la mer... venue comme un ancien pressentiment d'étoiles une femme soudain m'a donné un visage qu'elle semblait avoir ramassé dans les cendres   il m'arrivait d'avoir des dimanches de vagues j'écoutais sur le sable de vieilles détonations les femmes portaient des masques pour allumer l'aurore et je dilapidais l'obscurité des mondes   les maisons fortes tombaient lentement dans la mer un enfant commandait un feu invisible et je voyais rouiller des hommes privés de gestes ... [Lire la suite]
Posté par emmila à 22:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,
jeudi 17 mars 2011

DU PAIN ET DES PIERRES...Extrait

(...)  J'investis mes étoiles dans un  ciel toujours vide et la nuit je promène sur la mer mes ongles de cellule   dans une enfance couchée à mort je marche le long d'une autre vie et j'ai noué mes poings au vol des cormorans   et les éclats de voix croissent et se multiplient quand la métaphore se fait cri   mon corps est d'un autre âge mon sang d'une autre mer j'habite les révoltes et les révolutions   .   TRISTAN CABRAL   .    Oeuvre Giorgio... [Lire la suite]
Posté par emmila à 08:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,
dimanche 21 novembre 2010

LE PASSEUR DE SILENCE ...Extrait

À mon ami Gaston Miron.Plus personne n’arrive à Ellis Island…des visages anciens glissaient sur l’East RiverEt j’étais plein d’un vieux sang arménienou peut-être italien je portais le carquois de l’indien brise-lamesavec pour toute aurorele vieux regard des émigrantsvêtus de peur et de douleurplus personne n’arrive à Ellis Island…Sur l’East Riverj’allais dans un canot avec Petite Fleurcouchée en chien de fusilje portais vers le Nord des ballots de lueursles oies du Cap Tourmentes’en venaient vers le cœur acéré du flécheuret... [Lire la suite]
Posté par emmila à 19:44 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

mardi 28 septembre 2010

NUIT DE L'EQUINOXE...Extrait

(...)Je regagnais les portesdes marées de septembrequand une vague morteest venue me surprendrealors j’ai pris ton corpsj’ai fermé tes paupièresj’ai longtemps marchéen direction du nordet puis je t’ai couchéedans un filet de pierrej’ai tressé dans les alguesdes fleurs de sable vertet je t'ai mise en merdans le creux d’une vague… .   TRISTAN CABRAL   .      
Posté par emmila à 09:31 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,
mardi 28 septembre 2010

OUVREZ LE FEU...Extrait

ARRETEZ LES RIVIERESarrêtez les rivières pour que vienne la merc'en est fait du retard pris sur les équinoxesje sens grandir en moi un monde inachevéoù la vigne grandit jusqu'au sertao rougecar je n'ai pas fini de naîtretous mes yeux sont en cendre mon sang est noir de mondemais j'ai ouvert le feu ma chair est insurgéeet ce n'est qu'un débutdes milliers de brasiers avancent par le mondepartout la marée montepartout les poings se lèventvoici que toutes choses vont devenir nouvellesARRETEZ LES RIVIERESne bercez plus vos enfants mortsil... [Lire la suite]
Posté par emmila à 09:18 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,
lundi 28 juin 2010

DANS LA NUIT SURVIVANTE

j'apprends très lentement à vivre à ciel ouvertj'enterre la face humaine sous des gangrènes d'oret j'ai abandonné des tessons de soleildans la chair oubliée des hommes inutilesdans la nuit survivante les hommes sont contagieux il y a des fusils plus lourds que les épaulesj'ai vu tomber la neige grise des phalèneset le corps maternel excisé sous les arbresmais quand l'écorce enfin aura pitié de l'arbre quand les oiseaux aveugles chanteront malgré toutles vagues arriveront jusqu'aux maisons ardentesalors nous irons seuls dans... [Lire la suite]
Posté par emmila à 10:36 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,
lundi 22 février 2010

ORLANDO

au Mozam­bi­queOr­lando, aux yeux bien trop vides, au fusil bien trop grand, je l’ai ren­con­tré là-bas, à Maputo. Il avait plu­sieurs bal­les dans le dos. Il s’était mis à cou­rir pour qu’on le tue par bal­les…    Je me sou­viens de l’hôpi­tal de Maputo. D’autres enfants gisaient, taillés à l’arme blan­che…    Et comme je deman­dais à Orlando ce qu’il ferait plus tard quand il serait guéri, il me dit sans me regar­der :    «Quand je serai grand, je vou­drais deve­nir un enfant…» . TRISTAN  CABRAL ... [Lire la suite]
Posté par emmila à 20:10 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,