dimanche 11 juin 2017

ALGEBRE

Il faut donner un nom A l’inconnue, pour la mêler à l’équation Dire X, chère, voulez vous bien Venir symboliser ce que je ne sais pas ? X ma tendre X, ma fière, ma croix qui barre le chemin A l’intuition, X jument poulinière sous qui naissent Ceux que l’on ne veut pas, j’y ai échappé de peu X, film interdit, les enfants y verraient des chairs S’emboiter dans des ahanements de bêtes fatiguées, X sans bruit le corps croisant l’autre le clouant A la pesanteur, X des siestes de chaleur, X Ma multiplication en majuscule Ixe écrite en... [Lire la suite]
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dimanche 4 juin 2017

ALLEZ-Y

Je ne veux plus parler des corps alignés par terre Dans leurs sacs Ni du troupeau serré dans les barrières qui rue Et vous comptez Un égorgé ici et quatre vingt ailleurs brûlés Mille au fond de la mer Et il y aurait à Londres des Français dans le lot C’est plus grave Que si c’était des Polonais ou des Inuits ou des Espagnols Et les barrières Autour des bœufs et des poules élevés en batterie Se resserrent Les sabots les cornes les becs les ergots se barbouillent D’innommable rouge On évalue selon la statistique qu’à eux seuls ils... [Lire la suite]
jeudi 1 juin 2017

SOLOGNITUDE

S’est accroché aux arbres ce drap bleu, clair, presque blanc Fait pour un lit d’enfant, sa naïveté de ciel pur, On y pressent Des nuages de soie et des poupées Le monde, juste en dessous, Ne fait aucun effort mélange des vacarmes et des murmures Le zinzillement des tondeuses le klaxon des voitures Un peu de folies d’hommes des aboiements Regarde Passer la vie Avec les yeux Et n’y touche pas   .   ALEXO XENIDIS   .    
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lundi 22 mai 2017

PAROLE

La vie lourde battra à sa mesure la poussière Combien de blé cette année pour la saison Quelles gerbes à lier de désirs qu’on arrache à la haie Quelles tresses pour la paume nouées blessant La paresse d’été des moissonneurs On couche sur le sol les journées pour les glaneurs Ils sépareront le bon grain de l’ivraie La douceur des farines et le sec de la balle Le pain blanc pour la Ville Ce qui reste, aux oiseaux, en prévision de leur départ, A moi, la terre nue, pour y bâtir Ce fantôme de champ qui ondule Et le vent rien que Le... [Lire la suite]
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jeudi 20 avril 2017

LEXIQUE

Je ne trouve pas le verbe Correspondant à dérision Juste l’adjectif, dérisoire, je triture Dérisoire des rasoirs désiroir Invente des désirs à tiroirs rasoirs Tranchants comme des lèvres qui se pincent Où se coupent les mots Est-ce que la dérision C’est le rire Quand il finit Ou l’inverse de Désirions   .     ALEXO XENIDIS   . Photographie Chris Maher
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mercredi 19 avril 2017

ETAT DES LIEUX

Maintenant Je laisse ma vie fuir son cours Les heures filer dans mes doigts le sable s’entasser sous mes dents le vent Vide façonner mes dunes y bâtir des escaliers à dévaler revenir Aux sources du mal en avaler les boues Dosant habilement les vins aux goût de bois Les drogues licites des pharmacies leurs bulles opiacées leurs benzos Car je sens qu’il ne vaut mieux pas que je reprenne conscience Tout à fait Ni que la colère flambe ni qu’elle prenne une perfection de symphonie Giclant d’un seul envol de violons et de bois Ni que je... [Lire la suite]

mardi 11 avril 2017

IDLIB

Je vous prie laissez-moi Me semer sur le cœur une poignée de nigelles de Damas Bleues d’air Une poussière qui frissonnerait Que mes doigts deviennent racines et poussent Jusqu’à toucher la voix enfouie des cèdres aux branches en prière Que j’entende enfin La vie La sourde pulsation la source La lumière faufilée dans les ferrailles muettes Ce qui reste du monde Dans l’après   .   ALEXO XENIDIS   .   Oeuvre Omar Delawer    
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jeudi 9 mars 2017

LA BELLE SAISON

Je regarde d’ici les guerres fatiguées Les mots qui sont des mouches sur les vitres Prisonnières Le poids mort de la pesanteur sur la nuque et ce temps que l’on tue De peur De croiser son regard d’y voir le décompte A rebours et le va et vient qui finira Les mêmes boucles la même fin qui ramène le naufragé Toujours à la même vague quand le sol se dérobe Je pense à Diogène avec sa lampe qui cherchait un homme Quand j’écarte de mon chemin les humains en cherchant la lumière Pourquoi Est-il impossible d’être debout Sans retomber... [Lire la suite]
mardi 28 février 2017

FIN DE PARTIE

AlorsC’est fini il n’y a plus rien plus rien à voir à dire à tuerIl n’y a même plus de décor des cartons éventrés des chosesNon identifiables qui s’enchevêtrent au solOn peut éteindre les lumièresFermer le grand rideauSur AlepLe troupeau peut se lever de ses fauteuils rouge sangQuitter le théâtre des événementsChercher pour la prochaine fois un spectacle nouveauUne comédie ce serait une bonne idéeCommenter Après tout cela nous dépasse ces intérêts supérieursNous ne savons plus qui est le méchant l’indien le shérif le policierEt où... [Lire la suite]
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jeudi 23 février 2017

UTOPIE

Juste un instant se prendre Pour la France écouter ce que racontent mes prétendants L’un dit Au pain sec, je vais Te remettre au pas, ma jolie, au pas des bottes et pas question De tricher sur le montant des commissions, Le deuxième, bien pommadé, réunit ses copains Pour qu’ils me prennent à trois, quel courage, La troisième déclare qu’elle chassera tous mes amis Et qu’on restera seules à la maison à haïr le reste du monde Le quatrième, envoyé par mon ex-mari, me promet comme lui De belles choses qu’il n’a pas l’intention de faire, Et... [Lire la suite]