jeudi 8 mars 2018

PROFONDEUR

Épuisée Ne restent, au fond du puits, que des boues chahutéesDes pièces de monnaie qu’on a lancées pour se porter bonheurL’anse d’un seau, brisée, le seau rouillé le souvenirD’une colèreEt la lente fatigue de l’eau usée stagnantLes pierres verdies de mousses la douleur légèreDes os Le cri que tu lances vers le mur rond et qui te revientEcho écho écho InchangéTu te penchesNulle vérité, nue, ne sortEt tu commences lentement à te haïr   .   ALEXO XENIDIS   .  
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vendredi 2 mars 2018

CADEAUX

Je donneDes soleils couchants ivres de cuivre blondLeurs fanfares rouges la passementerie des nuagesLes prairies où bleuit l’ombre de tes paupièresEt cette terre fine d’où jaillirent tes mainsLa peur ancrée des nuits aux bastingages du navireLa faiblesse jaune du fanal qui trembleEt les cordages qui soutiennent ta gorgePour qu’elle s’ouvre au vent comme une voile rassuréeLa vie qui bat dans le poignet des pierresFrissonnante et le souffle qui court sous ta peauLa grâce descendue sur la fleur penchée Sa tête qui s’incline et... [Lire la suite]
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jeudi 22 février 2018

MOMENT VITAL

Plus que deux mots Dans ma besace de misère, à côté du couteau au manche d’olivierDont j’ai tordu la pointe dans je ne sais quelle rencontreEt de la ficelle, du mouchoir bleu, à plonger dans la merQu’il devienne rougeDe ces hontes dont nous détournons les yeuxNe sont ils pas de notre espèce, ceux qui nagent, s’étouffent et s’enfoncent,Et sont ce des statues ces enfants pétrifiés couverts de cendreDans des villes crevées par les bombes vendues par nos pays ?Quels pays ? nous n’en sommes plus que les esclaves muets,Pendant ce... [Lire la suite]
dimanche 4 février 2018

AFFINITES ELECTIVES

Plus j’avance, immobile, sur le tapis roulant De cette vie brouillonne, partie dans tous les sens,Plus l’on s’entend, les animaux et moi, les plantes et moiLes enfants aussi, sans doute parce que nous ne sommes pasTravestis d’oripeaux, bardés de faire semblant, Qu’on se cause de là où est la vie, ce petit machin rouge palpitant,Peut être aussi que je les rassureComprenant qu’ils n’ont rien à craindre si je suis làJ’appartiens à la meute des VivantsDe ceux et celles Qui parlent aux caillouxA la pluie à la folie et ramènent les... [Lire la suite]
dimanche 4 février 2018

RECONVERSION

 Je ne suis pas poète ou écrivain je suis Ramasseuse de Cris, je passe avec ma brouetteEntre vous je glane du hurlement de la plainte fragile les pleursDe colère des enfants les rugissements des amants trompésLe gémissement de la vieille percluse perdue au bas de l’escalierLes balbutiements étouffés des regrets éternels ou passagersL’appel au secours du noyé et les mots tordus de la douleurSur le lit du blessé qui gueule dans le silence capitonnéLes hoquets du chagrin les haut le corps de détresseCe qui fuse des bouches humaines... [Lire la suite]
lundi 15 janvier 2018

AU MIRAGE

Murmure des mots de paille sèche sur ta nuque et Souffle à ton oreilleL’odeur de crayons de couleurs trouvéeSur la tête du chat, tissée dans le velours,Nous laissons, lui et moi, vieillir le monde de dehorsSe ternir les dorures des soldats enterrés les lames les médaillesCe qui fut et ce qui sera, que nous ne savons plusQue nous ne savons pas,Le bruit lourd des mâchoires d’avidité, les mécaniquesQui possèdent et mâchent, celles faites pour jeter,Les recyclages amoureux répartis dans des bacsUne poubelle pour Papa, une autre pour... [Lire la suite]
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mardi 14 novembre 2017

NOTA BENE

Je peinsUn tableau noir, très noir,Profond,Rien que noir, suies, brumes, encres, crasses,Pour qu’on y voie mieuxLe contrasteEt je laisse pendue au bout d’une ficelleUne craie blanche pour écrireBonjour ! Ou bien Va t’en !Ce qui vous sert de cri, de façon d’exister,Que vous êtes naïfs à me croire mélancoliqueUne pensive statue plongée dans le regretRésignée qui s’afflige,Si je penche la tête et si je serre mes bras c’estPour serrer plus étroit ce feu que je préserveEt même s’il me dévoreJ’attends, dans ce désordre, une seule parole... [Lire la suite]
jeudi 26 octobre 2017

ALEXO XENIDIS...Extrait

Il faudra que je perde le Nord Pour voir enfin l’Orient où le soleil naît Entre les cuisses ouvertes de l’horizon Salies de sang vie lumineuse Les noires frondaisons s’éclairent Je regarde L’enfantement d’une journée Personne ne compte ses doigts Ni ne l’enveloppe d’un drap chaud Ni ne lave sa bouche des péchés de la veille Comme nous naissons Chaque matin Aux vies nouvelles, abandonnés   .   ALEXO XENIDIS     .   Photographie Bernard Liégeois          
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mardi 10 octobre 2017

L’ESPOIR LUIT

Je raccrocherais bien les gants Les téléphones et surtout Les wagons et le boucan ferraillé De cet interminable train de marchandises Où des enfants vieillis échangent des promesses de papier Puis les oublient, enterrées sous les arbres, Qu’une voix de synthèse réponde A l’appel de mon nom il n’y a plus Personne au numéro que vous demandez Personne sur le ring pas d’adversaire, Personne, regardez, Et pas de titre à conquérir Ou à donner au chapitre, à ses silences, Aux blancheurs qui l’ont envahi peu à peu Aux mots vidés de sens... [Lire la suite]
mercredi 20 septembre 2017

REFLETS

Et le théâtre d’ombres, qu’en penses-tu,Juste les silhouettes agrandies de lumière portée,Le noir pour la nuit et le blanc du drapOù tu caches ta peur quand tu ne dors pasLe Montreur que l’on ne montre pasLes fils disparus, dissimulés le long des ondes,Ton téléphone intelligent sonnant le rappel,Quand tu cours, un chien dressé, ventre à terre, etFais tes contes,Ceux du héros Don Quichotte en compas sur sa selle et sa lanceVierge d’ailes, les moulins immobiles sur leurs farines,Le guerrier romain, le navire qui vient du... [Lire la suite]