ANDREE CHEDID1

 

Andrée Chedid, née le 20 MARS 1920 au Caire (Egypte), fille d'Alice Godel (née à Damas) et de Selim Saab (né à Baabda au Liban), et morte le 6 février 2011 à Paris   , est une femme de lettres et poète française d’origine libanaise.

Elle a fait ses études dans des écoles françaises, puis elle intègre l’Université américaine du Caire, où elle obtient un BA en journalisme en 1942. C'est en Egypte qu'elle rencontre son futur mari et qu'elle l'épouse.

Son œuvre est un questionnement continuel sur la condition humaine et les liens entre l’Homme et le monde. Andrée Chedid, dans toute son œuvre, célèbre la vie tant aimée, tout en ayant une vive conscience de sa précarité. Elle encourage chaque homme à accepter l’altérité. Son style, très travaillé se caractérise par sa fluidité. Elle évoque l’Orient avec une grande sensualité pour mettre en avant ses parfums. Elle s’attache aussi à décrire la guerre au Liban.

jeudi 3 août 2017

IL Y A DES MATINS

Il y a des matins en ruineOù les mots trébuchentOù les clefs se dérobentOù le chagrin voudrait s’afficherDes joursOù l’on se suspendraitAu cou du premier passantPour le pain d’une parolePour le son d’un baiserDes soirsOù le cœur s’ensableOù l’espoir se verrouilleFace aux barrières d’un regardDes nuitsOù le rêve buteContre les murailles de l’ombreDes heuresOù les terrassesSont toutesHors de portée.   .     ANDREE CHEDID in « Par-delà les mots ».   .     Photographie Katia Chausheva
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samedi 22 juillet 2017

ANDREE CHEDID...Extrait

L'arbre tenait par ses racinesMais les cendres asphyxiaient l'écorceLes branches renonçaient à l'oiseauLes feuilles se gaspillaientAlors j'ai criéCrié à travers chosesLes déserts par instantsReculaientJe m'attelais au criRêvant échosMobilisant étoilesTaillant passerellesCreusant galeriesJe me rivais au criAmeutant l'eau qui stagneRaccordant l'astre aux bergesMe liant aux visagesDressant voûtes et fondementAlors la vieFit plus loin dans sa réponsePlus loin que tout l'imaginéDes branches enfantèrent d'autres branchesLes paumes... [Lire la suite]
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samedi 15 juillet 2017

TANT DE CORPS ET TANT D'ÂME

Captifs de l'étrange machine Qui nous mène de vie à trépas En quel lieu de ce corps en fonction De ce sang qui déambule Se fixe l'être Bâti d'élans de songes de regards Qui parle les langues du silence Qui devance mots et pensées? Qui prononce notre mort Qui instaure notre vie Qui présence ou absence Dans la mêlée des vallées et des gouffres Nous prodigue Cette sarabande de rixes et de roses Nous assigne Ce pêle-mêle de discordes et d'harmonies? Qui tissant ensemble tant de corps et tant d'âme Nous imprègne de passé Nous génère... [Lire la suite]
samedi 15 juillet 2017

TOI MOI

Par l'univers-planète univers à toute bride Par l'univers-bourdon dans chaque cellule du corps Par les mots qui s'engendrent Par cette parole étranglée Par l'avant-scène du présent Par vents d'éternité Par cette naissance qui nous décerne le monde Par cette mort qui l'escamote Par cette vie Plus bruissante que tout l'imaginé TOI Qui que tu sois! Je te suis bien plus proche qu'étranger.   .     ANDREE CHEDID     .       Oeuvre Montserrat Gudiol  
samedi 15 juillet 2017

UN AUTRE SANG

Le corps des fleuves sommeille Plus déserte que l'os la branche s'est engourdie Le cadavre de l'été a plombé son pelage Nos mémoires dilapident le cadavre des humains Indifférence des actes du ciel Et de nos mondes couvant trop de plaies! Morte morte terre Sous l'aveugle neige un autre sang mûrit-il? Je le savais jadis je le saurai plus loin Sous sa gangue d'argile la vie toujours s'explore et se retaille Vie.     .     ANDREE CHEDID     .       Photographie Nathalie Magrez ... [Lire la suite]
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samedi 15 juillet 2017

L'ECART

Souvent j'habite mon corps jusqu'aux creux des aisselles Je me grave dans ce corps jusqu'aux limites des doigts Je déchiffre mon ventre Je savoure mon souffle Je navigue dans mes veines à l'allure du sang Sur mes pommettes la brise prend appui Mes mains touchent aux choses Contre ma chair ta chair m'établit Souvent d'être mon corps j'ai vécu Et je vis Souvent d'un point sans lieu Ce corps je l'entrevois martelé par les jours assailli par le temps Souvent d'un point sans lieu J'assourdis mon histoire De l'avant à l'après je... [Lire la suite]

samedi 15 juillet 2017

L'ILLUSION

Bleutée Fragile L'Illusion Racole Sur nos chemins de terre Porteuse de risques et d'étoiles Elle naît d'entre les dunes Comble nos vides Rachète nos chagrins Si l'œil lucide La traverse Elle s'écroule Essaimant voiles et chimères Blessant le souvenir Chute provisoire En attente Du prochain envol. .     ANDREE CHEDID     .     Photographie Nathalie Magrez mondessensibles.canalblog.com        
mercredi 12 juillet 2017

PAR-DELA LES MOTS...Extrait

Recueillir le grain des heures Éteindre l’étincelle Ravir un paysage Absorber l’hiver avec le rire Dissoudre les nœuds du chagrin S’imprégner d’un visage Moissonner à voix basse Flamber pour un mot tendre Embrasser la ville et ses reflux Écouter l’océan en toutes choses Entendre les sierras du silence Transcrire la mémoire des miséricordieux Relire un poème qui avive Saisir chaque maillon d’amitié   .   ANDREE CHEDID « Par-delà les mots »   .   Photograhie Hengki Koentjoro    
jeudi 15 juin 2017

LAMBEAUX

Lorsque nos mots se gercent Que nos rêves se plombent Que nos yeux s'emmurent La Poésie A l'envers des talus Ramifie le sens Élargit le secret Entraîne dans un souffle les poussières du jour les maillons nocturnes merveilles et détresses Vers un autre littoral.   .   ANDREE CHEDID Poèmes pour un texte (1970-1991)     .            
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samedi 8 avril 2017

LE TAMIS DU TEMPS ...Extrait

Les armes qui éventrent la terre Brisent l’enfant Dénaturent ses jeux - Quelle refonte de nos âmes Quelles alluvions de paix Quelles brassées d’amour Écarteront les mâchoires d’épouvante ? - Quelles paroles quels regards quelles mains Redonneront enfance A nos enfants en mal d’enfance ? .     ANDRE CHEDID     .     Oeuvre de Rabee Kiwan (Syrie)
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