dimanche 18 décembre 2016

LA FEUILLE

De toutes les feuilles que j’ai frôlées dans les taillis avant que le vent nomade ne les entraînât sur les routes,Je n’en veux retenir qu’une seule, la plus commune, mais qui les réunit toutesParmi les alertées, les craintives, les soleilleuses, la celle-làQui, dans le temps où elle appartenait encore à la branche, timidement bruissait entre les mots que j’écris là,Une feuille, pour que l’été sauvé ait son visage !Le peintre est plus heureux que le poète, qui sur sa toile assemble les couleurs et les paysages Rouges de sang, verts... [Lire la suite]

samedi 15 octobre 2016

JE ME SUIS HABITUE

Je me suis habitué à cette terreur lente, À la défaite acceptée, au profit de la mort. Dans ma voix se dessinent des îles, Mais les amis ne savent pas que je converse avec les morts. Heureux d'une journée, d'une rencontre au bord des routes Avec le cantonnier, ou, appuyé sur un bâton, Avec quelqu'un qui est déjà plus qu'un berger... La chair a une odeur de soufre. Mon poids s'est augmenté de ma fatigue et de sagesse. Il y a des portes dans les aires naufragés Et nous marchons, serrant au poignet Cette paresse, cette présence, une... [Lire la suite]
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lundi 2 mai 2016

EN PAYS DE VERTIGE...Extrait

Les chemins mènent tous au secret. Ils s'infléchissent à quelque tournant, on marche ainsi en pays réel et puis soudain hors du temps mesurable. On se retrouve enrichi de quelque épaisseur de vie étrange comme si l'on avait déjà vécu plusieurs existences. Pays à la brisure du crépuscule comme s'il voulait signifier qu'il est tard mais toujours temps. On ramène alors de ces sortes de regards, de ces voyages, la connaissance de l'être dilaté, perméable au possible, un réel annexé, magnifié. Dans ces randonnées en pays de vertige,... [Lire la suite]
mercredi 20 avril 2016

EN PAYS DE VERTIGE...Extrait

... Ne parle pas. Ne parle pas. Ne parle pas. L'air va fleurir. C'est un bouquet triste Vite fané. Sois prêt, le mur va s'ouvrir Et tu verras le versant de l'autre monde.   Chacun s'en va selon son rythme Avec un air de danse dans la tête, La réalité dans les bras. Chacun est Heureux, chacun est triste des mêmes choses.   La route est pleine de chansons inouïes Et le cœur de fleurs saccagées. . . . JEAN MALRIEU . .   . Photographie Thami Benkirane benkiranet.aminus3.com/  
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mardi 15 avril 2014

JEAN MALRIEU...Extrait

Nous ne dormirons plus parce que nous avons ouvert les yeux. Peut-il y avoir encore une maison et un amour ? Ma voix se couvre de feuilles. Dans ma mémoire ont respiré tant de soleils Que j'ai salué ma table et mon fauteuil comme des étrangers venus par la route des années-lumière. Je ne sais plus qui j'ai aimé mais c'était toi. J'ai le délire dans la main. Nous ne sommes plus seuls. Le temps est venu parmi nous. Entends-le aux fissures de l'horloge, Il parle de soleils et de destins. Nous le saluerons avec des pierres et des... [Lire la suite]
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dimanche 29 septembre 2013

LIBRE COMME UNE MAISON EN FLAMMES...Extrait

(…)Les allées du jardin, une à une, sortent de l’ombre, et le premier oiseau et la première abeilleEncore mal dégagés de la chevelure des ténèbres et des rumeursDans leur vol liquide se cognent contre les étoiles et les fleurs.Poète, à mon métier, tandis que se défait l’immense toile d’araignée céleste, la page du cahier où je travaille et que j’oubliais sur l’écritoireFut un miroir à son dernier quartier où toute la nuit s’est penchée, où vinrent boire,Écartant les souffles lascifs des roseaux, les bêtes nocturnes, la source nueEt je... [Lire la suite]
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dimanche 29 septembre 2013

JEAN MALRIEU

Cette page, c’est la nuit, elle brûle. Toutes les pages et les nuits brûlent, nuits sans étoiles mais avec beaucoup de formes délirantes qui sont les constellations de l’homme adulte. On y entre et nul ne sait quand il en sortira. Une nuit de draps froissés et d’herbes fortes, une nuit de forêt, une nuit paysanne, une nuit faite de miroirs, et de chuchotements, de spasmes, d’arbres qui frottent leurs branches, une nuit sans suite, de désespoir et de combat. Une nuit aveugle. La femme que j’aime est belle et mon sang lui appartient.... [Lire la suite]
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mardi 27 août 2013

LES MAISONS DE FEUILLAGES...Extrait

Et maintenant j'ai rendez-vous avec le petit jour Comme on n'aimerait pas en rencontrer au coin d'un bois. Comme il fait froid Dans un grand cœur qui s'ensommeille Versez la vie. Deux doigts, Deux doigts de femme De la tisane des grands vents. Cinq heures, dit l'horloge. La mousse du café s'assemble au bord de la tasse. On dit que ce sont les baisers perdus. La buée sur la vitre Est une femme qui regarde. Effacez la vitre. C'est vite le geste de l'adieu. L'air est une fourrure soluble. Dans la glace est restée une... [Lire la suite]
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dimanche 10 mars 2013

LE NOM SECRET

"La maison est pleine de rires. Aux voyageurs nous offrons sa coupe remplie d'éclats. Il y a le rire du grenier, de la maîtresse poutre, de la poussière de rire au plafond, le rire dans la pendule qui dit : " Souviens-toi. Hâte-toi de rire.", le rire dans le vaisselier, le rire gardé dans l'armoire. L'amour veut la santé de l'âme. Qui ne rit pas, ne vit pas. Je vous supplie avec mon rire. La treille a sa façon de construire ses grappes et les oiseaux qui vivent loin des hommes ont semblables plaisirs : le bec jaune du merle,... [Lire la suite]
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lundi 4 avril 2011

UNE FERVEUR BRÛLEE...Extrait

Je suis devant toi comme un enfant, plein de pluie et de ravages, au coeur d'un automne de silence comme au centre d'une place, assiégé par l'herbe brûlée. Je t'écris pour alléger le temps. Cette page que je griffonne est un miroir. D'elle va surgir un destin inattendu. Car ma lutte contre le temps est ancienne. J'écris toujours la même chose, elle est nouvelle. Que je lise à l'envers, à l'endroit, l'inquiétude est éclairée. Je n'y peux rien. Les années passent, me révèlent. Mon visage s'affirme sous la pluie fine des jours qui... [Lire la suite]
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