jeudi 11 juin 2009

UNE HISTOIRE DE BLEU...Extrait

L'un d'entre nous parfois se tient debout près de la mer.   Il demeure là longtemps, fixant le bleu, immobile et raide comme dans une église, ne sachant rien de ce qui pèse sur ses épaules et le retient, si frêle, médusé par le large. Il se souvient peut-être de ce qui n'a jamais eu lieu. Il traverse à la nage sa propre vie. Il palpe ses contours. Il explore ses lointains. Il laisse en lui se déplier la mer : elle croît à la mesure de son désir, cogne comme un bâton d'aveugle, et le conduit sans hâte là où le ciel a seul le... [Lire la suite]
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mercredi 10 juin 2009

UNE HISTOIRE DE BLEU...Extrait

Quand elle défait sa robe, l'homme se tait. Il regarde le corps à jamais bleu de la chimère et du désir. Il écoute s'amplifier sa plainte : tant de beauté pour rien. Le ciel et la mer, ce jour, sont de même chair. Peut-être l'horizon est-il la ligne de partage de l'âme.L'homme pèse à son prix le désastre qui le tient rivé à ses rêve, une écume quelconque sur la bouche, dans l'entre-deux du bleu et de l'azur. Jamais pourtant de son propre corps elle ne se dévêt. Elle ne consent à dénouer que ses cheveux, violets, dit-on, comme sont... [Lire la suite]
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samedi 9 mai 2009

UNE HISTOIRE DE BLEU...Extrait

(... ) Bleus au coeur, bleus à l'âme,bleu intense du bleuet devenu bien rare,bleu gris de nos ciels du nord.Une couleur qui se décline à l'infini. Il va pieds nus derrière le bleu.Il marchera longtemps vers l'horizon, sous l'abside fortifiée du ciel, pour le grand sacerdoce de la mer et sa liturgie d'algues sombres.Dans les basiliques de corail, l'infini parfois plie les genoux.C'est ici le logis incertain des dieux, leur cahute, leur cabane de vent, leur gibier de fer où suspendre la lessive de leurs robes blanches.L'oreille... [Lire la suite]
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jeudi 13 novembre 2008

LE POETE PERPLEXE...Extrait

"Que peut la poésie, sinon attester « la force de l'invisible » (Botho Strauss), en nous rappelant que nous sommes faits de mots, c'est-à-dire de légers signes sombres ne ressemblant à rien? Ou que nous abritons un laborieux peuple de fourmis qui même pendant la nuit travaille au fond de notre sommeil…« Notre chair physique c'est la terre, mais notre chair spirituelle c'est la parole.  "Elle est l'étoffe, la texture, la tessiture, le tissu, la matière de notre esprit"  (Valère Novarina, Devant la parole, P.O.L... [Lire la suite]
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dimanche 2 novembre 2008

L'INSTINCT DE CIEL...Extrait

"Et la main, que sait-elle des caresses auxquelleselle renonce? Le geste qui la crispe en referme lapaume. Il serre le pouce contre l'index et lemajeur. Il coince solidement la plume d'or. Il neprétend ni au bonjour ni à l'envol. Le dieu ne s'yintéresse pas: l'écriture sépare les mains que laprière conjoint. L'une et l'autre pourtant se res-semblent par cette espèce d'intimité paradoxalequ'elles instaurent avec ce qui demeure hors d'atteinte. L'une et l'autre conjurent l'absence.Mais là où l'une s'élève vers un dieu,... [Lire la suite]
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dimanche 12 octobre 2008

UNE HISTOIRE DE BLEU...Extrait

"Le ciel plaît-il à entendre ce léger bruit du coeur qui craque? Quand le bleu s'étrangle, lassé de battre, celui qui s'en va n'y voit rien. Il gémit, laisse aller sa tête sur son épaule, mais ne comprendra pas la nuit qui d'un coup s'est faite, non plus que la lumière dont il s'absente. Son cri n'est pas de souffrance mais de résignation : n'être cette fois qu'un homme, et s'y tenir. Une miette d'homme que la glaise avale, un bout de honte et de désirqui s'évapore, ne dérangeant en rien l'amour que cette terre se porte à elle-même.".... [Lire la suite]
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vendredi 10 octobre 2008

NE CHERCHEZ PLUS MON COEUR

Celui qui s'aventure ne porte pas de nom. La langue toute est son domaine. Agenouillé, il fouille avec des branches : un peu de terre dérange le ciel, de minces araignées patinent parmi les reflets. C'était sur les rives de la Meuse, à peu de pas du déversoir au tumulte incessant, ou bien en altitude, auprès d'un lac silencieux cerné de sapins, serti très haut dans la fraîcheur. Cela mélange ses eaux. Des paysages se superposent. Quelque source soudain imagine de jaillir, une écorce éclate, le torrent transparent enveloppe de glace... [Lire la suite]
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vendredi 10 octobre 2008

EL AZUL NO HACE RUIDO

El azul no hace ruido Es une color timido, sin doble intencion, presagio ni proyecto, que no se arroja bruscamente a la mirada como el amarillo o el rojo, sino que la atrae, la domestica poco a poco, le permite acercarse sin apremiarla, de modo que se submerge en el, se encueguece y se ahoga sin darse cuenta. El azul es un color propicio a la desaparicion. Un color donde morir, un color que libera, el color mismo del alma despues de haberse desembarazado del cuerpo, despues de haber salpicado toda la sangre y las visceras haberse... [Lire la suite]
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samedi 7 juin 2008

LE BLEU NE FAIT PAS DE BRUIT...

Le bleu ne fait pas de bruit. C'est une couleur timide, sans arrière-pensée, présage, ni projet, qui ne se jette pas brusquement sur le regard comme le jaune ou le rouge, mais qui l'attire à soi, l'apprivoise peu à peu, le laisse venir sans le presser, de sorte qu'en elle il s'enfonce et se noie sans se rendre compte de rien. Le bleu est une couleur propice à la disparition. Une couleur où mourir, une couleur qui délivre, la couleur même  de l'âme après qu'elle s'est déshabillée du corps,  après qu'a giclé tout le... [Lire la suite]
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samedi 7 juin 2008

BELLE ÂME...

Ame. Le plus fragile et désiré de tous les mots. Le plus muet de la langue. J'ai creusé dans ma voix de minuscules pierres blanches. Il s'est tu doucement, tachant la nuit de son incandescence. Je bavarde sa nostalgie. Vide de sens, voici un mot que maintenant l'on peut écrire. Et je ne souhaite écrire que des mots pareils à celui-là: mots-fossiles, on ne doit surtout pas les comprendre. Bout à bout, ils feraient de précieux colliers. Isolément, ils sont les alliances de l'aléatoire et scellent un amour sans objet, un amour... [Lire la suite]
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