samedi 7 juillet 2012

LETTRE A L'ENFANT QUI DORT ( OU L'ENFANCE ALGERIENNE )...Extrait

 Je viens d’un monde ailleurs   Ici on dit treize heures.....mais là-bas.......   Connais-tu cette chaleur brûlante d'une heure ? Quand l'ombre de l'église et des platanes se fait si petite que tu prends ton souffle avant de traverser la rue pour vite aller te tapir dans une autre ombre ?   Même les bruits s'y font différents, secs, brefs et mats. Tiens, je me souviens... Même la cloche de l'église retenait son souffle pour pousser son plus petit cri de la journée. A cette heure, la place, le kiosque, les... [Lire la suite]

mardi 3 juillet 2012

ALGÉRIE, LE CHEMIN OU LE LOUP GUETTAIT...

Le cristal de l’enfance s’ébrèche quand vient le loup. L’hiver 1954, le loup guettait quand il prit Grand-père. Aucun rire, aucun blagueur ne résiste à son l’appel. Même Sethi, le vieux Sethi, celui qui lui rendait visite, l’ami revenu du Chemin des Dames, l'avait rejoint avec son tablier de pauvre et sa béquille. Longtemps qu'il toussait des restes de gaz moutarde, longtemps que le cri du fauve soufflait dans ses vieilles bronches. La campagne grondait comme une souricière. La mort avait de longues dents. À 8 ans, à la Toussaint,... [Lire la suite]
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vendredi 8 juin 2012

NE CROYEZ PAS L'HISTOIRE

Amis ne croyez pas l’Histoire elle n’est pas faite que de gloriole et de médailles de torses bombés sous la mitraille Amis ils étaient hommes fragiles et beaux Ils étaient pères ils étaient frères ils étaient fils Quand à traverse vie dans le profil aigu d’un cri de mitrailleuse loin des grands jours où l’on parade ils jouaient nos libertés leurs vies et leur amours Amis quand, dans la fumée âpre d’une dernière Gauloise la mort claironne ses fleurs d’ossuaires et mêle dans une farouche ironie bourreaux et victimes Amis d’ici,... [Lire la suite]
vendredi 27 janvier 2012

ME FALLAIT-IL SAVOIR

Les larmes, le vent et les nuages parfois volent si bas Que l’on en a le visage mouilléSi bas, que pour ne pas mourir, il nous faut rouvrir de vieux soleilsEt, aux archives de l’intime, retrouver les yeux lumières et les jeuxQue l’on posait sur ces jours en fêtes où les bougies brillaient Dans la diagonale des siècles, Capitaine passé, je viens de loinJe viens du bal des nuits et d’une valse des jours Où se cachent tant de sortilègesQu’il me faut passer les frontières pour déterrer l’enfanceMe fallait-il savoir que pour être homme... [Lire la suite]
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vendredi 13 janvier 2012

LA PRISON EST-ELLE LA MAISON DES POETES ?

 Parfois les grands inquisiteurs bâtissent des rumeurs pour tuer les peuples Parfois l’intérêt supérieur des morales inférieures est de tuer la vérité Parfois les petits accusent leurs chiens de la rage pour pouvoir les tuer Parfois les puissants accusent les poètes pour tuer les consciences Souvent l’oiseau de la conscience est au bout d’un fusil Souvent le chancre de l’ambition enfante des serpents Souvent par crime la morale efface sa culpabilité Souvent détruire est plus facile qu’avouer Il est des pays où cisailler le... [Lire la suite]
mercredi 28 décembre 2011

QUAND SILENCE RENCONTRA PETITE PHRASE ( CONTE POUR LES ENFANTS DE MON ÂGE )

Silence s’écoutait, s’étirait dans l’ombre de l’horloge. Il se mesurait, se comparait à la taille du ciel et des nuages, réfléchissait. Était-il aussi profond qu’on le dit ? Silence pensa aux imbéciles qui le croyaient muet, lui qui inlassablement se parlait sans dire mot. Un frisson de peur soudain le fit frémir, un petit bruit frappait à sa porte. Non pas un petit bruit : un sorte de bruit vagabond ou de bruit qui court, plus exactement : une petite phrase. Silence s’inquiéta : était-ce un bruit perdu, une phrase... [Lire la suite]

mardi 23 août 2011

ENTRE LE CROIRE ET L'OMBRE

J’ai toujours su qu’il me faudrait marcher entre le croire et l’ombre. J’ai eu froid, mais j’ai vu la lune et les étoiles. Je ne me suis pas frotté au ciel, la pelure de mon chat est plus douce, moins incertaine, moins cruelle, plus vraie. De la vie, je n’ai attrapé qu’un murmure, mais l’amour chuchotait. Entre le croire et l’ombre, j’ai pris des coups de blues, des coups de soleil et des coups de froid, mais l’amour m’a toujours réparé. . JEAN-MICHEL SANANES .
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lundi 22 août 2011

PROMESSE DE L'AUBE GRISE ...PAMPHLET

Je suis assis, carrefour des aubes grises, là où vacillent des champs d’espoirs anciens. Les petits bonheurs font illusion, les grands bonheurs sont en croise-ailleurs.  Je viens de loin, j’ai fait le voyage intérieur, j’ai fait le compte et le décompte, j’ai l’âme ébréchée, le cœur écorché, l’oiseau qui m’habitait semble cloué à de vieilles nostalgies. Pour la première fois depuis cent mille ans, pour la première fois depuis que j’ai quitté mes grottes du Hoggar, depuis que mon frère de Tautavel a migré emportant le cri des... [Lire la suite]
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samedi 6 août 2011

QUAND LA NUIT DERAILLE

J’ai le cœur sédentaire et l’âme vagabonde Quand la nuit déraille, je suis l’enfant du cri Je viens d’une autre mémoire Plus grande que l’ici, aussi vaste que l’ailleurs.   J’habite le passé de l’absence Je ne suis que l’odeur d’un regret L’ombre pâle d’un anonyme Une feuille d’automne que l’hiver piétine.   Te souviens-tu du cri lointain du chèvrefeuille ? De la déchirure du soir sur l’envolée des hirondelles ? De l’odeur du désir dans la moiteur des étoiles ? Du vent à l’arrêt aux... [Lire la suite]
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samedi 4 juin 2011

J'AI VOYAGE

J’ai voyagé, j’ai vu, j’ai rencontré. J’ai cru, cru me tromper, cru aimer, cru que le vrai avait une couleur, cru que le malheur, le bonheur, comme toutes choses, avaient leur couleur. Je ne savais pas les larmes de joie, les rires de douleur et le festin des pélicans. Je ne savais pas qu’il y a dedans et dehors, je croyais le bien et le mal partout pareils. Je croyais que le bonheur du maître et celui de l’esclave avait une même odeur. Je n’avais rien vu du dehors. Je croyais au blanc et au noir je ne savais rien du "ni blanc ni du... [Lire la suite]
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