dimanche 28 mai 2017

JOEL GRENIER

Au jardin de l'improbable, j'avais planté le clou. Rien n'a su pousser qu'une clé des songes sur un fond de soleil. Il suffisait de pousser le cœur, tout était ouvert, et le toi profond et le moi d'été, journée porte ouverte. Il a fallu que je me suspende à un coin de tes yeux pour comprendre à la fin qu'il n'y avait pas de serrure. La clé ne servait, à la vérité, qu'à garder le secret.   .   JOEL GRENIER   .    
Posté par emmila à 07:53 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

mardi 9 mai 2017

JOEL GRENIER...Extrait

Tu verras, tous les deux, on ira à la mer peut être pour fermer les yeux, comme quand on était jeune et qu'on s'aimait moins fort. Je tiendrai par la taille un frisson de jeunesse que tu auras gardé pour te blottir encore dans nos silences complices. Je te dirai la vague, tu me diras l'élan, on entendra le vent nous bercer d'éternité. Et l'on sera heureux comme si c'était hier, comme si c'était le temps des marées à l'étale. Et le soir venant, nous aurons de l'écume sur nos rires comme si nous avions joui une nouvelle fois.   .... [Lire la suite]
Posté par emmila à 09:49 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , , ,
mardi 14 mars 2017

JOEL GRENIER...Extrait

J'ai dormi à la rose, sous son collier de perles. Elle disait quelque chose dans la langue des pensées et ses pétales s'ouvraient aux magies des jardins de l'aube blanche Des parfums de pluie se mêlaient à la terre au fond des vases sacrés. La nuit pleurait en cristal des larmes de velours comme font les vestales quand elles frôlent le bonheur. J'ai dormi à la rose pendant un siècle et demi. Le temps était suspendu à la pointe d'un sein. Rose...   .   JOEL GRENIER   .          
Posté par emmila à 17:17 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,
mardi 28 février 2017

JOEL GRENIER...Extrait

C'était le temps où les us faisaient coutumes. C'était hier, c'était là-bas. C'était le temps où les armoires cachaient des secrets pour faire l'avenir que les mères savaient. Quand les filles rougissaient aux premiers chants d'oiseaux, quand leurs yeux agrandis se bordaient d'un air de mystère et que leur ventre bouillonnait d'un sang neuf de printemps, la mère l'entendait et gardait le silence. Mais elle sortait de sous les draps sans taches promis aux nuits de noces que la lune appelle, le collier qu'elle reçut de sa mère qui... [Lire la suite]
Posté par emmila à 16:40 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,
dimanche 18 décembre 2016

JOEL GRENIER...Extrait

 "Pourquoi a-t-il fallu qu’un bout de nuit s’entasseAu fond de cette allée oubliée par le temps,Que la pluie de janvier recouvre de sa crasseCes semblants de pavés balayés par le vent?Pourquoi a-t-il fallu que des ombres sans âme,Fantômes du Néant, viennent s’y perdre un soir,Pour planter le décor d’un mauvais mélodrame,D’un film de quatre sous sur un écran trop noir?Pourquoi a-t-il fallu qu’une femme perdueDépose son bébé dans les bras du hasard?Personne n’habite cette maudite rueQui ne fait après tout qu’abriter le... [Lire la suite]
Posté par emmila à 18:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , ,
mardi 8 novembre 2016

JOËL GRENIER

"Le murmure de ses lèvres comme une brume légère pour taire les plaies. Le doux de son regard comme un voile de ouate pour cacher les blessures. Ses mots étaient des soleils rares qu'elle plantait dans le ciel quand il était chagrin.Elle était magicienne, princesse du silence au milieu des tourments et d'un geste discret, apaisait les vagues quand elles se faisaient grosses.Elle avait sur sa peau un drap de velours qu'elle baissait un peu quand on lui faisait la cour.J'attends l'hiver qui lui ressemble pour me réchauffer."   . ... [Lire la suite]
Posté par emmila à 18:36 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

mercredi 19 octobre 2016

JOËL GRENIER...Extrait

Sur la route de plus tard, assise en tailleur de rêves, elle comptait sur les feuilles les projets du printemps. Un, deux , trois, soleil d'automne, les arbres s'en souviennent qui se parent de feu. Je l'aime un peu, beaucoup et même à la folie des hivers qui se rapprochent pour se tenir chaud quand les corps s’effeuillent dans un roman d'amour. Entre ses doigts, la vie est un sacré herbier...   .   JOËL GRENIER   .        
Posté par emmila à 18:06 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,
lundi 22 août 2016

JOEL GRENIER...Extrait

Un jour, il partira au bord des rives roses, le corps à moitié nu pour se vêtir de vent. Avec une envie folle de chasser les nuages de quelques traits lancés au hasard des mots. S'il lui faut prier pour défaire la mer de ces tâches rouges qui racontent le sang de tous les opprimés, il le fera, je crois, le doute agenouillé sur un mauvais prie-dieu. Mais les vagues retireront sa plainte en dénonçant les hommes et leurs idoles. Alors, le corps à moitié nu pour se vêtir d'oubli, il entrera dans l'eau pour vivre dans la paix des... [Lire la suite]
Posté par emmila à 13:25 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,
vendredi 12 août 2016

JOEL GRENIER...Extrait

Elle coule au fond des bois, la source, pour remettre de la couleur dans le cœur des buissons. Mais l'on ne sait toujours pas s'il faut croire à la légende d'un femme qui s'y baignait. On dit qu'un homme moitié humain, moitié poète, la regardait chaque fois qu'elle se mettait nue pour se laver de quelque hier. Et que les arbres murmuraient dans le bruissement de leurs feuilles qu'ils n'avaient jamais vu eau si claire dans le reflet de ses soupirs. Il paraît que depuis ce temps, un poème coule de source et que des rimes, en attendant,... [Lire la suite]
Posté par emmila à 18:55 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,
dimanche 31 juillet 2016

JOEL GRENIER...Extrait

Du jardin des secrets, les portes s'ouvrent sans faire de bruit, comme un aveu qui perce les murs du silence.Sans doute était-il temps de partager la lumière, la confidence des ombres pour ouvrir les allées aux fleurs.C'est un murmure du ciel qui lézarde au soleil, une envie de lierre qui rampe jusqu'aux demains où les feuilles vierges se lisent pour le plaisir de se vriller aux cœurs.Entrez, les herbes folles ! Il n'y a plus d'hellébore pour vous soigner ! Il n'est plus que la rose de noël pour entendre l'appel des petites boules... [Lire la suite]