mercredi 22 août 2012

CARTA DE AMOR

Todo lo que de vos quisieraes tan poco en el fondoporque en el fondo es todocomo un perro que pasa, una colina,esas cosas de nada, cotidianas,espiga y cabellera y dos terrones,el olor de tu cuerpo, lo que decís de cualquier cosa,conmigo o contra mía,todo eso que es tan pocoyo lo quiero de vos porque te quiero.Que mires más allá de mí,que me ames con violenta prescindenciadel mañana, que el gritode tu entrega se estrelleen la cara de un jefe de oficina,y que el placer que juntos inventamossea otro signo de la libertad. . JULIO... [Lire la suite]

mardi 17 juillet 2012

MARELLE

Je pense aux gestes oubliés, aux multiples gestes et propos de nos ancêtres, tombés peu à peu en désuétude, dans l'oubli, tombés un à un de l'arbre du temps. J'ai trouvé ce soir une bougie sur une table, et pour m'amuser je l'ai allumée et j'ai fait quelques pas avec elle dans le couloir. Elle allait s'éteindre quand je vis ma main gauche se lever d'elle-même, se replier en creux, protéger la flamme par un écran vivant qui éloignait les courants d'air. Tandis que la flamme se redressait, forte de nouveau, je pensai que ce geste avait... [Lire la suite]
samedi 16 juin 2012

CREPUSCULE D'AUTOMNE...Extrait

« Et ainsi quoi d’autre que de rester les bras pendants, le cœur entassé et ce goût de poussière que fut fleur ou chemin   Le vol dépasse l’aile. Sans humilité, savoir que ce qui reste a été gagné à l’ombre par œuvre de silence ; que la branche dans la main, que la larme obscure sont héritage, l’homme et son histoire, la lampe qui éclaire. » . . . JULIO CORTAZAR . . .    
jeudi 1 décembre 2011

CANTOS ARGENTINOS

Tiempo hueco barato parte donde guitarras blanda se enredan en las piernas y mujeres sin rostro sin senos ni pestañas con el vientre de piedra lloran en los caminos. Ah giro de los vientos sin pájaros sin hojas los perros boca arriba olfatean en vano un material desnudo de fragancia y contento un aire sin perdices sin tiempo sin amigos una vida sin patria un silencio de látigo que ni siquiera azota II El río baja por las costas con su alternada indiferencia y la ciudad lo considera como una perra perezosa. Ni amor, ni espera,... [Lire la suite]
vendredi 6 mai 2011

VEREDAS DE BUENOS-AIRES

De pibes la llamamos “la vedera”y a ella le gustó que la quisiéramos,En su lomo sufrido dibujamos tantas rayuelas.Después, ya más compadres, taconeando,dimos vueltas manzana con la barra,silbando fuerte para que la rubia del almacénsaliera con sus lindas trenzas a la ventana.A mí me tocó un día irme muy lejos pero no me olvidé de la vedera.Aquí o allá las siento en los tamangoscomo la fiel caricia de mi tierra.¡Cuánto andaré por ahí hasta que pueda volver a verla? . JULIO CORTAZAR .  

vendredi 6 mai 2011

LES TROTTOIRS DE BUENOS-AIRES

Quand nous étions gosses,on l'appelait "le troittor"et ça lui plaisait qu'on l'aimât.Sur son dos patient nous avons dessinétant de marelles. Plus tard, déjà crâneurs, claquant des talons,nous tournions en bande autour des ruesen sifflant fort pour que la blondede l'épicerie se montre à la fenêtre. Un jour se fut mon tour de partir très loinmais je n'ai jamais oublié "les troittors". Ici ou là-bas, je les sens dans mes semelles  comme la caresse fidèle de ma terre.. JULIO CORTAZAR . Photographie Gérald Bloncourt   ... [Lire la suite]
vendredi 11 février 2011

CREPUSCULE D'AUTOMNE...Extrait

La Croix du Sud me manquelorsque la soif me fait lever la têtepour boire ton vin noir de minuit.Et me manquent les coins des rues où somnolent     les épicerieset où le parfum de l’herbe tremble dans     la peau de l’air.Comprendre que cela est toujours là-bascomme une poche où à chaque instantla main cherche une monnaie le canif     le peignela main infatigable d’une mémoire obscurequi recompte ses morts.La Croix du Sud le maté amer.Et la voix des amiss’usant avec d’autres. . JULIO... [Lire la suite]
vendredi 11 février 2011

SALVO EL CREPUSCULO...Extracto

Extraño la Cruz del Sur cuando la sed me hace alzar la cabeza para beber tu vino negro medianoche. Y extraño las esquinas con almacenes      dormilones donde el perfume de la yerba tiembla      en la piel del aire. Comprender que eso está siempre allá como un bolsillo donde a cada rato la mano busca una moneda el cortapluma      el peine la mano infatigable de una oscura memoria que recuenta sus muertos. La Cruz del Sur el mate amargo. Y las voces de amigos usándose con otros. . ... [Lire la suite]
samedi 4 décembre 2010

INSTRUCTIONS POUR REMONTER UNE MONTRE

Instructions pour remonter une montre Là-bas au fond il y a la mort, mais n'ayez pas peur. Tenez la montre d'une main, prenez le remontoir entre deux doigts, tournez-le doucement. Alors s'ouvre un nouveau sursis, les arbres déplient leurs feuilles, les voiliers courent des régates, le temps comme un éventail s'emplit de lui-même et il en jaillit l'air, les brises de la terre, l'ombre d'une femme, le parfum du pain. Que voulez-vous de plus? Attachez-la vite à votre poignet, laissez-la battre en liberté, imitez-la avec ardeur. La peur... [Lire la suite]