lundi 8 août 2016

UN SANG D'ENCRE...Extrait

La banlieue, même black ou basanée, ce n'est pas l'autre, mais une part de nous-mêmes entrée en dissidence. La part mal logée, mal nourrie, si mal irriguée qu'elle se gangrène. Et peut-être la plus intime, parce que la plus désenchantée. Qu'on l'oublie le jour, on la retrouve le soir, à son chevet, pour entrer dans le sommeil. Qu'est-ce donc qui leur manque, qui nous manque, en secret, dans ces parages du cœur ? Le pain ? Ils en ont assez, quoi qu’on en dise, pour ne pas crever. Du travail ? Sans doute, mais encore, mais après ?... [Lire la suite]

lundi 18 juillet 2016

DE CHAIR ET DE MOTS...Extrait

Merci Thami   Qu'on regarde au dehors, le dedans vous reprend. On voudrait être au monde, on ne sait qu’échapper. Et tous ceux-là qu’on croise et voudrait arrêter ont le pas trop rapide et sont pris par l’élan. Qui parle des lointains évoque une autre vie. Et c’est pour mieux tromper ce sentiment de n’être qu’en exil ici-bas, un voyageur peut-être mais qui ne pèse pas et reste sans appui. Nous avons des manies de vivants qui s’absentent, qui pour prendre enfin pied s’accrochent à des leurres en faisant reculer l’horizon... [Lire la suite]
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vendredi 27 septembre 2013

FRERES DE TERRE

Je n'ai pas de frères de race, J'ai des frères de condition, des frères de fortune et d'infortune, de même fragilité, de même trouble et pareillement promis à la poussière et pareillement entêtés à servir si possible à quelque chose à quelqu'un , même d'inconnu, à quelque frère de même portée, de même siècle, ou d'avenir...   Je n'ai pas de frères de race, ni de religion, ni de communauté, pas de frère de couleur, pas de frère de guerre ou de combat, je n'ai que des frères de... [Lire la suite]
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mardi 6 août 2013

DE CHAIR ET DE MOTS...Extrait

 J’écris pour rendre enfin à tous ceux qui l’ont fait, à ces jeux gouvernés, à ce ghetto des squares, un vieux gamin fantoche, idiot et dérisoire, le fantôme entêté d’un clown insatisfait.    J’écris pour tenir tête au silence établi, pour rallumer des mots éteints par l’habitude et les garder vivants face à cette hébétude qui pétrifie le cœur et qui nous désunit.   J’écris pour mieux aimer, poème aux mains tendues, et j’invite chacun au creux de sa mémoire à raviver sa soif pour lui donner à boire ... [Lire la suite]
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vendredi 24 mai 2013

L'ALCOOL DES VENTS...Extrait

Je rends grâce au temps perdu, le nez au vent, aux rêveries qui finiront bien par faire un jour le monde meilleur,aux jours chômés, aux heures de grève et à la moindre seconde volée au chapelet de nos pointeuses.A ces instants qui ont creusé nos puits et que l’on dit enfuis quand ils ne cessent de nous poursuivre.A tes épaules légères qui n’avaient qu’à frissonner dans l’air du soir pour que nous existions.Je rends grâce à toute parenthèse, au temps retrouvé, le nez au vent, dans une odeur de foin coupé et de vacances,à la madeleine... [Lire la suite]
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vendredi 24 mai 2013

DE CHAIR ET DE MOTS...Extrait

Qu’on regarde au dehors, le dedans vous reprend.On voudrait être au monde, on ne sait qu’échapper.Et tous ceux-là qu’on croise et voudrait arrêter ont le pas trop rapide et sont pris par l’élan.Qui parle des lointains évoque une autre vie.Et c’est pour mieux tromper ce sentiment de n’être qu’en exil ici-bas, un voyageur peut-être mais qui ne pèse pas et reste sans appui.Nous avons des manies de vivants qui s’absentent, qui pour prendre enfin pied s’accrochent à des leurres en faisant reculer l’horizon qu’ils s’inventent.Partir est... [Lire la suite]
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mardi 22 janvier 2013

LES CHANTS DU REGARD...Extrait

L'analogie est dans le regard, déjà.Rousseurs d'une poire,transparence d'un raisin.L'œil les érotise.Dans leur reflet tout se dessine,le satin de la grappe,le galbe de la croupe,l'ambre du nu,des métaphores plein les yeux du désiret, derrière le miroir,le fruit charnu de la parole. .   MICHEL BAGLIN   .   Photographie Jean Dieuzaide    
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mardi 29 mai 2012

JE RENDS GRÂCE...Extrait

Je rends grâce à ce qui déroute, fausse les compas, arrête la montre. Au grain de sel ou de ciel dans l’engrenage froid des journées. Aux accès de fièvre qui affûtent les nerfs, aux impromptus du doute, aux coups de blues. Aux renvois lyriques des révoltes assagies, aux crises de foi,    comme à ces états d’âme tellement décriés sans lesquels un homme ne serait jamais qu’une raclure de bidet.   (…)   Je rends grâce à qui se cabre,    certain pourtant que le cimetière sauvage de l’humus le réconciliera... [Lire la suite]
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samedi 17 mars 2012

GITANE

Elle n'est pas contre le fait qu'on la photographie. Elle est belle et n'a rien à prouver ni rien à perdre, pas même son naturel. Elle veut bien poser un peu, là, comme on l'a surprise, l'enfant tétant son sein dans les rues de Sacro-Monte, le visage ouvert à l'avenir. Elle admet être un emblème. Le temps d'un cliché. La tête haute et le regard fier, mais une ride au front pour le jeu ou l'ironie. Elle n'est pas dupe, elle accepte d'être souveraine. Pour tous les siens derrière elle, leurs vies levées dans les voiles du vent, leurs... [Lire la suite]
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vendredi 13 janvier 2012

VIATIQUE

J’emporterai du pays des vivants le viatique des ombres qui s’allongent vers le soir, des aboiements de chiens dans le lointain, tout ce banal entraperçu qui leste les passagers du quotidien : des cabanes à lapins dans les jardins triangulaires des garde-barrières, un gosse penché sur une écluse, deux vélos emmêlés sur un talus. J’emporterai venus d’un temps de lenteur, de rareté des choses, des images pauvres comme lichen de vieux ciments, des roses trémières poussant au secret d’une arrière-cour de ville, les pavés disjoints d’une... [Lire la suite]
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