samedi 19 janvier 2013

TOUT N"EST PAS DIT

Croire que « tout a été dit » et que « l’on vient trop tard » est le fait d’un esprit sans force, ou que le monde ne surprend plus assez. Peu de choses, au contraire, ont été dites comme il le fallait, car la secrète vérité du monde est fuyante, et l’on peut ne jamais cesser de la poursuivre, l’approcher quelquefois, souvent de nouveau s’en éloigner. C’est pourquoi, il ne peut y avoir de répit à nos questions, d’arrêt dans nos recherches, c’est pourquoi nous ne devrions jamais connaître la mort intérieure, celle qui survient quand... [Lire la suite]

lundi 7 janvier 2013

PENSEES SOUS LES NUAGES...Extrait

Quelqu'un tisse de l'eau (avec des motifs d'arbresen filigrane). Mais j'ai beau regarder,je ne vois pas la tisserande,ni ses mains même, qu'on voudrait toucher.Quand toute la chambre, le métier, la toilese sont évaporés,on devrait discerner des pas dans la terre humide... .   PHILIPPE JACCOTTET   .    
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lundi 7 janvier 2013

AIRS...Extrait

Là où la terre s'achèvelevée au plus clair de l'air(dans la lumière où le rêveinvisible de Dieu erre)entre pierre et songeriecette neige : hermine enfuie   . PHILIPPE JACCOTTET   .    
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vendredi 21 décembre 2012

A LA LUMIERE DE L'HIVER...Extrait

« Écoute, écoute mieux, derrière tous les murs, à travers le vacarme croissant, qui est en toi, hors de toi, écoute… Et puise dans l’eau invisible où peut-être boivent encore d’invisibles bêtes après d’autres, depuis toujours, qui sont venues, silencieuses, blanches, lentes, au couchant (ayant été dès l’aube obéissantes au soleil sur le grand pré), laper cette lumière qui ne s’éteint pas la nuit mais seulement se couvre d’ombre, à peine, comme se couvrent les troupeaux d’un manteau de sommeil. »   PHILIPPE... [Lire la suite]
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mercredi 10 octobre 2012

L'ENCRE SERAIT L'OMBRE...Extrait

Je parle pour cette ombre qui s’éloigne à la fin du jour ou n’est-ce pas plutôt elle qui chante en s’éloignant, son pas qui parce qu’il l’emporte dans les champs parle avec toute la douceur de la distance ?   Quel est cet air plus mélodieux que l’air, sinon la déchirure même et la distance de la terre qui murmure amoureusement, sinon les heures qui de passer font une suite de paroles ?   Qui disparaît ne pleure point, mais chante. Les arbres,... [Lire la suite]
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mercredi 18 juillet 2012

LES CORMORANS...Extrait

Oui, on cherche à se laver les yeux, on poursuit l'inconnu. Les yeux veulent boire de nouveau, enfin, à quelque chose de vif, de frais, de caché et d'inaltéré comme une source. Autour de soi, trop près de soi, on ne sait plus le trouver. Alors, comme un enfant, comme quiconque rêve et ne peut s'empêcher de rêver à ce qui est a "de l'autre côté de la montagne" ou "derrière le mur", à l'invisible, on franchit les frontières en s'imaginant qu' aussitôt ce pas fait, tout sera différent, comme diffèrent les drapeaux et les noms qui... [Lire la suite]
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mardi 17 juillet 2012

PAYSAGES AVEC FIGURES ABSENTES...Extrait

"C'est juste ce qu'il faut d'or pour attacher le jour à la nuit, cette ombre (ou ici cette lumière) qu'il faut que les choses portent l'une sur l'autre pour tenir toutes ensemble sans déchirure. C'est le travail de la terre endormie, une lampe qui ne sera pas éteinte avant que nous ne soyons passés."  . PHILIPPE JACCOTTET .  
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vendredi 11 mai 2012

PAYSAGES AVEC FIGURES ABSENTES...Extrait

L'immédiat : c'est à cela décidément que je m'en tiens, comme à la seule leçon qui ait réussi, dans ma vie, à résister au doute, car ce qui me fut ainsi donné tout de suite n'a pas cessé de me revenir plus tard, non pas comme une répétition superflue, mais comme une insistance toujours aussi vive et décisive, comme une découverte chaque fois surprenante. Il me semble même, maintenant, que je comprends cette leçon un peu mieux, sans qu'elle ait perdu de sa force. Mais il est impossible de la résumer en une formule où elle tiendrait... [Lire la suite]
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lundi 2 avril 2012

ET NEANMOINS...Extrait

Travaillant au jardin, je vois soudain, à deux pas, un rouge-gorge ; on dirait qu'il veut vous parler, au moins vous tenir compagnie : minuscule piéton, victime toute désignée des chats. Comment montrer la couleur de sa gorge ? Couleur moins proche du rose, ou du pourpre, ou du rouge sang, que du rouge brique ; si ce mot n'évoquait une idée de mur, de pierre, même, un bruit de pierre cassante, qu'il faut oublier au profit de ce qu'il évoquerait aussi de feu apprivoisé, de reflet du feu ; couleur que l'on dirait comme amicale,... [Lire la suite]
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samedi 17 mars 2012

L'EFFRAIE....Extrait

Sois tranquille, cela viendra ! Tu te rapproches, tu brûles ! Car le mot qui sera à la fin du poème, plus que le premier sera proche de ta mort, qui ne s'arrête pas en chemin. Ne crois pas qu'elle aille s'endormir sous des branches ou reprendre souffle pendant que tu écris. Même quand tu bois à la bouche qui étanche la pire soif, la douce bouche avec ses cris doux, même quand tu serres avec force le nœud de vos quatre bras pour être bien immobiles dans la brûlante obscurité de vos cheveux, elle vient, Dieu sait... [Lire la suite]
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