vendredi 17 mars 2017

LA BALAFRE

Dieu sait que tu es une terre battue, exploitée, casernée ! Tu es la Terre et tu peux bien te permettre d'en rire.   Un buisson toujours prêt à exploser au regard sur une parcelle que l'on dit pauvre, faute de savoir ce qu'est la profonde richesse, l'admirable ressource, tu es là, dans ce clin d'oeil  - et le troupeau se sera dissipé - tu es assurée de fermer la marche.   Tu es là, cloîtrée dans ta rage innocente et les replis de ta chair. Tu es comptable du terrible et ils ne le savent pas ceux qui, un... [Lire la suite]

dimanche 26 février 2017

PAROLE D'OMBRE

Il y a une parole confiée au silence, que l'ombre nous transmet. Une parole d'effacement qui est parole de tendresse. Peut-être pourrions-nous aussi parler de bonté. Lavis d'ombre sans que soit raturée cette lumineuse coulée qui la contient. Mais plus proche de notre dénuement. Je crois à cette parole d'ombre. Elle n'est pas jeu de lumière ou de solitude mais ce que nous pouvons comprendre d'un dialogue qui se fait, qui se défait en nous. A chaque instant. Car nous ne pouvons comprendre que l'ombre. La brisure de l'éclat. Affamés... [Lire la suite]
vendredi 23 décembre 2016

LE JARDIN SUSPENDU...Extrait

 Toujours les choses se dérobent et laissent le regard errer sur cette nappe de clarté dont la douceur n’est que l’approche de la pierre  pour de violentes noces imparfaites.  Et l’entaille demain à la mesure du corps entier,  de quel cri s’éveillera le chemin ? Sous les paupières d’amande glisse le fruit des larmes évaporées,  dur sommeil, long soleil de la besace des pauvres.     PIERRE-ALBERT JOURDAN       Oeuvre Joyce Gehl
mardi 31 mai 2016

LE BONJOUR ET L'ADIEU...Extrait

Je viendrai mordillant une brindille de thymfleurs minuscules d'un ciel accouruô terre en quelle nuit est né ce désir?Je viendrai faire éclater ce criqu'il ne perde pas dans la longue fuite d'espacequand se creusent et s'effacent les barrières...Quand viendras-tu?le chardon est jeté au feula poussière roule sous la porteÔ paysage je t'ai rêvé trop démunitraînant ma faim de toijouant de ce retour mais on ne guérit pasde la blessure irréparableun peu de vent qui frôle mon épauleme lègue ton parfum. .   PIERRE-ALBERT JOURDAN ... [Lire la suite]
dimanche 29 mai 2016

LE COEUR D'OCTOBRE...Extrait

Quand l'été reviendra le ciel des lavandes ô coeur! Le poème aura accompli un peu du chemin de poussière la beauté n'aura cessé de veiller à la consommation de ses registres le lézard dressé auprès d'elle mourra intouché dans ce feu foulant les hautes herbes je saisis l'amertume de l'air l'âpre semonce au levant le nom déjà s'efface le ciel maternel soudain par-delà les combes noires (la paille dorée bientôt foulera les terres patientes) la pureté du silence et les lèvres dans un souffle formant un oui.   .   ... [Lire la suite]
dimanche 29 mai 2016

PIERRE-ALBERT JOURDAN...Extrait

Tremblement du matin. Souffle si léger qu'on le dirait messager. Feuillages caressés sans bruit. Douce toilette. Simple messager, porteur de baume, de la liqueur de vie. Messager qui efface les murailles, ne laisse qu'une façade. Qui te laisse cette façade, que tu l'effaces, que tu rejoignes ce messager. Pas besoin de gaspiller tes forces. Comment dire ? C'est un travail d'esprit à esprit, d'éliminations successives. Le messager est immobile, il te voit nommer les distances mais que pourrait-il savoir de l'éloignement,... [Lire la suite]

samedi 14 mai 2016

LE BONJOUR ET L'ADIEU...Extrait

Merci à Sylvie ...  Toujours les choses se dérobent et laissent le regard errer sur cette nappe de clarté  dont la douceur n’est que l’approche de la pierre pour de violentes noces imparfaites.  Et l’entaille demain à la mesure du corps entier,  de quel cri s’éveillera le chemin ? Sous les paupières d’amande glisse le fruit des larmes évaporées, dur sommeil, long soleil de la besace des pauvres. ...    La parole chargée de guérir a dressé cette ruine  de quelques chardons... [Lire la suite]
jeudi 29 octobre 2015

LE BONJOUR ET L'ADIEU...Extrait

... Ce sont des battements d’ailes très douxdans la banalité grise d’un ciel éteinton entend cette voixtapisserie disjointe de la terrelaisse rousse semée d’oiseauxon entend ce murmure déchirantsauvé…provisoire…on ne peut se fier qu’à ces ailes douceson ne peut que bâtir sur l’absenceen son nom d’angecar la piété ce beau nuage basnous conduit vers cette porte de nous-mêmesoù de grands chiens fauves s’endormentsur une herbe scintillantenommant clarté cette dépossession infinie   .   PIERRE-ALBERT JOURDAN   . ... [Lire la suite]
Posté par emmila à 23:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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samedi 3 octobre 2015

FRAGMENTS...Extrait

Il n’y a plus d’ombre. Une seule larme où tremble un monde. Si peu de miel à cette heure que les ruches s’emplissent de cris absurdes. Ai-je grandi ? Je suis seul sur cet équilibre de pierres d’où j’embrasse tout le décor. Mais qui a brossé tant de verdeur ? Je suis seul. Le peuplement du soleil envahit jusqu’à mon nom. J’ai grandi. Je suis heureux. La lumière tisse son châle de frissons. Le moment où l’esprit s’habille de stupeur. Moi, rendu aux traces, à l’arête de la pierre. Moment trop aiguisé pour que la parole en sorte... [Lire la suite]
samedi 12 avril 2014

LE BONJOUR ET L'ADIEU...Extrait

Et pour s’en détachernous aurons ensemencé cette terre de motsl’orage les emporteL’image tronquée du cielles colore parfois – on diraitde grands jarres éclatéessous la poussée violente du désird’accéder à la lumièrePlus loin que la houle des oliviersbien plus loin que le gelcomme un murmure incontrôlablece front naissant de l’aubeporteuse d’évidences   .   PIERRE-ALBERT JOURDAN   .