dimanche 20 août 2017

REMINISCENCE

Merci à Marie-Paule et Raymond Farina . Revenant des piétés discrètes de la petite humanité d’une Malte absolue, quelque chose comme un appel, une prière vers Dieu sait qui :   Que nos pères soient moins célestes & nos mères plus maternelles. Que toute larme soit de joie, que soit de mai toute pensée, que tout enfin coule de source. Que paissent l’éternité verte les bêtes qui nous ont sauvés de tant de déluges d’acier & qu’on cesse de dispenser des noms de nymphettes & de fées aux typhons & aux... [Lire la suite]

mardi 27 juin 2017

JONAS

Jeu dérisoire de celui - d'une espèce oubliée sans doute - qui d'un chaos de lettres continue à faire des mondes qui désire écrire limpide comme vient un simple bonjour comme tinte un matin toscan & qui dans les ténèbres du grand poisson biblique fait clignoter son morse obstinément - pour qui? - Pour quelques enfants que fascinent d'étranges robots occupés à pulvériser des planètes Ou pour le dieu omniscient qui a tout conçu de travers & qui cherche à tâtons dans son fouillis céleste ses lunettes qu'il a une fois de plus... [Lire la suite]
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lundi 12 juin 2017

LE TEXTE NATAL

Ne désespère pas d’enfin trouver la métaphore de ce qui apparaît sans naître et n’ose vraiment apparaître : vie de plume, vie de vent, vie soufflée, vie rêvée, en filigrane ou murmurée et quand la séquence s’efface dans les brumes d’et caetera, fatigué de ces tropes qui le tirent vers le Sensible, retourne vers son lieu, texte flou, texte trouble, son texte d’origine, traduit de ce qui pourrait être une langue ou un idiolecte d’un âge présymbolique, linéaire B d’une enfance qui cherche vainement son sens dans les yeux éteints d’un... [Lire la suite]
mardi 21 février 2017

UGARITICA

Au bout de mes doigts je détiens ces blancs oiseaux cunéiformes mon souffle mon amour mon désir voyageur ces oiseaux effilant le loin fortuits & brefs dans l'incessant combat du feu & de la mer ces moments d'ailes donnant ciel à mes mots insoucieux de moi lointains déjà comme les vagues & le vent & miens oh rythmiquement miens   Dans la cendre & le sable à ce delta du temps Alasia Samara appelant de leur nuit la source que nous serons peut-être   Creusant ameublissant le sens trembler de ne sauver... [Lire la suite]
mercredi 15 février 2017

LE LIVRE OUBLIE

Des souris des morts je te sauve ô livre innocent qu’a laissé le fugitif fantôme d’un peuple passager fatigué de ses songes Avec toi tes lettres bouclées ont côtoyé la vérité du pain ont coulé même dans l’haleine lente du cèdre sont devenues passions saveurs de mondes musique dans le registre figé des deuils la théorie des morgues où les morts attendaient leur nom sont devenues silence pour ceux qui apprenaient la cruelle leçon du deuil devant la mère diaphane deviendront procédures d’aurore pour alléger le monde On t’avait oublié... [Lire la suite]
dimanche 29 janvier 2017

L 'OISEAU ENCORE ( FRAGMENT )

(…) Il n’apporte plus de questions, il n’apporte plus de présages, mais il est là, heureusement, dans les moments où l’avenir se dissout dans ta nostalgie, où ton cœur affolé cherche son ancien rythme tandis que tes deux tempes savent ce qu’il te reste encore de temps pour faire des adieux discrets à ce qu’il te reste d’amis, à cet instant où l’aube vient soudain effacer ton dernier cauchemar, ta dernière insomnie, et qu’il jaillit du grand manguier du jardin créole d’en-face pour renouveler ta surprise, ton étonnement d’être en... [Lire la suite]

samedi 5 novembre 2016

LE PIEGE DE L'EPEIRE

Oui c'était merveille de soies merveille que ce fin système où se prenaient semences insectes   Te fascinait la dentelière sensible à la moindre détresse si prompte à répondre à l'appel si délicate & si précise en son exercice cruel   Te voici maintenant non plus simplement captivé par l'image du piège - rêvant comme l'enfant riant comme le sage qui domine le jeu & qui se joue de lui en y jetant des mouches -   mais bien captif en son réseau fatal     .   RAYMOND FARINA ... [Lire la suite]
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mardi 5 juillet 2016

UNE COLOMBE UNE AUTRE...Extrait

... Vous migrateurs que l’aube esquisse dans les pressentiments d’hiver sûrs d’épouser le pur tracer de l’infaillible main de l’air visible songe sagittal vecteur d’un ouvrage majeur sur le souffle secret des dieux pilotes calmes & lucides parmi ces méandres célestes ces labyrinthes cristallins où des vents furieux désespèrent élan dont la cadence va soudain s’amplifier comme sensible à l’impatience d’un berger abyssin ou d’une aube de Casamance vous n’êtes pas l’Exode d’une bible invisible ni le dernier symbole d’un... [Lire la suite]
dimanche 26 juin 2016

UNE COLOMBE UNE AUTRE...Extrait

Moineau petit événement moineau qui peux en te posant changer le cours de la planète   moineau en qui Saba voyait la sublimation du reptile moineau pendu de Gombrowicz moineau chinois de Neruda en ton hécatombe terrible   merry sparrow  de William Blake comme échappé d’une aquarelle ou sparrow des Nursery Rhymes qui cherche dans arrow sa rime moineau de Mutis souverain des silences du Mexuar   moineau sautillant dans Catulle moineau malin moineau sublime moineau témoin moineau victime moineau qu’un soir à... [Lire la suite]
Posté par emmila à 19:55 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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mardi 7 juin 2016

ECLATS DE VIVRE ...Extrait

Chairs en feston au grand soleil charniers que hument lune &vents fumées que happe le néant   Sorts que lâche le noir Morts que mâche la terre si près du ciel des radicelles qui boivent leur prière   Sommeil effrayé sur les seuils Portes forcées   Pires que loups & bien moins qu'hommes : ceux qui égorgent & qui éventrent tout ce qui dans l'ombre respire   Afflux de fange dans leur coeur fleuve de sang dans leur sillage thrène des mères qui devient cette ample douleur animale ... [Lire la suite]
Posté par emmila à 11:32 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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