lundi 13 juin 2016

UMAR TIMOL

Avec ce qu’il lui reste de sang, il façonne l’argile de vos lèvres. Avec ce qu’il lui reste de rêves il façonne les paysages de vos exils. Avec ce qu’il lui reste de larmes il façonne ces fleuves qui dénoueront vos blessures. Avec ce qu’il lui reste de mots il façonne des poèmes pour que l’éternité puisse vous étreindre. Avec ce qu’il lui reste de souffle il façonne la genèse d’un corps,  le vôtre, que le deuil n’osera effleurer. Avec ce qu’il lui reste de silence, il façonne ces cathédrales qui encenseront... [Lire la suite]
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mercredi 1 juin 2016

C'EST UN AMOUR

Ce n'est pas un amour qui se dit, c'est un amour qui se contente d'être, à l'abri des regards, des espoirs, c'est un amour qui a la force de la pierre et qui est gracile comme les ailes d'un rêve, c'est un amour que jamais mes lèvres n'énonceront, qui restera scellé en moi, qui vivra en moi en dépit de moi, je n'y peux rien, c'est un amour qui me fait croire que Dieu existe et que je suis ta créature, c'est un amour qui est bleu comme les jeux de mes enfants ou comme les vagabondages du crépuscule, c'est un... [Lire la suite]
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vendredi 27 mai 2016

LETTRE A MARYAM

A  Maryam Maarouf, 14 ans, victime d'une offensive israélienne.   Je ne te connais pas, Mariam, mais je sais ce que les yeux d'un enfant recèlent, je sais qu'il s'y trouve la force de l'innocence et les égéries de l'espoir, je ne te connais pas, Mariam, mais je suis père et je sais l'amour des enfants, je sais qu'il n'y a rien de plus beau, je sais que cet amour est un lieu de dépaysement, qui ramène à l'essentiel, que cet amour engendre un bonheur parfois si virulent qu'il rend égoïste, indifférent mais qu'il est... [Lire la suite]
jeudi 26 mai 2016

LES AUTOMATES DU SILENCE

  Ils sont les automates de la cause facile. Ils défendent ce qu'il est de bon ton de défendre. Il y a des causes qui sont médiatiques et d'autres qui ne le sont pas. En ce qui concerne le plus important, quand le choix de la parole a un prix, ils se taisent ou ils sont les fervents de la neutralité, de la pseudo-objectivité. Ils ont recours au contexte, a l'histoire, à un langage boursouflé et maladif, à des interprétations compliquées et contradictoires, ils ont recours à tout sauf à l'essentiel. Il ne faut surtout... [Lire la suite]
lundi 9 avril 2012

UMAR TIMOL

Le silence parfois dénoue la nuit. Elle déploie ses ailes, plus grandes que tout souffle, et dissémine sa lumière dans ses absences. Le silence parfois accueille la misère de ces corps qui ont trop longtemps subi les procès de la souffrance. Elle se débarrasse de sa peau pour en faire une demeure de larmes. Le silence parfois résilie ces cendres qu’on déclame à l’orée de la mort. Elle leur insuffle les cadencesd’une vie qui ne cesse le ressassement de la beauté. Le silence parfois altère la dérive des larmes. Elle les... [Lire la suite]
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dimanche 18 mars 2012

IMPROVISATION

Je puise mon inspiration dans vos mots mais ce ne sont pas des mots, ce sont des coulées de lave et de souffre, ce sont des marécages de tempêtes et de vents, ce sont les compagnes d’un sang trop longtemps assagi, ce sont les foulures de nuits par trop argileuses, ce sont les fascinations de la première lumière, ce sont les huiles plus soyeuses que les encres bleues, ce sont des paysages de l’absence rendus encore plus livides, ce sont vos mains qui dénouent l’amertume d’un trop long exil, ce sont les embouchures d’un rêve avorté, ce... [Lire la suite]
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jeudi 24 juin 2010

ÊTRE LE SILENCE

Tuer en moi tout désir, humilier en moi toute exaltation, ébraser toute étincelle, tout ce qui me rappelle à l’ordre du devenir.  Il ne doit, en moi, ne demeurer rien. Non pour y instaurer un quelconque culte de la foi et de la lumière. Mais pour y édifier un silence plus vaste que tous les néants. Je veux que ce silence s’étende en moi, qu’il prolifère en moi, qu’il brise et décortique chacune de mes cellules pour s’y greffer.A défaut de pouvoir me tuer car je suis trop lâche, car je suis l’adepte des violences fades, je ne... [Lire la suite]
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mardi 8 juin 2010

ENTRE LE CREOLE ET LE FRANCAIS

  Ma langue maternelle, - la sève qui nourrit ma parole, qui abonde dans les couloirs de mon inconscient, qui retrace les souvenirs de l'enfance, qui a irrigué mes premiers pas, qui épousera mon dernier souffle, - est le créole mais ma langue d'écriture est le français. Je n'écris pas en français car elle est matière que j'observe, que je guette, matière fugitive qui obéit au désordre, semblable à un animal féroce qui arpente les arènes du lointain, adepte de jeux cruels et qui me lance un défi, renouvelé et... [Lire la suite]
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samedi 13 mars 2010

UMAR TIMOL

Plonger en soi, trouver les mots, s’en aller, ne pas s’arrêter, puiser dans les mots, en soi ou ailleurs, peu importe d’où ils viennent, écrire ainsi, aube fracturée, nuit assagie, où, quand, comment, peu importe, il faut écrire, se laisser porter par la grande vague, la déferlante des mots, la déferlante de la musique, écrire, il faut ciseler ces terres encore arides, il faut les ciseler, en extraire lave et silex, aplanir la matière qui te tente, démonter la mécanique de la peur, il y a là-bas en toi, des rythmes saturés de toutes... [Lire la suite]
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vendredi 26 février 2010

BRISER LA NUIT

Briser sans doute la nuit. Il faut y aller. Oublier et chercher. D’autres fondent, en puisant dans on ne sait quelle démesure, de vastes empires. Ils osent conspuer le trop sordide devenir de la mort. D’autres encore grimacent des parchemins qui rallongent d’un instant la finitude. D’autres osent des monstruosités. D’autres encore choisissent les débandades du rire. Mais toi, le mécréant, tu n’as qu’une vertu. Celle de son corps. Il ne te reste que cet usage qui écartèle tous les manifestes, toutes les propagandes, tous les jeux et... [Lire la suite]
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