jeudi 23 mars 2017

ROUGE

Rouge est humain. Par le sang, par le désir qui l’anime sans cesse, l’homme est dans le rouge de sa naissance jusqu’à sa mort. Les yeux fermés, tournés vers le soleil, la lumière explose non pas en blanc  mais filtrée par la peau où circule le sang. Les yeux clos, la lumière nous illumine en vermillon et cela conditionne notre existence.   L’homme rouge, tragique. C’est le crime, le sang versé. Crime crapuleux, crime d’état, la violence frappe et le corps se fissure, laisse échapper son souffle, des fluides disgracieux... [Lire la suite]

dimanche 26 juin 2016

ASCENDANCE

Nos pères et mères sont notre premier patrimoine, celui, inquantifiable, de la mémoire tacite. Nous avons avec le passé inconnu de notre famille, un lien fort (fort inconfortable aussi!) que nous ne maîtrisons faute de connaissance. Jamais tout n'est dit. Comme un iceberg, nous avons un aperçu superficiel de la vie de ceux qui nous ont façonnés et si, parfois, on entrevoit des couloirs inconnus dans le dessous d'une histoire, ils se perdent souvent trop vite dans le silence ou le secret d'un ressenti jamais transmis. Il y a les... [Lire la suite]
lundi 20 juin 2016

J'AI APPRIVOISE UNE MAISON

J'ai apprivoisé une maison à flanc de colline. C'est une petite maison sans prétention, pas très belle, pas vraiment sauvage non plus mais elle avait sa fierté. Je n'étais rien pour elle. La première fois où je suis venue, j'ai pensé que c'était un lieu où je pourrais me sentir bien. Une hypothèse de départ en somme. Il me fallait un toit et cette maison vide, avec son petit jardin brouillon et sa cour en terre, ressemblait à ce que je cherchais. Une maison ne peut rien dire bien sûr. Elle est choisie et il est fort probable qu'en... [Lire la suite]
vendredi 15 avril 2016

PISTACHES ET ROUDOUDOUS

Un jour la raison a fait son baluchon Hop, j'prends la route, j'bats le goudron Elle a dit j'me casse, c'est fatigant la vie d'ici Tempête, pistaches et roudoudous j'veux m'amuser serrer la main des fous paraît qu'ils ont un vin de derrière les fagots (ça sent le souffre !) Des bonshommes en costume lui ont demandé si elle avait le droit Mais les gars ! J'ai toujours raison, c'est ça qui est bien la force du nom, vous savez Elle a fait du chemin loin loin dans la gadoue, sur les montagnes Elle a trouvé des... [Lire la suite]
jeudi 18 février 2016

PAUVRETES

Je regarde vivre, je connais ici, des gens de peu. Je les fréquente et me trouve riche de les connaître. Ils vivent autrement. Par choix ou par nécessité, ils consomment peu. En revanche ils donnent beaucoup. Pas des choses, pas ces objets qui nous encombrent, non. Ils offrent de leur temps, de leur histoire, d'eux-mêmes. Leur logique est autre. Créativité et ingéniosité ont pris le relais d'un désir entretenu par l'offre commerciale. A les écouter et regarder faire, je prends la mesure de la prétention de mes évidences. Souvent,... [Lire la suite]
samedi 19 septembre 2015

FEMMES

  Au pied de montagnes austères fécondes en fleuves jaunes et pourpres,   A l'orée des déserts immortels aux lumières magiques,   Il est des lieux où nous ne pouvons être.   Et nous y sommes par milliers ! Mais invisibles et séquestrées,   Scellées sous la garde de portes en bois ornementés,   Remisées sous des treilles enluminées d'inviolables verrous.   Et dans les rues et sur les routes nous y sommes aussi,   Suant la peine et le silence sous le... [Lire la suite]

samedi 19 septembre 2015

LE BLEU DE L'ECRIT

Tant de Bleu dans les mots du poète    Tissé enlacé en lacis caressants, le Bleu s'étire et s'affirme    Oh mon Bleu ! L'intransigeance à ma porte    Ouverte sur la béance de l'azur    Bleu, teinte pure sur nos horizons    Bleu, teinte obscure en lisière des ténèbres    Bleu, fleuve d'encre au long des berges d'une âme...fleur bleue    Bleue cette mémoire vive enchâssée en cartouche sur de l'ébonite    Bleus mes cahiers d'enfance    Bleues... [Lire la suite]
Posté par emmila à 19:43 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
samedi 19 septembre 2015

LEÏLA ZHOUR

La solitude est comme du chocolat. Amère et douce à la fois, elle a l'âpreté de notre condition, tout comme la cocotte de pâques garde trace de la dureté du cacao brut. Etre seul, c'est parfois être confronté à un insoutenable isolement. Enfermé dans la ronde des pensées, on se heurte aux barreaux du silence, et même un cri dans les montagnes n'est encore que de la solitude. Confiné dans le secret de l'esprit, les sentiments entrent en guerre avec les mots. Plus on parle, plus on rencontre de monde, plus on mesure combien hermétique... [Lire la suite]
samedi 19 avril 2014

VENEZ MARINS...

( ... ) Soyez le corps où s'enracine ma sève aux réminiscences salines ! Les vagues ont appris à mes sens les balancements languides de l'attente. Laissez aux hommes de terre la droiture immobile des lits désenchantés ! . Couchez dans les hamacs de mes rêves atlantes Vos forces enrichies aux vents et aux cyclones Que je les berce de ma voix de brume tiède. Laissez glisser sur vos peaux nues mordues de sel amer L'ondée des matins clairs qui perle à mes lèvres fécondes! . Venez marins, oh oui venez ! Prenez la... [Lire la suite]
Posté par emmila à 22:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
mercredi 19 juin 2013

LES REVOLUTIONS

Les révolutions ont une peau de bébé  un appétit d'ogre Elles avancent et laissent dans leur sillage des hoquets de sang Tant de lumière! Chaque geste a un air d'idéal "Comme je me sens meilleure…" Epaulées par les bras experts de vieux pays elles oscillent entre fraîcheur et cruauté et enjambent dans la joie des gouffres à leurs pieds   Les révolutions meurent jeunes Nées déjà adolescentes elles sourient à de vieux maquereaux  qui guettent leurs frayeurs    Puis l'ogre l'emporte elles... [Lire la suite]