EMMILA GITANA

Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

jeudi 20 août 2009

COMMENCEMENT DU CORPS FIN DE L'OCEAN...Extrait

Il paraît, que le rocher de mon amour a erré dans le désert de
                                                                                    [mes veines.
Qui roule, qui s'élève en elles ? est ma question.
              Que serai-je, quelle heure sera-t-il quand l'amour me
                                                                                       [reviendra
               assasiné, en forme de gazelle à l'étroit même dans le
                                                                                          [désert ?
Je reconnais
avoir besoin d'une autre vie pour être digne  de  cet  amour
comment  le  raconter  à  Astarté  et porter  mon  aveu à des
                                                                                [coqueliquots
rouge et noir qui ne croissent que dans son temple
je reconnais
avoir besoin d'un amour grand comme la mer pour laver
mon indigence
je reconnais
avoir
dispersé ma vie à tout vent
              passant le reste
dans l'obscurité de cette indigence

Seul

ADONIS

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zao_wou_ki3

Oeuvre Zao Wou-Ki

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MEMOIRE DU VENT ...Extrait

Je suis celui qu’un désert à créé – les hardes de mes rêves

ont des bois de palmiers,

il était était vain de jouer aux dés avec la lune, de voyager

sur un tapis de soie

il était vain de croire aux prophéties

de mon soupçon- rapace

ni aux promesses des destructions

ô poésie, cocher fou emmène-moi – emmène-nous

pour doubler notre mort

pour voir et chanter ce qui va venir

pour être à l’aube de la première strophe.

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ADONIS

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011

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lundi 13 juillet 2009

LE THEATRE ET LES MIROIRS...Extrait

J'entends la voix du temps :
Le poème - une main de-ci, de-là
Le poème - deux yeux qui interrogent

L'églantier a-t-il fermé
   la porte de sa cabane
L'homme a-t-il ouvert
   une brèche nouvelle

Une main ici, là-bas
Et la distance oscille entre enfant
   et victime
Afin que vienne l'étoile cachée
Et que le monde retourne
   à la transparence

.

ADONIS

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eglantine25uy

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vendredi 12 juin 2009

ADONIS

Je vous ai dit -- j'ai écouté les mers
réciter leurs poèmes
j'ai écouté la cloche qui sommeille
dans les coquillages

Je vous ai dit -- J'ai chanté aux noces du diable
au banquet des fables

Je vous ai dit -- j'ai vu dans la pluie de l'Histoire
dans les éclairs lointains
une démone et une maison

Parce que je navigue dans mes yeux
vous ai-je dit
j'ai vu toute chose
dès le premier pas
dans la distance

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ADONIS

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882c

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mercredi 1 avril 2009

L'AUBE COUPE SES FILS

L'aube coupe ses fils
dépose les paupières sur la terre
Mes bras : deux mâts pour étreindre
les voiles de l'absence

Mes fenêtres sont parties
Il ne reste ni fleur ni livre
rien que moi et les recoins
avec mes fils usés
avec mon corbeau

***

Dans le cancer du silence, dans l'encerclement
j'écris mes poèmes sur l'argile
avec la plume du corbeau
Je le sais : pas de clarté sur mes paupières
plus rien que la sagesse de la poussière

Je m'assieds au café avec le jour
avec le bois de la chaise
et les mégots jetés
Je m'assieds dans l'attente
d'une rencontre oubliée

***

Peu m'importe le possible
joie ou douleurs
Dans mes hymnes j'invente un évangile
je cherche un refuge
un monde qui commence
à la pointe du monde
.
ADONIS

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lundi 23 mars 2009

OU LA FOUDRE TOMBE

Pour saluer Jacques Berque   


 

A Beyrouth, soeur d'Antioche, amie d'Athènes

Un poète est debout   

Face aux portes de la mer   

Son ami Jacques Berque à ses côtés   

Je le vois canne en main   

Il imagine que sa voix est une flûte   

Qui se brise dans sa gorge   

Et sa gorge un feu du nom d'Allah   

   Poète   

Dans sa chair profonde   

Et dans ses mots, à chacun de ses pas   

L'histoire se divise   

En pluies de sang   

Tel un drapeau aux armes du ciel   

    O déesse du doute   

Née de la Méditerranée notre mère   

Pourquoi ne pas dire l'amitié du poète   

Pourquoi ne pas dire l'invisible à tes yeux   

Ce qui bouscule le temps   

Ce qui hisse le vent sur la pointe de son pas   

Ce qui jette la cendre muette   

Sur les mots en flammes   

Levés par le monde en ses paroles ?   

  Dis aussi Déesse dans le doute    

La fatigue aux cils   

Les mains tranchées   

Le jour usé    

Dis   

Si la lampe est vain espoir ou lendemain   

Si le foulard couvre la tête ou expose la gorge   

Comment reconnaître aujourd'hui   

L'insecte de la rose ?   

Dis   

S'il est une voie   

Pour habiter la voie des nuages   

Et dis cela enfin :   

Combien la Méditerranée aspire   

A renaître dans l'enfance de son alphabet   

  Alphabet !    

Vives sont les cigales   

Innombrables de tes moissons   

Et féroce l'esprit   

qui te couche dans l'oubli   

    Où donc est la foudre   

René Char ?   

Et pourquoi le poème   

Est-il toujours l'allié des vagues   

Quand le ciel ne garde de l'Histoire   

Que des statues aux sexes mutilés ?   

  Le poète s'appuie sur sa canne   

Face aux portes de la mer   

Son ami Jacques Berque à ses côtés   

A voix basse il lui dit et chuchote aux vagues   

"S'il est un ciel   

Il doit être migration."   

Et son ami répond   

Lui aussi d'un murmure   

"Non là n'est pas le miracle   

C'est la terre en sommeil dans ses retirements d'herbe."   

  J'ai oublié les heures. Les aiguilles tournent sans recours    

Avec sur leur bord le bourdon de deux ou trois mouches   

O poète, fais de ce spectacle un poème, le mur   

Où l'heure pend le rideau déchiré sous la niche   

La fenêtre noire dis-toi moderne   

On te placera à l'avant-garde mais surtout ajoute   

A ce décor un escarpin usé, abandonné sous l'horloge   

Attendant que revienne le pas qui l'y laissa   

Eloigne-toi des grandes causes   

- Des choses, la poésie capte   

L'effritement -   

Que tes mots soient documents.   

  Couverte de nuages    

La lune s'enfonce dans un lit de tristesse   

  Le poète se courbe sur sa canne    

Son ami Jacques Berque à ses côtés   

La nuit venue il compte les papillons noyés   

Au bord des flammes   

Allumées sur le rivage par les enfants   

Eux qui veillent l'écume et poursuivent les vagues   

   Car la nuit de Beyrouth souffrait    

Comme à genoux un mendiant supplie l'espace   

Joue contre joue, avec Ulysse   

  Nous les vivants du bord de la mer    

A peine sommes-nous les bergers des étoiles   

   Une rose porte intacte la nuit    

Entre ses bourgeons   

Se penche sur le sein de Beyrouth   

Ouvre sa hanche aux bras du large   

La vie couve ses oeufs   

Un pied aux marches de l'avenir   

  Est-ce cela le monde ?    

   Espérer ? Se désoler ?    

Je préfère chanter   

  Terre, avec qui voudrais-tu danser cette nuit ?    


 

Adonis

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beyrouth       

dimanche 22 février 2009

ADONIS

A Paris, dans une triste chambre,
j'ai voulu asseoir mon pays
sur mes genoux.


Ce n'était pas pour imiter Rimbaud,
sa manière de traiter la beauté, mais pour fonder d'autres droits
de l'homme que j'avais peur de
déclarer.
 


Combien la vieillesse de la langue
a besoin de l'enfance de
l'alphabet.
 

L'univers ne cessera de pleurer
et de sécher ses larmes
avec les corps assassinés,
jusqu'au jour où tu donneras
ton corps, ô ma terre,
aux bras de l'aube.

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ADONIS

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samedi 21 février 2009

Ô AMI, Ô FATIGUE


Après que le poème eut déchiré le vêtement des jours
J'invitai le vent et lui montrai la voie
Pour que ses doigts se fassent aiguilles
Et qu'il couse l'espace avec les restes du temps.
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ADONIS

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Palmyre___59

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mercredi 18 février 2009

ROI DES VENTS

L’extrême limite est ma bannière
sans fraternité ni rencontres
L’extrême limite est mon chant

Me voici mobilisant les fleurs
donnant l’alerte aux arbres
Je déploie les colonnades du ciel
et j’aime, je vis, je nais dans mes paroles

Me voici ameutant les papillons
sous l’étendard du matin
faisant croître les fruits
séjournant avec la pluie dans les nuages et leurs cloches
dans les mers

Et voici que je largue les étoiles
laissant tomber l’ancre
et m’intronisant
roi des vents

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ADONIS

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vent

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MEMOIRE DU VENT...Extrait

Pars, éloigne-toi
Étreins les vagues et l’air
Emporte sur tes cils les nuages, les éclairs
Qui se brise derrière toi notre miroir
Qui se brise l’amphore des ans
Et laisse pour nous dans ton sillage…
Non ! ne laisse plutôt que les vestiges d’un soupir
et de l’argile
que le sang desséché dans les veines

Ah ! éloigne-toi ! Non, attends encore
Bientôt tu disparaîtras
Alors laisse-nous tes yeux
ou ton cadavre brun ou ta tunique
poèmes au monde étrange
au monde qui viendra avec la nostalgie
portant ton ciel sur ses cils

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ADONIS

Posté par emmila à 20:24 - Poésie d'Orient....ADONIS - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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