EMMILA GITANA

Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

jeudi 9 juillet 2009

JEAN AMROUCHE

Je suis Algérien, c'est un fait de nature.Je me suis toujours senti Algérien.

 

Cela ne veut pas seulement dire que je suis né en Algérie,sur le versant sud

 

de la vallée de la Soummam,en Kabylie,et qu'un certain paysage est plus

 

émouvant,plus parlant,pour moi,que tout autre,fût-il le plus beau du monde.

 

Qu'en ce lieu j'ai reçu les empreintes primordiales et entendu pour la

 

première fois une mélodie du langage humain qui constitue dans les

 

profondeurs de la mémoire l'archétype de toute musique,de ce que

 

l'Espagne nomme admirablement le chant profond.Cela et bien plus;

 

l'appartenance "ontologique" à un peuple,une communion,une solidarité

 

étroite de destin,et par conséquent une participation totale,à ses épreuves,

 

à sa misère, à son humiliation, à sa gloire secrète d'abord,manifeste ensuite;

 

à ses espoirs, à sa volonté de survivre comme peuple et de renaitre comme

 

nation.

 

j'étais, je suis de ce peuple,comme il est le mien.

 

.

 

JEAN AMROUCHE

 

Rabat 1958

.

Automne

CITATION

" Je conçois et raisonne en français, mais je ne peux que pleurer en berbère..."
.

JEAN AMROUCHE

.

jean_amrouche

Jean Amrouche

mercredi 8 juillet 2009

ETOILE SECRETE...Extrait

La floraison des rêves
Noire et froide
Par lourdes vagues t'ensevelit.
C'est le baiser de la mort
Sur ta peau lumineuse où chante
Le sang de ta jeunesse éternelle.

De toi naissent les belles-de-nuit
Closes comme des vierges mortes
Avant la floraison sanglante de l'amour

Homme déchiré,
De joie commune sevré dès ta naissance,
Chaque belle-de-nuit figure la stérilité de tes jours.
Tu peux écarteler les fibres de tes membres:
Ton coeur répond par le silence
Au cantique de la Création.

En toi sommeille un paysage éteint de lune pâle,
Où l'amour est chose sans nom,
où ne chante plus le saint désir de semer
Dans une tempête
Une floraison de jeunes êtres.

je voudrais être assis au milieu des enfants.

J'aimerais tant jouer avec les enfants sages,
Qui rêvent bien au chaud dans un pays d'images
Tranquilles,
Au pied des peupliers chantants au bord de l'eau.
Nous nous prendrions les mains très délicatement,
Et nos doigts enlacés seraient comme des fleurs
tièdes et frêles dans les frisures du vent
De printemps glissant à pas feutrés.

Et nous ne dirions rien, jouant au grand silence
Des oiseaux de nuit, au grand silence du soleil.
Nos yeux n'auraient point d'ombre.
Et chacun connaîtrait le pays du Miracle.

.

JEAN  AMROUCHE

.

fleur_noir_blanc

Photographie M.  Bobillier


mardi 29 juillet 2008

CENDRES...Extrait

« Ma jeunesse éclatera sur le monde des ombres      
Et tous les coeurs éteints    
Ranimés par mon cri            
Sous la violence d'un amour de feu 
S'ouvriront au soleil             
Et par la Terre humaine, à flots         
Roulera   
le sang vermeil du Grand Amour »
.
JEAN  AMROUCHE

.

desert004

lundi 28 juillet 2008

ADIEU AU PAYS NATAL

photo_bejaia_06

.


Dresse-toi devant moi, mon fils, pour que je me souvienne de ta taille
Je veux aller trouver ma famille
Un cercle de mains caressantes,
De douces mains humaines
Où l’oubli soit enclos.
Je veux aller trouver ma vraie famille humaine
Sous les branches bombées de l’olivier bruni
Et les pentes à nu de ces collines bleues
Le désespoir dormait.
Et le ciel inclément sur ces masses perdues à jamais
Dans la Mort impalpable et splendide,
Versait sa fraîcheur bleue
La vie légère s’envolait des fleurs violettes des pêchers
Et dans le fond des ravins bleus
Chantait l’eau de la Miséricorde
Je veux trouver les anges de mes frères,
Dans le pays muet que renferme mon cœur.
Ames, ô Ames des Morts !
Sous le schiste trié
Les olives pleuraient sur vos os oubliés,
Mais l’huile ensoleillée ne pourra plus jamais,
Pourtant, jamais,
Redonner la jeunesse à vos membres séchés.
Coulez-vous dans le ciel,
A l’heure où l’épervier,
Autour des gouffres bleus
Enroule son vol silencieux.
Est-ce vous, ô voyageuses de l’éternelle angoisse,
Qui traversez la foule des étoiles innombrables,
Dans le ciel noir où mon étoile, un jour, me fera signe ?
Mais, sa place,
Celle de votre enfant, malgré vous, malgré lui
Prisonnier de ces os rendu au schiste sec,
Mais, ma place,
Celle de votre fils aux membres ligotés
Où, où est-elle ?
Je voudrais reposer dans ma famille humaine,
Celle qui fut livrée à une sombre haine
Mais qu’un dieu délivrera sur mon Mont d’Oliviers
Pareil aux troncs noueux des arbres de chez nous
Ces sépulcres offerts au soleil dévorant,
Ces femmes ravinées dont les mains sont tendues
Aujourd’hui, aujourd’hui, j’abandonne ce lieu
Où j’ai cru si longtemps que mes pieds poseraient
Pour jamais, avinées dont les mains sont tendues
Non vers ce ciel trop pur,
Mais vers les mains fermées des enfants en allés
Vers le pays de l’or et du travail facile.
J’appareille aujourd’hui vers une autre colline,
Un pays jamais vu par des regards humains,
Sous un arbre aux bras longs comme un regard de mère…

.
JEAN AMROUCHE

.

Alg_rie

jeudi 10 juillet 2008

ETOILE SECRETE...Extrait

Tu prendras tes trésors dans les mains de ton âme.
Longtemps, jour après jour, tu les dénombreras,
Mais nul, auprès de toi, ne frémira d'attente
Quant l'heure de dormir se posera sur toi.

(....)

.

JEAN  AMROUCHE

.

Verticale

dimanche 17 février 2008

CENDRES...Extrait

« Ma jeunesse éclatera sur le monde des ombres      
Et tous les coeurs éteints    
Ranimés par mon cri            
Sous la violence d'un amour de feu 
S'ouvriront au soleil             
Et par la Terre humaine, à flots         
Roulera   
le sang vermeil du Grand Amour »

.

JEAN AMROUCHE

.

mains_chinguetti

.

" je n'ai rien dit qui fût à moi
je n'ai rien dit qui fût de moi
ah! dites moi l'origine
des paroles qui chantent en moi ..."

"kra n wayen nniy, awal-iw degs ur yelli
kra n wayen nniy, ur yelli d awal felli
annay ! kuffrey ! mmlet-iyi-d
andat wawal d-yetawin felli ..."

.
Jean El Mouhoub AMROUCHE

jeudi 14 février 2008

EBAUCHE D'UN CHANT DE GUERRE...

Ah! Pour un mot de ma langue

Pour la seule grâce d'un mot

De schiste ou d'argile

(  le vent le porte tel l'oiseau des rêves )

Pour cette flèche empennée de foudre

Pour l'éclair de la liberté

Pour ce mot orphelin

Cueilli aux lèvres sèches de l'Ancêtre

Goutte de sang sur la rose de l'enfance

Etincelante dans la roue du soleil

Pour ce mot de musique âpre

Et de timbre sauvage

Cri orphelin des entrailles immémoriales

Pour cette parole sombre et fixe

Comme un regard de veuve berçant son enfant

Assassiné

Pour ce mot de tendresse ovale

Formé d'exil qui rompt l'exil

Pour cette goutte de lait bleu

Pour l'ombre sur l'oeil sans paupière

Et l'eau de Zem-Zem aux lèvres mortes

Du pélerin au désert

pour ce mot rond pour le zéro

Sceau sacré transmis d'âge en âge

De deuil en deuil

De tombe en herbe

Pour un mot à la mer

Pour l'horizon cette fleur de sel

Pour le sourire du passé

Pour le surgeon de l'arbre sec

Pour une braise sous la cendre

Pour cet enfant de l'avenir

Pour le navire du retour

Pour le repos d'une nuit

Et pour cette escale d'un jour

Pour cette main sur la fièvre

Et pour l'ombre sous la palme

Pour ce salut sans équivoque

Et pour ce signe d'or pur

Pour le baptême d'un instant

Et ces fiançailles des frères

Pour la présence au temps des morts

D'une parole souveraine

Pour ce rien sans feu ni lieu

Pour cet élixir de l'absence

Ou ce ni cendre chair ni sang

Brume de l'aube ou de serein

Sous-bois ni mirage ni d'abeilles

Ne se mêlent au pur néant

Pour la neige à peine entrevue

Entre deux gifles de la nuit

Pour cet appel on ne sait où

Pour ce soupir du coeur profond

Pour une rose de ténèbres

Au fond de l'âme

Pour la jeunesse brandie

Et le printemps irrésistible

Pour l'agneau blanc

Pour l'agneau noir

Pour l'angle pur de ce regard

Et ce col promis au couteau

Pour un seul jour

Au dernier soir

Gloire et grâce

Amine Amane

Connaissance

Aube de sang aube d'azur

Au libre jour

Un mot d'eau vive

Dans la main

LE COEUR DU MONDE...

.

JEAN  AMROUCHE

.

FEMME_ET_SON_ENFANT_A

CENDRES....Extrait

Je ne suis qu'un enfant perdu parmi les hommes, enfants perdus qui ont perdu leur enfance? Il perdure une empreinte creuse, une blessure mal fermée d'où le sang perle goutte à goutte, une saveur acide et pure, un avant-goût de paradis, une saveur de souvenir que le temps n'a pu submerger. C'est quelque part loin dans l'âme, en un lieu mal défini, dans les halliers secrets du coeur...

Comprends-tu? Je suis orphelin, nous sommes tous orphelins...Connais-tu mon père et ma mère? Ou me montres-tu ma patrie? Car je n'ai ni père ni mère, je suis orphelin sans patrie.

" Je ne suis pas de ce pays , je ne suis pas de votre monde. Je suis un homme et je suis Dieu; je ne suis ni homme ni Dieu, car l'homme pleure d'être Dieu et Dieu souffre d'être un homme parmi les hommes..."

.

JEAN AMROUCHE

" Cendres " 1934

.

dune

samedi 19 janvier 2008

JEAN AMROUCHE...

« J’ai cru que l’écriture portait en elle une vertu d’exorcisme, mais rien ne me délivre de mon démon. Il sera libre de s’agiter en moi, de parler, de dicter des paroles dont j’ignore le sens à jamais. Il me faut être convaincu de cette cruelle vérité qu’il n’y a pas de délivrance par la parole. A moins qu’il n’existe au-delà du verbe humain des maîtres mots, un langage porteur de vie surnaturelle.»

.

Jean.E Amrouche

.

AMAZIGHE

« Accueil  1  2   Page suivante »