jeudi 3 avril 2008
DES VUES EN PLONGEE
… N’aies aucune crainte amie
Je ne suis pas au bord du chaos
Ni sur une lame de fond
Ni sur une falaise qui surplombe l’océan
Et où les récifs aiguisés
Attendent la fatale chute des mots…
Ma mémoire n’est point stérile
Elle survit toujours à toutes les peines
Et tout chagrin ne fait que l’effleurer
Avant de s’éteindre sans bruit
Peut-être je vis sous une autre conjuration
Et que le dialogue des astres
Bifurque de l’axe de mes séjours
Je crois et puis que faire
De la volonté d’une destinée
En l’absence de tout testament…
L’onde que les autres convoitent
Le ciel qui attend le retour du soleil
La nature qui veut sortir du tunnel des pluies
L’homme qui ne fait que lever les mains
Tous ont un vœu à formuler
Pour que s’estompent les cris, l’attente
Et que la nature de l’être reprenne ses chants…
Mon chant formule d’autres chants
Non en donnant des notes à ma voix
Sortir mes cordes vocables de l’inertie
Mais pour permettre à mes mains de bouger
D’esquisser mille accords à une lyre esseulée
Et ma plume qui ne fait que traîner
Entre la nuit d’un écrin de velours rapiécé
Et le passage éphémère d’un rayon de l’aube
Ramasse les débris de son hibernation
Elle cherche un bain de soleil évanescent
Me dit de l’emporter loin lors de mes voyages
Dans les dunes mouvantes d’une terre en jachère
Possible que là elle remontera l’ultime pente
Pour embrasser de cette altitude
L’immensité des vestiges dans une plongée en abîme
Où mon âme se recueillera de ses errances…
.
KACEM LOUBAY
.
samedi 29 mars 2008
ETOUFFEMENT D'UN POETE
…Je croise et décroise le fer
Fer d’une lance en pointe d’argile
Quand de ma plume je vis de revers
Et mes mots perdent toute lueur
Je croise mes mains sur une table
L’autel de la vie ne me dit plus rien
Il suffit d’un rien
Pour que la flamme gagne sa nuit
Dis, Ô toi qui me regarde… !
Peux-tu lire dans mes prunelles
Peux-tu pénétrer l’iris de mes pensées
Il est loin mon séjour sur cette galère
J’avale un torrent de fiel en guise de miel
Et cette liqueur broie le pouvoir d’écrire
Je crois qu’il est temps d’arrêter
A force de souffrir, je pense tout brûler
Juste un petit feu attisé de tous les écrits
De ces mille livres séniles
De ces voyages sans origine
Un simple geste et tous seront détruits…
Je n’ai aucune rancune envers les autres
J’ai tendu une main abîmée par les sels
De mes visions j’ai brossé les espaces
Il est temps de tout rejeter dans l’oubli
De la clarté j’aborde des moments de folie
De la sérénité s’articule le convoi de la rage
Et puis pourquoi courir derrière les mots
Car ils sont la cause de mes délires…
Et la nuit qui habite mon corps se libère
Des étoiles viennent poser le reste de fleurs
Je sors pour éclairer le fond du cœur
Une étoile filante vient s’épancher à la source…
De la fureur le verbe change d’ossature
Un arbre aux rameaux chargés de fruits
Je tourne de nouveau cette page en vadrouille
Qu’emporte le déluge de mes ternes pensées
La voix de la sagesse remue mon esprit
Que de poètes ont vécu le même drame
Poètes maudits je m’identifie à vous… !
Et puis que faire face à sa destinée… ?
.
KACEM LOUBAY
.
dimanche 24 février 2008
A LA DERIVE
Tu es complice de mon amour
De mes frivoles démarches
A l’embouchure d’une rive
Tu n’es plus cette rose
Que j’ai vu poussée
Au long de mon parcours
Où nos lettres s’entremêlaient
Comme les rameaux d’un olivier
La paix semble remuer
Les quelques signes qui persistent
Au fond d’un étang esseulé
Peux - tu retourner les pages
Réactiver le verbe anesthésié
Je doute du pouvoir de la nuit
De rester l’ultime otage...
De celle que j’ai connue
Lors d’une froide soirée d’hiver
La chaleur a quitté l’âtre de ma vie
Et l’âtre perd la dernière flamme
De l’intimité de nos lignes
Nul besoin de m’accrocher encore
Les fils d’araignée me semblent
Plus solides que tes bras
Ciel, je vis de regrets permanents
Une fleur à peine elle s’expose
Qu’une main violente vient l’arracher
Une jeune étoile pointe au firmament
Les regards la convoitent de tous les côtés
Je m’éloigne avec ma destinée
La tête haute et le regard perdu
Je m’en vais au fond d’un cœur
Constamment comme un ciel perturbé
Qui cherche à jamais la... cicatrisation
.
KACEM LOUBAY
.
jeudi 13 décembre 2007
LA PALESTINE VIVRA...
Les aiguilles du temps ne sont point amnésiques
Je suis constamment à la recherche des verbes
Dans les tumultes et les fracas des guerres intestines
Pourtant moi qui croyais que nous avons le même sang
Je me sens retourné et mets en doute toutes les molécules
Nulle évolution en vue depuis la mort du dernier siècle
Les vrais criminels sont toujours des criminels en instance
Qui puisent dans les veines différentes sortes de poison
La terre n'est nullement aveugle, ni en pleine agonie...
Vous voyez les bourreaux, les cerbères sont de retour
Regardez ces mains qui dégoulinent sur les écrans
Ces mains gantées de velours devenues des griffes lacérées
Les charognards ressuscités, distillent la haine ancestrale
Les fossoyeurs des civilisations ouvrent les cercueils
Dérobent des yeux de l'innocence le plus petit espoir
Ils agissent sous l'aval des consciences malades
Les psychopathes des temps modernes sèment la mort
Empoisonnent la convivialité, le renforcement des peuples
Ils violent la terre, les arbres, les sépultures, les mosquées
Ils voilent des yeux le soleil, la lune, les étoiles, l'horizon
Bombardent, démolissent les foyers de tous les rêves
La terre n'est nullement amnésique, ni aveugle...
Déjà hier c'était : Dir Yassine, Kafr Kassem... et d'autres
Sabra, Chatila... Les jugements ne peuvent qu'attendre ?
Aujourd'hui des crimes horribles sont de nouveau commis
Au nom de la destruction, l'asservissement, l'éloignement
Au nom de la fausse liberté, la démocratie et les alliances
Je crie ma nauséeuse condamnation de tous ces crimes
De cette barbarie inhumaine qui déferle de partout
Des villes assiégées, des maisons démolies et rasées
Des hommes tués, mutilés, emprisonnés, exilés...
Des enfants qui ne voient que des jeux de massacres dans les rues
Des filles qui ne vivent et respirent que de la peur quotidienne
Des femmes qui ne résistent plus sous l'assaut des viols
Des vieillards qui ne pensent plus à la sombre piété
Les Instances Internationales qui tardent à apparaître
Ni eau courante, ni électricité, ni denrées alimentaires...
La terre n'est nullement amnésique et ingrate...
Les soutiens qui ne font que suivre la suite des tragédies
Les meeting... les slogans périssables contre le mur sourd
Les échos perdent l' écho dans le rempart du silence
... Et le monde entier souffle le chaud et le froid...
... Et le monde entier ne fait que déplorer...
Etat de guerre ou Etat d'extermination de la race Palestinienne
Etat de guerre ou Crimes de l'intolérance contre un peuple
Etat de guerre ou Peuples à réprimer, à dompter à vie...
Je joins ma plume à celles de tous les contestataires
A tous ceux qui marchent et se soulèvent contre cette injustice
A tous ceux qui refusent par tous les moyens la domination
A tous ceux qui de par le monde réprouvent ces massacres
Je clame tout haut pour que Justice des hommes soit faite
Que toutes les Nations doivent s'éveiller de leur insouciance
Notre Monde subit les affres de nouvelles guerres latentes
Des guerres indéfinissables qui surgiront ailleurs...
La Palestine vivra... et sortira de toutes ces douleurs
La Palestine vivra davantage dans nos cœurs, notre sang
Ses hommes bâtiront dans la dimension de leur fierté l'Histoire
La terre de Palestine retrouvera sa dignité par sa croyance
Les arbres pousseront de nouveau comme poussent les enfants
Le soleil de tout l'univers se lèvera et brillera de nouveau
La lune donnera plus de clarté pour tous les Poètes de la Paix
Demain n'est pas loin... La Vérité finira par vaincre les indécis
KACEM LOUBAY
LA COLOMBE DE PICASSO
dimanche 2 septembre 2007
FEMME...OBSCURE
Femme... Obscure
Femme obscure, énigme de mon errance
Malgré le passage des convois des saisons
Je garde encore l'empreinte
De la suave senteur d'un corps
Dont frémit l'arbre d'un lit en exil
Ma nuit est une longue croisière
Une mer calme où jouent les vagues
Entre les clignements complices des étoiles
Et une lune qui défie de sa clarté
Le côté sombre du firmament...
Femme obscure, statue d'airain
Idole mystérieuse qui habite ma pensée
Je vis dans l'éternelle absence
Dans la déchirure de ma captivité...
Et je finis par t'oublier parmi les autres
Enterrer mes folles caresses
A la cambrure d'une étoile filante
Il me semblait vivre de mirages
Dans le désert de mes éphémères visions
J'applaudis des fois l'écoulement des jours
Chante en solitaire mon exclusion
Tout devient vague et lointain
Et ma nuit enveloppe toutes les plaintes
De mon brasier les cendres semblent éteintes
Et mon coeur rasséréné revit l'hibernation
Plus de frou-frou, plus de chuchotements
Plus d'aveux et de serments...
Mon oreiller demeure dans son isoloir
Mon corps hybride épouse la paroi du silence
De la froideur des draps métallisés
Nuit obscure, femme indomptable
Muse éperdue de mon langoureux passé
Tu es hantise de mon inassouvissement
Quand le désir croise ses fers
Et prend d'autres formes
Je veille depuis l'autre siècle
Une image rabougrie
Accrochée en déséquilibre
Au pied de mon lit... déserté
KACEM LOUBAY
MARC CHAGALL
IDENTITE CONFISQUEE
…J’ai su mais je ne sais plus… !
On a décidé de me laver le cerveau
On a pris toutes les données
Ancrées au fond de la sédentaire mémoire
Et on a greffé d’autres cellules
Je ne suis plus le même devant une glace
Je suis un autre dans cette espèce de vie
Avec une autre identité… !
Je suis mais je ne suis plus moi-même
Avec tous les rêves passés
Avec mes anciennes pulsions
Et mes mots sont trafiqués
Je suis à l’image d’une autre personne
Avec une autre carte de tributaire
Dans les archives de l’administration
Des citoyens sans citoyenneté… !
Et je crie dans la nuit des efforts
De la foudre révoltée d’un ciel d’été
Sur la page d’un recensement périmé… !
Je suis qui dans ce bas monde ?
Je ne cesse de m’interroger… !
Un autre nom comme témoigne
Une photo déteinte collée
A la marge mitigée d’un document
Provisoire échéance d’un anonyme
J’édulcore mes fantasmes d’origine
Quand du lavage de tous mes instincts
Des neurones décident de résister
A l’usurpation de tous les sens
Et je vis depuis lors à cheval
Entre deux pôles éloignés
Entre le vrai être et le paraître
Et une identité d’exclus… !
Je deviens le revers de l’autre
Ou un sosie siamois déformé
Fixé par le même cordon ombilical
Je subis ainsi des castrations multiples
Dans l’innommable version d’un rôle
Que fixent pour moi les visiteurs de la nuit
Ma vision est un traumatisme constant
Un linceul blanc signe d’un bandeau
Qui réduit à zéro l’horizon de l’envergure
Il est fait d’un viol prémédité
Pratiqué sans anesthésie dans l’ossature
D’un crâne vidé de sa substance
Je foule l’espace temps d’une montre déréglée
En reculant sur les remparts du silence
Les murs de la cité témoignent de la nostalgie…
De l’étrangeté de mon exil forcé
De la folie d’un fleuve en crue
Quand de l’hiver il ne voit de ses yeux effacés
Ni pluie, ni neige du siècle passé
Rien que la poussière… !
Il est là dans ses longs dialogues
Il est pris par une autre folie
Que ses rives crient à la désolation
Que les saules pleureurs non plus de larmes
Que les riverains étouffent les mots
Et les gosiers secs ne demandent plus rien
Ils ont tout dit à la lumière des jours
Que le soleil a changé aussi de peau
Il ne monte plus à cheval pour galoper
Les étriers vivent dans des musées ignorés
Et il décide de changer de frontière… d’émigrer
Le fleuve n’a nullement besoin de visa
Ni de carte géologique pour se faire connaître
Il est là dans son silence quotidien
Comme on l’ignore il va ailleurs
Arroser les terres arides pour les fertiliser
Redonner vie aux sols généreux… !
Et ainsi il s’en va pour épouser l’océan… !
Fleuve tu nous ressembles dans ta traversée
Nous ne sommes que de simples passagers
Tu as vu naître les plantes des saisons
Et les cœurs de nos anciens amours
Tu as souri quand tu vivais en seigneur
Et maintenant tu es devenu un simple étranger
Etrange vie pour tes millénaires oubliés
Pour tes rives longtemps bercées par tes cavaliers
Par les pluies clémentes d’autrefois
Par le souffle de la brise dans tes cheveux
Tu es essoufflé, tu vis à contre cœur, marginalisé
Demain tes eaux refuseront de couler
Elles changeront de débits et de parcours…
…Et je me détourne de ce chemin battu
Je m’en vais faire une autre quête
Hier n’existe plus que dans les anciennes annales
Il vit sous les décombres d’une autre ère
Même les arbres qui restent debout
Ne se souviennent plus des déracinés
Je ne me rappelle plus les anciens quartiers
Les bâtisses qui vivaient dans l’horizontalité
Les collines sont rasées pour du béton armé
Et je perds de nouveau ma boussole
Je ne vois plus l’ancien pont à dos-d’âne
On ne garde plus de son automne
Que de rares cartes postales jaunies
Pleure ami le temps a tout bousculé vers la dérive
Et les demeures et les anciens amis d’autrefois
Pleurez murs de ma cité de la rougeur
De vos parois ébréchées… !
Je vis de mes cris périmés dans l’attente
De mes mains qui ne reconnaissent plus le jeu
De ces enfants perdus dans nos ruelles
De nos souvenirs qui ne remontent plus à la surface
Tout semble éteint dans la chaleur du printemps
Même le feu du cœur ne remue plus
Erreur, vous êtes là pour écouter
Le délire des jours et des années de la poésie
Vous êtes là à revivre quelques séquences
Et tombe le rideau sur le spectacle
Et les acteurs regagnent leur loge… !
Je ne fais qu’extérioriser quelques mots
Je ne fais qu’élaborer une simple esquisse
La ville est toujours la ville dans sa mouvance
Les hommes sont des hommes qui s’ignorent
Il suffit d’un geste pour reprendre le voyage
Et le voyage prend fin sur un quai désert
Puisque le train ne partira jamais…
L’avion ne volera point
Le bateau restera au port
Je ne fais que délirer derrière le verbe
Ni train, ni avion, ni bateau…
Ma ville, la votre n’a pas d’amarre
Elle est là dans ses dentelles rouges
Elle s’éteint sans gémir dans les faux décors… !
J’oublie la caresse des mots ordinaires
Je refuse l’embellissement des corps en exhibition
Tout évasion n’est qu’une période provisoire
Et toute vie n’est qu’un simple parcours
Que chacun de nous ne fait que suivre
Dans l’axe de ce qu’on appelle : la vie
Je quitte cette scène comme de coutume
Mon verbe suivra une autre trajectoire invisible
Peindra d’autres toiles en gestation de la mémoire
Et je reprendrai en partant une autre identité
Celle d’un homme qui vit parmi les autres
Mais qui demeure dans une autre dimension
En empruntant l’habit rituel de… l’éloignement
KACEM LOUBAY
LE POETE...
LE POÈTE...
Il est là, il est ailleurs...
Adossé aux vestiges du temps
Gardien de tous les patrimoines
Il serpente les flancs des montagnes
Garde la falaise contre l’oubli
Contre l’érosion de la mémoire
Il prend sa source dans ses pensées
Accompagne la brise dans sa course
S’infiltre comme une ombre
En traduisant ses errances...
Des fois il vit en solitaire
Un ascète qui essaie de s’oublier
Des fois il est parmi les autres
Perdu dans l’anonymat des méditations...
Il est une silhouette en filigrane
Un arbre qui pousse partout
Une eau qui ne tarit jamais
Il est le silencieux, le rêveur...
Il n’a pas d’attache fixe
Il est libre de circuler comme le vent
De franchir toutes les frontières
D’atteindre toutes les dimensions
Il n’a pas besoin de visa...
Il peut crier, vivre, créer son monde
A la mesure de ses ailes mouvantes
Il chevauche sa fertile plume
Croise le fer à la fluidité de l’encre
Il peint les horizons les plus lointains
Les mers les plus profondes
Les lacs inconnus des explorateurs...
On ne peut lui mettre de bâillon
Ni lacérer le parchemin de ses visions
Ni lui enchaîner les mains et les pieds
Ni le réduire au silence...
Il est la révolte personnifiée
Il est là, il est ailleurs : lui l’inconnu... !
Il fait naître les notes colorées
Les musiques sacrées des transes
Il donne aux arbres dénudés les feuilles
Aux rosiers fanés les arômes
Au désert le mouvement des dunes
Aux palmeraies la quiétude de l’espace
Il fait avancer et reculer le temps
Ramer sans rame à contre courant
Fait chanter les oiseaux muets
Fait étinceler les eaux stagnantes
Si on se penchait sur lui... ?
On découvrirait un autre être
Quelqu’un qui vivait d’incompréhension
Quelqu’un qui vivait dans l’âme des autres...
Il est là, il est ailleurs, il est partout...
Il est le solitaire, il est le rêveur...
Il est le peintre de l’ombre
Qui ne fait que peindre ses sentiments
De la diversité de ses mille... évasions
KACEM LOUBAY
MARC CHAGALL
UNE PLUME VERSATILE
1 | |
Une Plume Versatile... KACEM LOUBAY | |













