samedi 1 juin 2019

ECLIPSE D'ETOILE...Extrait

En mémoire d'Esteban...     Tu jouais bienAvec rienQue des bulles d'eauQui sans bruit éclatent dans l'air. Mais la lumière au sept couleursDonnait à chacune son visage Juste un battement de coeurComme contrée d'ange. Or, son ultime aventure -Silence ; une âme est sortie du feu.     .     NELLY SACHS Traduction Mireille Gansel, Éd Verdier.     .        

samedi 1 juin 2019

POEME 44 DE L'INTERMEZZO LYRIQUE

Merci à Adélita mia...   Des légendes du vieux temps, une blanche main me fait signe : elles chantent un pays enchanté, Où de grandes fleurs languissent dans l’or du crépuscule du soir et se regardent tendrement avec des yeux de fiancées ; Où tous les arbres, comme un chœur, parlent et chantent ; où les sources, en jaillissant, font entendre des airs de danse ; Où des hymnes d’amour s’élèvent comme tu n’en entendis jamais, jusqu’à ce qu’un désir très doux ait pris possession de toi. Ah ! je voudrais aller là-bas ; là-bas... [Lire la suite]
mercredi 17 avril 2019

L'ART DE LA JOIE...Extrait

"Le mal réside dans les mots que la tradition a voulus absolus, dans les significations dénaturées que les mots continuent à revêtir. Le mot amour mentait, exactement comme le mot mort. Beaucoup de mots mentaient, ils mentaient presque tous. Voilà ce que je devais faire : étudier les mots exactement comme on étudie les plantes, les animaux. Et puis, les nettoyer de la moisissure, les délivrer des incrustations de siècles de tradition, en inventer de nouveaux, et surtout écarter pour ne plus m'en servir ceux que l'usage quotidien... [Lire la suite]
samedi 6 avril 2019

FARFALLA DI DINARD...Extrait

  Le petit papillon couleur safran qui venait chaque jour me trouver au café, sur la place de Dinard, et m’apportait (me semblait-il) de tes nouvelles, sera-t-il revenu, après mon départ, sur cette petite place froide et éventée ? Il était improbable que le glacial été breton fît naître des vergers transis tant d’étincelles toutes pareilles, toutes de la même couleur. Peut-être avais-je rencontré non pas les papillons, mais le papillon de Dinard, et la question à résoudre était de savoir si ce visiteur matinal venait exprès pour... [Lire la suite]
samedi 16 mars 2019

EUGENIO MONTALE...Extrait

  Sans coup de théâtre Les saisons ont presque disparu. Tout cela n’était qu’un jeu trompeur des Esprits de l’Ether.- Il ne nous est pas possible de vivre par instants, par à-coups, par échappées et en escapades longues et brèves. Qu’on soit vivants ou morts, la balançoire ne pouvait durer plus que l’éternel le si fugace âge de notre enfance. Voici que commence le cycle de la stagnation. Les saisons ont fait leurs adieux sans salamalecs ni cérémonies, lasses de leur roulement. Nous ne serons plus tristes ou... [Lire la suite]
samedi 16 mars 2019

L'AVENIR SEUL...Extrait

Et je l’ai rêvé et le rêve,Un jour le rêverai encore,Tout se répétera, tout se réalisera,Vous rêverez tout ce que j’ai vu en rêve. Là-bas, de notre côté, du côté du mondeLa vague poursuit la vague et bat le rivage,Et sur la vague l’étoile, l’homme et l’oiseau,Et le rêve, le réel et la mort – vague après vague. Pas besoin de date : j’étais et je serai,La vie est le miracle des miracles, et sur mes genouxComme un orphelin j’assois ce miracle, Seul au milieu des miroirs – dans le cercle des refletsDes mers et des villes qui... [Lire la suite]

vendredi 8 mars 2019

MARIANNE WILLIAMSON

Notre peur la plus profonde n'est pas d'être nul ou incapable notre peur la plus profonde c'est d'être puissant au-delà de toute mesure.Nous nous demandons:"Qui suis-je pour être brillant,talentueux, génial ? "Mais la vraie question devrait dire :"Qui êtes-vous pour ne pas l'être ? "Vous êtes un enfant de la Vie.Rester jouer dans votre école maternelle n'offre aucun service au monde d'aujourd'hui.Il n'y a rien de sain ou d'illuminé à vous rétrécir et à vous cacher pour ne pas insécuriser votre... [Lire la suite]
jeudi 7 février 2019

LA PLUIE MAUDITE ET AUTRES POEMES...Extrait

Sur la plage où l'ombre de la baie s'allongeIl est couché tel une vigne en son clos,Solitaire et tourné du côté des vagues.Son visage est empreint d'une grâce grave,Le vent de midi à ses traits se caresse,Il est plus beau que branche de grenadierGorgée de pépiements d'oiseaux, et sa taillePlus souple que l'ondulation d'un lézard.J'écoute la rumeur basse de la merQui surgit de la vague et se répercute,Masquée par un agave antique, j'épieSa gorge qui se change en une mouettePour s'envoler avec un gémissementVers l'or des nuages. Et de... [Lire la suite]
jeudi 7 février 2019

VOUS AVEZ FAIM ET MOI JE CHANTE

Merci Adélita mia...     Les vagabonds vont par les routes, je ne les vois pas.Les prisonniers hurlent, je ne les entends pas.Les affamés cherchent du pain, les gueux montrent leurs loques,les hommes floués cherchent la vérité.Et la terre couverte d’ivraie, la terre belle et fière,défend sa dignitépar une souffrance obstinée. O hommes affamés, loqueteux, floués!Je sais bien qu’un jour Les vagabonds vont par les routes, je ne les vois pas.Les prisonniers hurlent, je ne les entends pas.Les affamés cherchent du... [Lire la suite]
jeudi 24 janvier 2019

EDWIN MUIR...Extrait

C'est moi qui éprouve du remords pour tout ce que le Temps  T'a fait, mon amour, comme si je t'avais  Imposé l'usure du soleil sans-repos Et tous ces jours mortels pour accomplir ce crime-là.   Pour ne pas conserver ce qui nous fut donné  Par pure grâce et l'abandonner  A l'oisiveté des heures, laissant l'automne enterrer  Notre été paradisiaque: A une telle accusatîon, que puis-je répondre   Sinon le vieux dicton surgi du cœur : « Le Temps épargne l’amour » Mais nous, l’aimée et l’amant,... [Lire la suite]