dimanche 2 décembre 2018

LES SEPT SOLITUDES....Extrait

  L’année était du temps des souvenirs, Le mois était de la lune des roses, Les cœurs étaient de ceux qu’un rien console. Près de la mer, des chants doux à mourir, Dans le crépuscule aux paupières closes ; Et puis, que sais-je ? Tambourins, paroles. Cris de danse qui ne devaient finir, Touchant désir adolescent qui n’ose Et meurt en finale de barcarolle. — T’en souvient-il, souvient-il, Souvenir ? Au mois vague de la lune des roses. Mais rien n’est resté de ce qui console. Est-ce... [Lire la suite]

mardi 13 novembre 2018

RIEN N'OBSCURCIRA LA BEAUTE

  Nulle défaite ne m’a été épargnée. J’ai connule goût amer de la séparation. Et l’oubli de l’amiet les veilles auprès du mourant. Et le retourvide, du cimetière. Et le terrible regard de l’épouseabandonnée. Et l’âme enténébrée de l’étranger,mais rien n’obscurcira la beauté de ce monde. Ah ! On voulait me mettre à l’épreuve, détournermes yeux d’ici-bas. On se demandait : « Résistera-t-il ? »Ce qui m’était cher m’était arraché. Et des voilessombres, recouvraient les jardins à mon approchela femme aimée tournait de loin sa face... [Lire la suite]
vendredi 9 novembre 2018

A CET INSTANT MÊME

   À cet instant même, j’enfile cette aiguilleavec le fil d’un propos que je tais et je me mets à ravauder.Aucun des miracles qu’annonçaient les très éminents prophètesn’est advenu et les années défilent vite.Du néant à si peu, toujours face au vent, quel long chemin d’angoisse et de silences. Et nous en sommes là: mieux vaut le savoir et le dire,les pieds bien sur terre et nous proclamer les héritiers d’un temps de douteset de renoncements où les bruits étouffent les paroleset la vie en miroirs déformés.Plaintes et... [Lire la suite]
jeudi 11 octobre 2018

SECONDES...Extrait

Aujourd’hui encore, parfois,tu peux avec la clef d’un simple trèfleouvrir le monde... . .   . YANNIS RITSOS  1909 - 1990 . .   .      
jeudi 11 octobre 2018

APPRENTISSAGE AMER...Extrait

Il arrive un jour où le jour se termineavant que la nuit ne soit tout à fait tombée.Il arrive un jour où la main, en chemin déjà,oublie tout à coup la tendresse de son geste.Il arrive un jour où le bois ne parvient pasà allumer le feu de la cheminée.Il arrive un jour où l’amour qui était infini,soudain finit, soudain. La force est de savoir aimer avec douceur et constanceavec l’enchantement de la rose bien droite sur sa tige,afin que l’amour, blessé, ne finisse pasdans l’éternité amère d’un instant   .     ... [Lire la suite]
mercredi 10 octobre 2018

SILENCE DE MIDI

  Tes mains sont ouvertes dans les longues herbes fraîches,Les bouts des doigts pointent telles des roses en fleur :Tes yeux souriants respirent la paix. Le pré luit puis s’assombritSous un ciel de nuées qui se dispersent et se rassemblent.Tout autour de notre nid, aussi loin que l’œil puisse voir,S’étendent des champs dorés de boutons d’or, bordés d’argentLà où le cerfeuil sauvage longe la haie d’aubépine.C’est un silence visible, aussi immobile que l’est devenu le sablier. Dans la profondeur de la verdure fouillée par le... [Lire la suite]

mercredi 10 octobre 2018

ALFONSINA ET LA MER / ALFONSINA Y EL MAR

  Sur la sable doux que caresse la merSes traces sont sans retour,Un chemin solitaire de peine et de silenceEst arrivé jusqu’à l´eau,Un chemin solitaire de peine silencieuseEst arrivé jusqu’à l´écume des vagues.Dieu sait quelle angoisse t’accompagna,Quelle longue souffrance ta voix a tué,Pour que, bercée, elle se réfugieDans le chant des coquillages,La chanson que chantent au fond de la merLes coquillages. Tu t´en vas, Alfonsina, avec ta solitude,Quels nouveaux poèmes es-tu allée chercher,Une voix lointaine de vent et de selA... [Lire la suite]
dimanche 30 septembre 2018

LE DESIR ET LA POUSSIERE...Extrait

Les ombres des morts sortent de la poussière et s’envolent dans le vent   je crois en une seule terre en un seul ciel je crois en la résurrection des pierres et l’immortalité des vagues   je crois au murmure des graines dans la terre je crois au silence des lacs de forêt   les nuages descendent quand je les appelle les continents engloutis surgissent de la mer et l’arc-en-ciel se casse en deux les églises se renient les unes les autres avant que le coq ne chante pour la troisième fois les déserts... [Lire la suite]
vendredi 28 septembre 2018

INGEBORG BACHMANN...Extrait

Mon oiseau Quoiqu’il advienne – le monde dévasté revient s’enfoncer dans le crépuscule ; les forêts lui préparent quelque boisson pour s’endormir, et du haut de la tour que le veilleur a quittée, tombe, tranquille et fixe, le regard de la chouette. Quoiqu’il advienne – tu connais ton heure, mon oiseau, tu prends ton voile et tu t’envoles, à travers le brouillard, vers moi.     .     INGEBORG BACHMANN     . Oeuvre Susan Hall 
samedi 22 septembre 2018

LE SIGNE DE CAÏN

Le signe de Caïn nap­pa­raî­tra passur le sol­dat qui tiresur la tête d’un enfantdepuis une col­line au des­sus de l’en­ceinteautour du camp de réfu­giésparce que sous le cas­quepour par­ler en ter­mes con­cep­tuelssa tête est en car­ton.Dau­tre part,l’of­fi­cier a lu "L’homme révolté" ,sa tête est illu­mi­née,à cause de cela il ne croit pasau signe de Caïn.Il a passé son temps dans les muséesEt quand il pointele fusil vers l’en­fantcomme un ambas­sa­deur de Cul­ture,il ajourne et recy­cleles eaux-for­tes de Goyaet Guer­nica   ... [Lire la suite]