samedi 18 août 2018

TA JOYEUSE TENDRESSE

Ta joyeuse tendresse M’a troublé et surpris. À quoi bon les discours, Leur tristesse, Quand les yeux comme des bougies Brûlent en plein jour ?   Au beau milieu du jour … Et une larme reste – Souvenir de la rencontre – Suspendue au loin; Et les épaules qui tombent Sont relevés par la tendresse.   .     OSSIP MANDELSTAM     .   Oeuvre Goxwa Borg

mercredi 15 août 2018

LE ROYAUME INVISIBLE...Extrait

Où est la semence De l’arbre abattu, Des bois incendiés,   Ou bien racine vivante Ensevelie sous la cendre ? Sortant des replis du bourgeon   Quelle dernière feuille s’efforce A la vie, quelle dernière Fleur desséchée ?   Le fruit de notre moisson Notre longue peine N’est-il que poussière ?   Vers quel pays lointain, merveilleux, Portée par le vent Quelle semence ailée   Quelle étincelle du feu De l’holocauste Pour allumer une étoile ?   .     Where is the... [Lire la suite]
dimanche 12 août 2018

SORTS / CONJUROS

Merci Cristina mia... Aimer, c'est être seulIrrémédiablementAu-delà des êtres et des choses.Parce qu'aucune grâce ne s'apparenteÀ cette joie qui rend l'intelligenceL'incertitude du passage des vies.Ce n'est pas posséder,C'est, au contraire,Tout abandonner,Retour à la pauvreté primordiale,Être nu comme devant Dieu,Sans autre richesseQu'un chantEntre les lèvres pensifs.   .     Amar es estar solo irremediablementemás allá de los seres y las cosas. Porque ninguna gracia se asemeja a esa dicha que... [Lire la suite]
dimanche 5 août 2018

L'ÂME DU VIOLON

Pour le quatuor à cordes Con Tempo   « Sa sonorité venait de l'âme -elle était fabriquée avec un os d'oiseau. »Dit un musicien du violon de son ami,celui sur lequel tantd'airs bien formésont été tournés et joués.En français on l'appelle l'âme,l'âme de l'instrument ;à Crémone, lorsque le maître luthierrapporta une provision de bois qui avait crû lentementdans les hautes Alpespour le façonner sur ses moules,on l'appela anima -Une cheville en bois rondefut placée avec soin à l'intérieur de l'instrument,presque sous le... [Lire la suite]
vendredi 27 juillet 2018

ALDA MERINI...Extrait

Puis faites l'amour.Pas de sexe, juste de l'amour.C'est ce que je veux dire.Les baisers lents sur la bouche,Sur le cou,Sur le ventre,Sur le dos,Les morsures sur les lèvres,Les mains tressées,Et les yeux dans les yeux.Je veux dire des câlins si serrés.Pour devenir une seule chose,Des corps piégés et des âmes en collision,Caresses sur les rayures,Des vêtements enlevés avec les peurs,Bisous sur les faiblesses,Sur les signes d'une vieQue jusqu'à ce momentC'était un peu fané.Je veux dire des doigts sur les corps,Créer des... [Lire la suite]
jeudi 26 juillet 2018

ET SI L'ARBRE BRÛLE

  Et si l'arbre brûle reste la cendre et la lumièredans le désert les cactus prennent racine. Si les sources se sont tariesil pleuvra à nouveaule jeune fils reviendraà la maison abandonnée. Sous la neige épaisse les graines veillentà la frontière de la cour le vent mauvais s'épuise. Et si nous sommes restés nuset entourés de loupsnotre décision de nous battrereste intacte.     .     DIMITRIS MORTOYAS . . . Oeuvre ?  

samedi 14 juillet 2018

LE BATEAU DE TERRE CUITE...Extrait

Ombres minuscules sur la blancheur du mur labyrinthe éphémère de l’instant nous avons besoin de la mer non pour laver nos oreilles mais pour plonger dans les confins des profondeurs les yeux fermés sous l’eau de notre soif au milieu du bleu le corps dressé par l’éphémère le regard aiguisé par le lointain nous avons besoin de la mer pour renaître sur la plage à l’ombre d’un murmure en fleur la matière de nos paroles est la lumière la matière... [Lire la suite]
jeudi 21 juin 2018

AFTER LONG SILENCE

 De nos querelles avec les autres nous faisons de la rhétorique. De nos querelles avec nous mêmes, de la poésie.    ...    Parler, après un long silence : c'est dans l'ordre,   Morts ou enfuis tous nos autres amours,   Et tirés les rideaux sur la nuit hostile   Et voilée de ses franges la lampe hostile,   Qu'ainsi nous dissertions, à n'en plus finir,   Sur ces thèmes suprêmes, l'Art, le Chant.   La décrépitude du corps est... [Lire la suite]
lundi 11 juin 2018

PREMICES DU DESERT III...Extrait

Où vas-tu, toi qui dans le vent aride courspar une de ces rues sans saisonsderrière des murs lumineux de laquelleun pas qui vient à retentir excite les chienset éveille l’écho ? Vus de la maisond’où je te regarde, où le corps est vivant,mouvement et quiétude se défont.Je t’invoque pour la nuitqui vient et pour le sommeil ;toi qui souffres, toi seule peut me secourirdans ce passage aveugle du tempsvers le temps, dans cet âpre voyagede celui que je suis à celui que je serai,vivant une vie dans la vie,dormant un sommeil dans le... [Lire la suite]
mardi 5 juin 2018

SÉRÉNITÉ...Extrait

 Parvenue au milieu de mes jours, je glane    cette vérité fraîche comme une fleur :    la vie a la douceur dorée du blé,    la haine est brève, immense l'amour.      Changeons le chant amer, à reflets de sang,    contre le chant souriant.    Les divines violettes s'épanouissent,    le vent se charge dans la vallée d'un parfum de miel.     .     GABRIELA MISTRAL       .