jeudi 7 février 2019

LA PLUIE MAUDITE ET AUTRES POEMES...Extrait

Sur la plage où l'ombre de la baie s'allongeIl est couché tel une vigne en son clos,Solitaire et tourné du côté des vagues.Son visage est empreint d'une grâce grave,Le vent de midi à ses traits se caresse,Il est plus beau que branche de grenadierGorgée de pépiements d'oiseaux, et sa taillePlus souple que l'ondulation d'un lézard.J'écoute la rumeur basse de la merQui surgit de la vague et se répercute,Masquée par un agave antique, j'épieSa gorge qui se change en une mouettePour s'envoler avec un gémissementVers l'or des nuages. Et de... [Lire la suite]

jeudi 7 février 2019

VOUS AVEZ FAIM ET MOI JE CHANTE

Merci Adélita mia...     Les vagabonds vont par les routes, je ne les vois pas.Les prisonniers hurlent, je ne les entends pas.Les affamés cherchent du pain, les gueux montrent leurs loques,les hommes floués cherchent la vérité.Et la terre couverte d’ivraie, la terre belle et fière,défend sa dignitépar une souffrance obstinée. O hommes affamés, loqueteux, floués!Je sais bien qu’un jour Les vagabonds vont par les routes, je ne les vois pas.Les prisonniers hurlent, je ne les entends pas.Les affamés cherchent du... [Lire la suite]
jeudi 24 janvier 2019

EDWIN MUIR...Extrait

C'est moi qui éprouve du remords pour tout ce que le Temps  T'a fait, mon amour, comme si je t'avais  Imposé l'usure du soleil sans-repos Et tous ces jours mortels pour accomplir ce crime-là.   Pour ne pas conserver ce qui nous fut donné  Par pure grâce et l'abandonner  A l'oisiveté des heures, laissant l'automne enterrer  Notre été paradisiaque: A une telle accusatîon, que puis-je répondre   Sinon le vieux dicton surgi du cœur : « Le Temps épargne l’amour » Mais nous, l’aimée et l’amant,... [Lire la suite]
samedi 29 décembre 2018

LA PERSISTANCE ILLOGIQUE DE LA VIE

Cette mystérieuse circonstance qui fait que les choses de notre passé continuent d’exister y compris lorsqu’elles sortent de notre vie, et s’épanouissent,même, en donnant chaque saison de nouveaux fruits, pour une récolte dont nous ne saurons plus rien.       ALESSANDRO BARICCO       Emma et Cé...
samedi 22 décembre 2018

TESTAMENT

À ma mort veuillez laisser dehors mes jambes. Ce sont elles qui m'ont lancé à la poursuite de traces ardentes et des traces glaciales sur la neige gelée. Elles m'ont porté, elles ont défailli et je suis tombé. Par elles j'ai ressenti la terre, les pierres, les ronces, le gravats et le béton, le verre et la rouille. Mes jambes ont aimé, elles ont marché sur la trace d'Ève. Ce sont elles qui ont voulu que je sois ici et non là où je devais peut-être me trouver. Jamais mes jambes n'ont eu de regrets, mes jambes n'ont... [Lire la suite]
vendredi 21 décembre 2018

POEMES....Extrait

La mer en fleurs et les montagnes au décroît de la lune ;La grande pierre près des figuiers de Barbarie et des asphodèles ;La cruche qui ne voulait pas tarir à la fin du jour ;Et le lit clos près des cyprès et tes cheveuxD'or : les étoiles du Cygne et cette étoile, Aldebaran. J'ai maintenu ma vie, j'ai maintenu ma vie en voyageantParmi les arbres jaunes, selon les pentes de la pluieSur des versants silencieux, surchargés de feuilles de hêtre.Pas un seul feu sur les sommets. Le soir tombe.J'ai maintenu ma vie. Dans ta main gauche,... [Lire la suite]

vendredi 14 décembre 2018

A L'ECOUTE DU MATIN

Une Pierre, Une Rivière, Un Arbre,Hôtes d'espèces qui nous ont depuis longtemps quittés,Signalent le mastodonte,Le dinosaure, qui ont laissé ces souvenirs desséchésDe leur passage iciSur le sol de notre planète,Tous les signes bruyants annonçant leur chute qui se hâtaitAujourd'hui perdus dans l'obscurité de la poussière et des âges.Mais aujourd'hui, la Pierre crie vers nous, clairement, avec force,Venez, vous pouvez vous tenir sur monDos et envisager votre destinée distante,Mais ne cherchez nul abri en mon ombre.Je ne vous donnerai... [Lire la suite]
dimanche 2 décembre 2018

LES SEPT SOLITUDES....Extrait

  L’année était du temps des souvenirs, Le mois était de la lune des roses, Les cœurs étaient de ceux qu’un rien console. Près de la mer, des chants doux à mourir, Dans le crépuscule aux paupières closes ; Et puis, que sais-je ? Tambourins, paroles. Cris de danse qui ne devaient finir, Touchant désir adolescent qui n’ose Et meurt en finale de barcarolle. — T’en souvient-il, souvient-il, Souvenir ? Au mois vague de la lune des roses. Mais rien n’est resté de ce qui console. Est-ce... [Lire la suite]
mardi 13 novembre 2018

RIEN N'OBSCURCIRA LA BEAUTE

  Nulle défaite ne m’a été épargnée. J’ai connule goût amer de la séparation. Et l’oubli de l’amiet les veilles auprès du mourant. Et le retourvide, du cimetière. Et le terrible regard de l’épouseabandonnée. Et l’âme enténébrée de l’étranger,mais rien n’obscurcira la beauté de ce monde. Ah ! On voulait me mettre à l’épreuve, détournermes yeux d’ici-bas. On se demandait : « Résistera-t-il ? »Ce qui m’était cher m’était arraché. Et des voilessombres, recouvraient les jardins à mon approchela femme aimée tournait de loin sa face... [Lire la suite]
vendredi 9 novembre 2018

A CET INSTANT MÊME

   À cet instant même, j’enfile cette aiguilleavec le fil d’un propos que je tais et je me mets à ravauder.Aucun des miracles qu’annonçaient les très éminents prophètesn’est advenu et les années défilent vite.Du néant à si peu, toujours face au vent, quel long chemin d’angoisse et de silences. Et nous en sommes là: mieux vaut le savoir et le dire,les pieds bien sur terre et nous proclamer les héritiers d’un temps de douteset de renoncements où les bruits étouffent les paroleset la vie en miroirs déformés.Plaintes et... [Lire la suite]