lundi 11 juin 2018

PREMICES DU DESERT III...Extrait

Où vas-tu, toi qui dans le vent aride courspar une de ces rues sans saisonsderrière des murs lumineux de laquelleun pas qui vient à retentir excite les chienset éveille l’écho ? Vus de la maisond’où je te regarde, où le corps est vivant,mouvement et quiétude se défont.Je t’invoque pour la nuitqui vient et pour le sommeil ;toi qui souffres, toi seule peut me secourirdans ce passage aveugle du tempsvers le temps, dans cet âpre voyagede celui que je suis à celui que je serai,vivant une vie dans la vie,dormant un sommeil dans le... [Lire la suite]

mardi 5 juin 2018

SÉRÉNITÉ...Extrait

 Parvenue au milieu de mes jours, je glane    cette vérité fraîche comme une fleur :    la vie a la douceur dorée du blé,    la haine est brève, immense l'amour.      Changeons le chant amer, à reflets de sang,    contre le chant souriant.    Les divines violettes s'épanouissent,    le vent se charge dans la vallée d'un parfum de miel.     .     GABRIELA MISTRAL       .
mardi 5 juin 2018

GABRIELA MISTRAL...Extrait

Arbre, qui n'es pas autre choseque le tendre sein d'une femme,puisque chacune de tes branchesberce un être dans chaque nid :  ... fais qu'à travers tous les étatset les âges, plaisir, douleur,mon âme ait un invariable,universel geste d'amour...     .     GABRIELA MISTRAL     .       Oeuvre ?
dimanche 3 juin 2018

SI HAUT LE SUD, CHANT A L'ARGENTINE

  Si haut le Sud !Aiguille, œil de pampa, pierre sans cils,silence au fil tranchant, clarté, diamant,solitude, stature qui se cambre de la terre aux étoiles,à cette équerre en croix de la constellationoù les épaules envieuses des Andes mesurent leur désir.Dédaignez ce que vous voyez, la barbe de l'aïeul éteint*,et regardez comme il se dresse, les pieds en pleurs dans cette neigequi fond, comme la force qui pétrit et qui libère des cascades,et tout son corps, et tout son corps bombant son grand thorax,son immense thorax... [Lire la suite]
samedi 2 juin 2018

APOPHTEGMES....Extraits

 La connaissance pure, qui naît dans l’intimité de l’être, et l’ouvre et le transcende, « le dialogue de l’âme avec elle-même » qui veut encore être parole, la parole unique, la parole ineffable ; la parole libérée du langage. ... Non seulement le langage, mais toutes les paroles, pour uniques qu’elles paraissent, aussi isolée et inattendue que soit leur apparition, font allusion à une parole perdue...     .     MARIA ZAMBRANO     .      Oeuvre Anselm Kiefer
mercredi 23 mai 2018

ODES RETROUVEES...Extrait

  " Nombreux sont ceux qui vivent en nous ;Si je pense, si je ressens, j'ignoreQui est celui qui pense, qui ressent.Je suis seulement le lieuOù l'on pense, où l'on ressent. "   .   " Nous habitons la vie en hôtes, nous usonsPour un temps de son cours,D'un amour douteux, d'un bref sommeil, et d'un jourEn mal de tous les jours. "     .     RICARDO REIS Héteronyme de Fernando Pessoa  Traduction du portugais par Michel Chandeigne, Patrick Quillier et Maria Antonia Câmara Manuel ... [Lire la suite]

lundi 30 avril 2018

WITHOUT END...Extrait

Cherche à chanter le monde mutilé.Rappelle les longues journées de juinEt les fraises, les gouttes de vin rosé.Les orties qui, méthodiquement, recouvraientLes maisons abandonnées par ceux qui en avaient été chassés.Tu dois chanter le monde mutilé.Tu as regardé des bateaux et des voiliers élégants,Attendus d’un long voyageOu seulement d’un néant saumâtre.Tu as vu des réfugiés aller vers le néant,Tu as entendu les bourreaux chanter allègrement.Tu devrais célébrer le monde mutilé.Rappelle ces instants, quand vous étiez ensembleDans une... [Lire la suite]
samedi 28 avril 2018

CHÂTEAUX DE SABLE

Merci Adélita   . Pourquoi ne m'as tu pas dit que tu étais en train de bâtir ce château de sable ? C'eût été si beaupouvoir entrer par son petit portail,parcourir ses couloirs salés,t'attendre aux parterres de coquillages,en te parlant depuis le balconavec la bouche pleine d'écume blanche et transparentecomme mes mots,ces mots frivoles que je te dis,qui n'ont rien de plus que le poidsde l'air entre mes dents. Il est si beau de contempler la mer. Elle aurait été si belle la merdepuis notre château de sable,pourléchant le... [Lire la suite]
vendredi 13 avril 2018

LE SOLITAIRE

Ainsi, le solitaire ne peut survivre à moins qu'il ne soit capable d'aimer tout le monde, peu importe le fait qu'il est probablement considéré par tous comme un traître. Seul l'homme qui a pleinement atteint sa propre identité peut vivre sans la nécessité de tuer, et sans la nécessité d'une doctrine qui lui permette de le faire avec une bonne conscience. Il y aura toujours une place, dit ionesco "pour les consciences isolées qui se sont mises debout par la conscience universelle" comme contre la mentalité de la masse. Mais sa place... [Lire la suite]
mardi 10 avril 2018

L'ESPRIT

 Merci Adélita mia...   L’Esprit, qui sur les mondes veille,Allume au gouvernail l’amour.Dans la nuit, mon âme appareilleÀ ta rencontre, astre du jour. À l’abîme répond l’abîme ;Et, par les lumineux sillons,Elle répand son chant sublimeEntre les constellations. L’Amour la guide avec sa flammeAu sein du firmament qui luit ;Il s’est entrevu dans cette âme,Elle a connu sa flamme en lui !   .     VIATCHESLAV IVANOVTraduction de J. Chuzewille dans l'Anthologie des poètes russes     . ... [Lire la suite]