jeudi 11 octobre 2018

SECONDES...Extrait

Aujourd’hui encore, parfois,tu peux avec la clef d’un simple trèfleouvrir le monde... . .   . YANNIS RITSOS  1909 - 1990 . .   .      

jeudi 11 octobre 2018

APPRENTISSAGE AMER...Extrait

Il arrive un jour où le jour se termineavant que la nuit ne soit tout à fait tombée.Il arrive un jour où la main, en chemin déjà,oublie tout à coup la tendresse de son geste.Il arrive un jour où le bois ne parvient pasà allumer le feu de la cheminée.Il arrive un jour où l’amour qui était infini,soudain finit, soudain. La force est de savoir aimer avec douceur et constanceavec l’enchantement de la rose bien droite sur sa tige,afin que l’amour, blessé, ne finisse pasdans l’éternité amère d’un instant   .     ... [Lire la suite]
mercredi 10 octobre 2018

SILENCE DE MIDI

  Tes mains sont ouvertes dans les longues herbes fraîches,Les bouts des doigts pointent telles des roses en fleur :Tes yeux souriants respirent la paix. Le pré luit puis s’assombritSous un ciel de nuées qui se dispersent et se rassemblent.Tout autour de notre nid, aussi loin que l’œil puisse voir,S’étendent des champs dorés de boutons d’or, bordés d’argentLà où le cerfeuil sauvage longe la haie d’aubépine.C’est un silence visible, aussi immobile que l’est devenu le sablier. Dans la profondeur de la verdure fouillée par le... [Lire la suite]
mercredi 10 octobre 2018

ALFONSINA ET LA MER / ALFONSINA Y EL MAR

  Sur la sable doux que caresse la merSes traces sont sans retour,Un chemin solitaire de peine et de silenceEst arrivé jusqu’à l´eau,Un chemin solitaire de peine silencieuseEst arrivé jusqu’à l´écume des vagues.Dieu sait quelle angoisse t’accompagna,Quelle longue souffrance ta voix a tué,Pour que, bercée, elle se réfugieDans le chant des coquillages,La chanson que chantent au fond de la merLes coquillages. Tu t´en vas, Alfonsina, avec ta solitude,Quels nouveaux poèmes es-tu allée chercher,Une voix lointaine de vent et de selA... [Lire la suite]
dimanche 30 septembre 2018

LE DESIR ET LA POUSSIERE...Extrait

Les ombres des morts sortent de la poussière et s’envolent dans le vent   je crois en une seule terre en un seul ciel je crois en la résurrection des pierres et l’immortalité des vagues   je crois au murmure des graines dans la terre je crois au silence des lacs de forêt   les nuages descendent quand je les appelle les continents engloutis surgissent de la mer et l’arc-en-ciel se casse en deux les églises se renient les unes les autres avant que le coq ne chante pour la troisième fois les déserts... [Lire la suite]
vendredi 28 septembre 2018

INGEBORG BACHMANN...Extrait

Mon oiseau Quoiqu’il advienne – le monde dévasté revient s’enfoncer dans le crépuscule ; les forêts lui préparent quelque boisson pour s’endormir, et du haut de la tour que le veilleur a quittée, tombe, tranquille et fixe, le regard de la chouette. Quoiqu’il advienne – tu connais ton heure, mon oiseau, tu prends ton voile et tu t’envoles, à travers le brouillard, vers moi.     .     INGEBORG BACHMANN     . Oeuvre Susan Hall 

samedi 22 septembre 2018

LE SIGNE DE CAÏN

Le signe de Caïn nap­pa­raî­tra passur le sol­dat qui tiresur la tête d’un enfantdepuis une col­line au des­sus de l’en­ceinteautour du camp de réfu­giésparce que sous le cas­quepour par­ler en ter­mes con­cep­tuelssa tête est en car­ton.Dau­tre part,l’of­fi­cier a lu "L’homme révolté" ,sa tête est illu­mi­née,à cause de cela il ne croit pasau signe de Caïn.Il a passé son temps dans les muséesEt quand il pointele fusil vers l’en­fantcomme un ambas­sa­deur de Cul­ture,il ajourne et recy­cleles eaux-for­tes de Goyaet Guer­nica   ... [Lire la suite]
lundi 10 septembre 2018

L'EXIL IMMOBILE/ESILE IMMOBILE

Ce matin je ne sais pas ce qui s’est passé :les maisons n’ont plus de fenêtres,les arbres n’ont plus de racines,les prairies ont abandonnéleur couleur dans la nuit,les fleurs se sont réduitesà un simple contour en fil de fer.La mer ne retrouve plus l’horizontransparent dans l’espace transparent.Des étoiles monte un filet de brumecomme de chandelles éteintes.Le bon Dieu a avalé l’orange du cielet à la place de la lune, plus qu’un trouqui conduit au cimetière des avions morts,il fait nuit dans la nuit, noir dans le noir.Maintenant les... [Lire la suite]
lundi 10 septembre 2018

ASILE PERSONNEL...Extrait

Comme la rivière se remplit de brindilles par un jeu d’enfants,d’une rive à l’autre le jour étend sa voix, la tienne.Je ne sais rien des colombes qui passent sur ton front lorsque la nuit s’endortni des clefs tentant de t’arracher pour l’autre vie.Je sais des syllabes dans l’ombre, courant inlassables sur les rails,quand dans la plaine la ville n’est plus qu’une île sans sommeil.Et par son accent navigue ta voix, indéclinable et fertile,plus proche de la terre que des hautes sphères invisibles.Spectacle comme la flamme qui monte sans... [Lire la suite]
jeudi 6 septembre 2018

ON DIT QUE LES PLANTES NE PARLENT PAS/ DICEN QUE NO HABLAN LAS PLANTAS

On dit que ni les plantes, ni les sources, ni les oiseaux ne parlent, Non plus la vague et ses grondements, ni les astres et leur brillance, On le dit, mais c'est faux, car toujours quand je passe, Ils murmurent et s'exclament: - Voilà la folle rêvant De l'éternel printemps de la vie et des champs, Et déjà bien vite, bien vite, elle aura les cheveux blancs, Et tremblante, gelée, elle voit que le givre couvre le champ.     - Il y a des cheveux blancs sur ma tête, et du givre dans les champs, Mais je continue à... [Lire la suite]