lundi 12 novembre 2018

LA FRANCE NOUS A TRAHI ET LA FRANCE VA NOUS SACRIFIER...

Lettre d'un poilu à sa femme : "La sentence est tombée : je vais être fusillé pour l'exemple, demain, avec six de mes camarades, pour refus d'obtempérer."   .   Le 30 Mai 1917   . Léonie chérie J'ai confié cette dernière lettre à des mains amies en espérant qu'elle t'arrive un jour afin que tu saches la vérité et parce que je veux aujourd'hui témoigner de l'horreur de cette guerre. Quand nous sommes arrivés ici, la plaine était magnifique. Aujourd'hui, les rives de l'Aisne ressemblent au pays de la mort. La... [Lire la suite]

mercredi 24 octobre 2018

C'ETAIT UN PETIT CHEMIN DE TERRE

C'était un petit chemin de terre. Il serpentait à travers la plaine, à l’écart des grandes villes. Des talus broussailleux, des peupliers et des bouleaux, des rochers le bordaient. À l’un de ses méandres il frôlait une croix de pierre au socle tout moussu. Puis il partait se perdre quelque part dans la plaine, parmi les ronces et la poussière. Exténué par tant d’immensité il finissait par se dissoudre sous l’herbe rase et les cailloux ainsi que s’effacent les morts invités par la nuit de la terre au grand mystère de la disparition. ... [Lire la suite]
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vendredi 19 octobre 2018

CHRONIQUE D'HIVER...Extrait

Merci à Marie-Paule et Raymond Farina   Tu aimerais savoir qui tu es. Comme tu n'as pas grand chose pour te guider,  voire rien, tu supposes que tu es le résultat de vastes migrations préhistoriques, de conquètes, de viols et d'enlèvements, que les longs et tortueux croisements entre les membres de ta horde ancestrale se sont multipliés sur de nombreux territoires et royaumes, car, après tout, tu n'es pas la seule personne à avoir voyagé - des tribus entières d'êtres humains se sont déplacées sur toute la... [Lire la suite]
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jeudi 20 septembre 2018

LA HAINE EST FAITE DE SENS COAGULÉ

1 – de la nature   L’apparition dans le lexique juridico-politique, social et institutionnel d’un terme jusqu’ici propre au registre affectif ne peut pas manquer d’attirer l’attention. Les lois et les discours sur la société et les mœurs touchent rarement aux affects. On parle du mariage, des rapports sexuels licites ou illicites, des rapports qui peuvent donner lieu à des « conflits d’intérêt » mais on ne parle pas d’amour ni d’amitié. On parle d’injure, d’outrage ou de diffamation, mais récemment encore on ne parlait pas de «... [Lire la suite]
mardi 18 septembre 2018

AVERTISSEMENT AUX ECOLIERS ET LYCEENS...

L’école a été, avec la famille, l’usine, la caserne et accessoirement l’hôpital et la prison le passage inéluctable où la société marchande infléchissait à son profit la destinée des êtres que l’on dit humains. Le gouvernement qu’elle exerçait sur des natures encore éprises des libertés de l’enfance, l’apparentait, en effet, à ces lieux propres à l’épanouissement et au bonheur que furent — et que demeurent à des degrés divers — l’enclos familial, l’atelier ou le bureau, l’institution militaire, la clinique, les maisons d’arrêt. ... [Lire la suite]
mardi 4 septembre 2018

CHEMINS AU VENT

L’homme aurait inventé les chemins pour rien, nous voulons dire pour le seul office de la beauté – et en gratitude à la splendeur du monde. On nous fait l’éloge de l’Être, on célèbre sa grandeur mystérieuse et on nous invite à devenir ses dévôts. En fait, quelle déroutante opacité, quelle massivité inentamable dans cette notion de l’Être ! Par bonheur les chemins viennent dessiner le visage de ce qui n’était pas encore le monde. Nous lisons le monde à travers ses chemins, tout comme nous découvrons un visage à travers quelques traits... [Lire la suite]

lundi 27 août 2018

LES LARMES...Extrait

Un jour, des doigts osent, de façon circonspecte, lente, timide, furtive, muette, une seconde, se poser sur l'avant-bras de l'autre corps qui se trouve en face des yeux. Un autre jour, la paume de la main forme comme une coque qui se referme sur le dos de la main qu'elle regarde et la main, sous la main, ne se retire pas. Les corps se font soudain plus proches de façon mystérieuse, d'un coup, sans qu'ils s'approchent en aucune façon. Un jour, ils semblent à jamais proches, sans qu'ils aient besoin de bouger. Puis la... [Lire la suite]
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samedi 18 août 2018

POETIQUE DE L'ESPACE...Extrait

Enfermé dans l'être, il faudra toujours en sortir. À peine sorti de l'être, il faudra toujours y rentrer. Ainsi dans l'être, tout est circuit, tout est détour, retour, discours. ... Ainsi, l'être spiralé, qui se désigne extérieurement comme un centre bien investi jamais n'atteindra son centre. L'être de l'homme est un être defixé.     .     GASTON BACHELARD     .   Oeuvre Igor Bitman
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jeudi 16 août 2018

ANAÏS NIN, LETTRE A ANTONIN ARTAUD

"Le toi qui fait presque mal tellement il lie..."  18 juin 1933.   . "Nanaqui,   Je voudrais revivre mille fois ce moment sur les quais, et toutes les heures de cette soirée. Je veux sentir encore cette violence et votre douceur, vos menaces, votre despotisme spirituel… toutes les craintes que vous m’inspirez, et les joies si aiguës. Craintes parce que vous attendez tant de moi… l’éternité, l’éternel… Dieu… ces mots… Toutes ces questions que vous m’avez posées. Je répondrai doucement à vos questions. Si j’ai... [Lire la suite]
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jeudi 16 août 2018

HISTOIRE ET VERITE

  Je suis convaincu qu’un monde islamique qui se remet en mouvement, un monde hindou dont les vieilles méditations engendreraient une jeune histoire, auraient avec notre civilisation, notre culture européenne, cette proximité spécifique qu’ont tous les créateurs. Je crois que c’est là que finit le scepticisme. Pour l’Européen en particulier, le problème n’est pas de participer à une sorte de croyance vague qui pourrait être acceptée par tout le monde ; sa tâche, c’est Heidegger qui le dit : « Il nous faut nous dépayser dans nos... [Lire la suite]