dimanche 31 janvier 2016

CETTE EMOTION APPELEE POESIE...Extrait

« ... les vrais poètes ne peuvent prouver la poésie qu’en poétisant, si je puis dire. Pour moi, à qui certains prestigieux moyens n’ont pas été très libéralement départis, je suis bien obligé de m’y prendre autrement. On a souvent dit et répété que la poésie, comme la beauté, était en tout et qu’il suffisait de savoir l’y trouver. Eh bien non, ce n’est pas du tout mon avis. Tout au plus accorderai-je que la poésie n’étant au contraire nulle part, il s’agit précisément de la mettre là où elle aura le plus de chance de pouvoir... [Lire la suite]
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samedi 23 janvier 2016

VERT PARADIS...Extrait

Sauvaire, que mon grand-père connut, avait mis son peu d’argent dans ce petit carré de terre rouge ; il l’avait enfermé de murettes faites avec les pierres tirées de son champ. Il y avait planté des oliviers, des vignes, des amandiers. Il avait suivi jour après jour, heure par heure, la croissance de ses plantations. Pour la pause de midi, il avait creusé dans l’épaisseur de la muraille, un abri où il se mettait quand il pleuvait. Dedans, il s’était fait un siège avec une pierre plate, et un autre dehors bien ensoleillé, abrité... [Lire la suite]
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lundi 18 janvier 2016

LA FLAMME D'UNE CHANDELLE...Extrait

La poésie est un émerveillement, très exactement au niveau de la parole, dans la parole, par la parole. Le problème du poète est donc d’exprimer du réel avec de l’irréel. Il vit, comme nous l’indiquions dans notre avant-propos, dans le clair-obscur de son être, tour à tour apportant au réel une lueur ou une pénombre et chaque fois donnant à son expression une nuance inattendue ... Et quand la sur-flamme reprenait existence, vois, mon enfant, me disait la grand-mère, ce sont les oiseaux du feu. Alors, moi-même rêvant toujours plus... [Lire la suite]
mardi 29 décembre 2015

LA TRAVERSEE DES OMBRES...Extrait

C'était la fin de l'été, à la tombée du jour - faut-il dire tombée du jour ou de la nuit ? - chez des amis, à la campagne. Un moment de douce mélancolie : l'automne s’annonçait, je m’apprêtais à quitter mes hôtes, sans doute pour longtemps.Au-delà des limites du jardin, avec sa pelouse fraîchement tondue, ses fleurs, sa tonnelle : un chêne. Je l'avais vu, admiré, ce chêne, plus d'une fois, son fût bien droit, sa ramure puissante, son feuillage que le vent faisait légèrement vibrer, ses racines noueuses, sa cime. Il me donnait un... [Lire la suite]
dimanche 20 décembre 2015

GASTON BACHELARD

Les mots - je l'imagine souvent - sont de petites maisons, avec cave et grenier. Le sens commun séjourne au rez-de-chaussée, toujours prêt au commerce extérieur, de plain-pied avec autrui, ce passant qui n'est jamais un rêveur.Monter l'escalier dans la maison du mot c'est, de degré en degré, abstraire. Descendre à la cave, c'est rêver, c'est se perdre dans les lointains couloirs d'une étymologie incertaine, c'est chercher dans les mots des trésors introuvables.Monter et descendre, dans les mêmes mots, c'est la vie du poète.Monter trop... [Lire la suite]
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mercredi 11 novembre 2015

JOSEPH DELTEIL

Aucune partie du monde ne me semble médiocre, aucune cellule animale ou végétale ne me semble indigne de l’art. Au point de vue vital, une fleur qui fleurit, c’est aussi beau et mystérieux qu’un Bergson qui pense. La matière est une, et je tâche de trouver les harmonies nécessaires, les justes correspondances, entre un grain de sable et un cœur de femme. .   JOSEPH DELTEIL . Oeuvre Nathalie Magrez
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lundi 19 octobre 2015

PIER MAYER DANTEC

Quel que soit leur âge ou leur visage, les hommes sont beaux, quand leur âme n'est pas noire et que leur esprit n'est pas celui d'un reptile, d'un chacal ou d'une hyène. Le reste, c'est une question de degrés, de nuances, ou de types de beauté, même si, entraîné à certain esthétisme par une civilisation qui la met en valeur jusqu'à la folie, notre œil a toujours plus d'agrément autour de l'apollinien. Mais qui sait encore voir le beau dans l'étrange et le fantastique, qui sait encore voir la lueur chez le vagabond chu du ciel ? Qui... [Lire la suite]
dimanche 4 octobre 2015

FREDERIC LENOIR

Il aimait surtout s'étendre dans l'herbe, à une courte distance de la rivière, fermer les yeux et écouter le chant de la nature. L'écoulement de l'eau formait une sorte de grondement continu sur lequel venaient danser une multitude de voix les plus variées : le cri aigu du pinson, le sifflement du vent dans le feuillage des peupliers, le piaillement des mésanges, le frêle grésillement d'une sauterelle. Il lui arrivait d'être si intensément présent à cette symphonie pastorale qu'il se sentait fondre dans cet univers de sons jusqu'à... [Lire la suite]
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mercredi 23 septembre 2015

POEME DE L'OLIVE

Ce temps des olives. Je ne connais rien de plus épique. De la branche d'acier gris jusqu'à la jarre d'argile, l'olive coule entre cent mains, dévale avec des bonds de torrents, entasse sa lourde eau noire dans les greniers, et le vieilles poutres gémissent sous son poids dans la nuit. Sur les bords de ce grand fleuve de fruits qui ruissellent dans les villages, tout notre monde assemblé chante. Il y a d'abord les blondes chansons des jours clairs et le basson des vieilles femmes, et celle qui détonne, et tous ceux des vergers... [Lire la suite]
mardi 22 septembre 2015

OSTINATO...Extrait

Se forcer à ne voir du monde que la beauté est une imposture où tombent jusqu'aux plus clairvoyants, et à qui la faute sinon au monde lui-même dont ce siècle finissant aura révélé par une somme inouïe de forfaits qu'à moins de fermer les yeux on ne peut désormais le souffrir qu'aux dépens de la rectitude du jugement ni le regarder de face qu'en limitant à l'extrême son angle de vision. C'est qu'au vu ou au su de tant d'atrocités commises et qui se perpétuent de toute parts comme les stigmates d'un mal absolu, le simple fait de vivre... [Lire la suite]