lundi 16 décembre 2013

LA POETIQUE DE LA RÊVERIE...Extrait

 Je suis un rêveur, un rêveur de mots écrits. Je crois lire. Un mot m'arrête. Je quitte la page. Les syllabes du mot se mettent à s'agiter. Des accents toniques se mettent à s'inverser. Le mot abandonne son sens comme une surcharge trop lourde qui empêche de rêver. Les mots prennent alors d'autres significations comme s'ils avaient le droit d'être jeunes. Et les mots s'en vont cherchant, dans les fourrés du vocabulaire, de nouvelles compagnies, de mauvaises compagnies. Que de conflits mineurs ne faut-il pas résoudre quand, de la... [Lire la suite]
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dimanche 8 décembre 2013

UN ARBRE, UN HOMME...

On se désaltère à la bouche de la langue. Les lèvres du vieil homme aux cheveux blancs sont recouvertes de terre depuis trente années. Celles d’un autre remuent plus vivement depuis quinze ans. Combien de fois image-t-il sa vieillesse ou sa mort dans cette écriture réceptacle ? La seule scène de la grande Absence serait celle d’un effondrement du corps à terre, sur une des allées du jardin, la main portée au cœur dans une vive douleur, un cœur dans un étau qui se resserre sûrement. Une pierre au cœur, juste avant de céder. La... [Lire la suite]
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mardi 22 octobre 2013

L'IRREVERSIBLE ET LA NOSTALGIE...Extrait

 Au premier abord on peut croire que l’irrévocable et l’irréversible se contredisent : selon qu’on insiste davantage sur la pérennité fidèle d’une durée conservatrice ou sur la fluidité insaisissable du devenir, on accentuera plutôt l’irrévocable ou plutôt l’irréversible ; l’irréversible, on l’a vu exprime que l’homme ne peut revenir sur ses pas, marcher dans les traces d’hier, revivre ou répéter sous sa forme primitive une expérience ancienne, faire renaître enfin le passé ; et l’irrévocable, à l’inverse, exprime que le passé ne... [Lire la suite]
dimanche 13 octobre 2013

JEAN TARDIEU

"Nous voulons nous étourdir à force de lampes et de bruit. Tous nos livres, toutes nos actions ne sont remplis que du fracas des jours. Pourtant ce qui nous gouverne - instincts, imagination, rêves, passions, pouvoir créateur - plonge dans une ombre sans contrôle. Nous implorons, nous espérons la lumière, alors que, par un effet contradictoire, cette obscurité qui nous terrifie nous alimente puissamment.Mais il y a autre chose. Cette nuit si terrible apparaît bénéfique si nous l'embrassons, les yeux ouverts, dans la vérité du regard."... [Lire la suite]
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mercredi 9 octobre 2013

LETTRE D'ABRAHAM LINCOLN AU PROFESSEUR DE SON FILS

"Il aura à apprendre, je sais, que les hommes ne sont pas tous justes, ne sont pas tous sincères. Mais enseignez-lui aussi que pour chaque canaille il y a un héros, que pour chaque politicien égoïste, il y a un dirigeant dévoué... Enseignez-lui que pour chaque ennemi, il y a un ami. Eloignez-le de l'envie... si vous pouvez, enseignez-lui le secret d'un rire apaisé. Qu'il apprenne de bonne heure que les tyrans sont les plus faciles à flatter... Enseignez-lui si vous pouvez, les merveilles des livres... Mais laissez-lui un peu de... [Lire la suite]
dimanche 6 octobre 2013

LA MORSURE DES MOTS SÛRS...Extrait

Il y a des mots qui font plus mal qu’une claque. Des mots qui claquent dans la malle de la mémoire. À la consigne de l’oubli, j’ai planqué ma mémoire. Elle est revenue puisqu’elle m’est recommandée, paraît-il. « Am’nez-y, am’nezy, elle est à lui ! » hurlait une voix. Léguer mon cerveau à la science. À quoi bon, puisqu’il est vide. Je léguerai mon cerveau à un antiquaire pour qu’il en fasse, allez ne mégotons pas, un cendrier. Comme ça je sentirai rouler en moi les cendres des vivants. Je serai l’unique lecteur du courrier des lèvres.... [Lire la suite]
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samedi 28 septembre 2013

GASTON BACHELARD

Merci à Sylvie B. ... " Un homme solitaire, dans la gloire d'être seul, croit pouvoir dire ce qu'est la solitude. Mais à chacun sa solitude. Et le rêveur de solitude ne peut nous donner que quelques pages de cet album du clair obscur des solitudes. Pour moi, tout à la communion avec les images qui me sont offertes par les poètes, tout à la communion de la solitude des autres, je me fais seul avec les solitudes des autres. Je me sens seul, profondément seul, avec la solitude d'un autre" ...   .   GASTON BACHELARD ... [Lire la suite]
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jeudi 26 septembre 2013

ANDRE MALRAUX

 Lever la tête, lever les yeux et voir.  Il est impossible de vivre une vie paisible, sans embûches, sans accidents, sans égratignures, sans épreuves. Ce qui est le plus dur est de les affronter, de pouvoir vivre avec, de pouvoir les faire siennes.   Je crois qu’il ne faut pas les fuir, car plus on les fuit plus la douleur reste ici près de nous latente, s’amplifiant. Il faut alors réussir à les apprivoiser, les comprendre, se laisser glisser avec pour ne faire plus qu’un et ainsi pouvoir les dompter, juste le... [Lire la suite]
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jeudi 26 septembre 2013

JULIE OU LA NOUVELLE HELOÏSE...EXTRAIT

 Le paradoxe du désir, c’est qu’il y a une extrême jouissance à ne pas encore jouir ! Ce bonheur de l’imminence doit beaucoup à l’imagination, qui donne à poursuivre des biens inexistants mais attrayants. Ainsi, la jouissance réside t-elle moins dans la possession effective, que dans l’espérance de parvenir à un bien. Le bonheur ne nous advient donc pas dans (l’impossible) satisfaction de tous nos désirs, mais, paradoxalement, dans son espérance ou dans sa promesse même ! Tant qu’on désire on peut se passer d’être heureux ; on... [Lire la suite]
lundi 16 septembre 2013

AURELIEN...Extrait

« Qui a le goût de l’absolu renonce par là au bonheur... …Pourtant, si divers que soient les déguisements du mal, il peut se dépister à un symptôme commun à toutes les formes, fût-ce aux plus alternantes. Ce symptôme est une incapacité totale pour le sujet d'être heureux. Celui qui a le goût de l'absolu peut le savoir ou l'ignorer, être porté par lui à la tête des peuples, au front des armées, ou en être paralysé dans la vie ordinaire, et réduit à un négativisme de quartier ; celui qui a le goût de l'absolu peut être un innocent, un... [Lire la suite]
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