lundi 2 septembre 2013

OSTINATO...Extrait

Le gris argent du matin, l'architecture des arbres perdus dans l'essaim de leurs feuilles. Le parcours du soleil, son apogée, son déclin triomphal. La colère des tempêtes, la pluie chaude qui saute de pierre en pierre et parfume les prairies. Le rire des enfants déboulant sur la meule ou jouant le soir autour d'une bougie à garder leur paume ouverte le plus longtemps sur la flamme. Les craquements nocturnes de la peur. Le goût des mûres cueillies au fourré où l'on se cache et qui fondent en eaux noires aux deux coins de la... [Lire la suite]
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mercredi 28 août 2013

ÊTRE LYRIQUE...

Certains ne deviennent lyriques que dans les moments décisifs de leur existence ; pour d'autres ce n'est qu'au moment de leur agonie, où tout le passé s'actualise et déferle sur eux comme un torrent. Mais dans la majorité des cas, l'explosion lyrique surgit à la suite d'expériences essentielles, lorsque l'agitation du fond intime de l'être atteint au paroxysme. Ainsi, une fois prisonniers de l'amour, des esprits enclins à l'objectivité et à l'impersonnalité, étrangers à eux-mêmes comme aux réalités profondes, éprouvent un... [Lire la suite]
vendredi 16 août 2013

PROPOS SUR LA NATURE...Extrait

  En ce point de la côte, la mer n'a pas usé le rivage par de grandes plages entre deux becs de schiste ; mais la terre nourricière se trouve tranchée comme la bêche par de profondes entailles, et séparée en îlots grands comme des maisons, chacun élevant au niveau des moissons une table de terre fertile, ornée des mêmes plantes que le rivage. Vue de loin, la frange verte semble continuée ; de plus près, on découvre ces grandes coupures qu'on dirait d'hier. Les champs de blé et de betteraves et les petits murs courants conduisent... [Lire la suite]
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lundi 12 août 2013

MEMOIRE DE LA MER...Extrait

Après les sens qui se sont fermés, ce sont toutes les fonctions du corps qui sont frappées d’inertie. Elle passe de brancard en brancard, d’hôpital en clinique. Elle est ici ? Non, elle est là, suivant les semaines. Aucun hôpital ne guérit plus. On fait semblant de réparer un peu, pour qu’elle reparte ailleurs. Que je te pousse et te pousse, pompe et pompe, vide, remplisse. On l’évacue comme une noyée que l’on rejette dans le courant. Les yeux toujours fixant la mort. Sent-elle ? Ne sent-elle pas ?   Mais le cœur... [Lire la suite]
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mardi 23 juillet 2013

GEORGES BATAILLE

“À la base, la passion des amants prolonge dans le domaine de la sympathie morale la fusion des corps entre eux. Elle la prolonge ou elle en est l’introduction. Mais pour celui qui l’éprouve, la passion peut avoir un sens plus violent que le désir des corps. Jamais nous ne devons oublier qu’en dépit des promesses de félicité qui l’accompagnent, elle introduit d’abord le trouble et le dérangement. La passion heureuse elle-même engage un désordre si violent que le bonheur dont il s’agit, avant d’être un bonheur dont il est possible de... [Lire la suite]
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samedi 6 juillet 2013

SUR LES CÎMES DU DESESPOIR...Extrait

Les hommes travaillent généralement trop pour pouvoir encore rester eux-mêmes. Le travail : une malédiction que l'homme a transformée en volupté. Œuvrer de toutes ses forces pour le seul amour du travail, tirer de la joie d'un effort qui ne mène qu'à des accomplissements sans valeur, estimer qu'on ne peut se réaliser autrement que par le labeur incessant — voilà une chose révoltante et incompréhensible. Le travail permanent et soutenu abrutit, banalise et rend impersonnel. Le centre d'intérêt de l'individu se déplace de son milieu... [Lire la suite]
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lundi 1 juillet 2013

MORCEAUX DE CIEL

Un jour, on s’aperçut que le Monde courait à sa perte et à sa destruction. Quelque chose avait failli, quelque chose d’effondré. La lumière, surtout, la lumière n’avait plus sa transparence habituelle. Tout semblait recouvert d’un grand voile, comme une taie sur l’œil de celui qui tentait de voir le monde et n’arrivait plus à retrouver ce sentiment de la lumière qu’il avait eu un jour. Cette étrangeté de la lumière provoquait de grandes perturbations, certaines personnes ne pouvaient plus marcher normalement, d’autres avaient le... [Lire la suite]
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vendredi 21 juin 2013

LE TROISIEME SOUFFLE...Extrait

 Merci à Yasmina pour m'avoir dirigée sur ce texte   . Les fissures du pilier ruineux laissent s’échapper le murmure du soir. II s’évapore en tournoyant doucement dans l’herbe écumeuse. De nouveau et plus loin, nous devons nous efforcer d’entendre ce qui sourd de l'inconnu. Attentifs à tous les sons, ceux qui grondent comme ceux qui apaisent, et même aux gémissements qui s’appuient sur l’ombre souillée et coléreuse du malheur. C’est en effet la période du mépris, de l’arrogance et du soupçon. L’heure peureuse nous avait... [Lire la suite]
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vendredi 24 mai 2013

LE MIROIR EBLOUI...Extrait

Un miroir, voilà ce que nous sommes, lorsque nous prêtons une attention passionnée et émerveillée aux œuvres des arts créateurs.   Les formes, les couleurs et les sons qui nous fascinent ont produit sur nous un effet de choc, comparable à celui que rencontrent nos yeux lorsqu’ils sont éblouis par une lumière intense.   En pénétrant par effraction dans notre conscience, ils ont agi sur nous comme le soleil regardé trop longtemps : un vertige du regard qui nous dérange et qui nous comble en même temps.   ... [Lire la suite]
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lundi 6 mai 2013

JE VOUS ECRIS DE MES LOINTAINS

« Je vous écris de mes lointains, d’un horizon empli du sel des embruns ; je vous écris avec l’encre des souvenirs, de la pluie sur la joue, de la tendresse dans les lignes des mains. La saison sombre est à son comble ; les hurlements de la houle frappent sans fin la drisse de l’ouvrage. En secret, des îles me font escorte. Un feu s’allume sur la falaise… Gouttes en sourdine sur le caillebotis des mots, notes épinglées au fil des nuages. J’écris sans trouble des mots qui filent avec les ailes du silence. Ouvert à l’inconnu, j’accepte... [Lire la suite]
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