mercredi 30 août 2017

MURIELLE COMPERE-DEMARCY ...Extrait

Et ce ciel a dévoré jusqu’à l’avant- dernière miette de cette nuit aux sangs retournés en-dedans de nos lèvres ourlées de mots abouchés au noir de l’horreur ô silence de cette nuit retournée à l’envers comme la liberté de nos gestes dans ce désastre des fenêtres Ce qu’il restait de soleils lucidité acide un zeste d’humanité & de miel gicle dans ce bleu de déveine violacée de liberté violée rognée en plein ciel Ce qui veillait encore de nuit lueur d’espoir en vie XXIème siècle de boucherie où des tueries... [Lire la suite]

jeudi 3 août 2017

PERSONNE NE ME CONSOLE PLUS

 Personne ne me console plus, ma mère. Ton cri n’arrive pas jusqu’à moi même en songe. Il n’arrive pas une plume de ton nid sur cette rive.   Les soirs bleus, est-ce toi qui attends les mulets à la porte, les mains cachées dans les plis de ta robe ? Lis-tu dans le feu les combats qui dispersent tes fils aux abords des villes ?   Un abîme entre nous, un flot nous sépare qui coule entre les digues d’où s’élève de la fumée. Ces étoiles sont-elles tiennes ? Ce vent, celui de la terre ? Est-il notre... [Lire la suite]
jeudi 18 mai 2017

UNE JOURNÉE BIEN REMPLIE... Extrait

Beauté, ce grand espace tout noirOù l’homme s’avance les yeux fermésUn bouquet de coquelicots jeté sur l’épauleCe mauvais air qu’on souffle sur les âmesLe bruit des songes qui épouvante le mondeJamais ne me feront oublier, Beauté,Ton regard trop brillant, ta gorge blanche, tes bras.La terre me retient d’une main tremblanteCar la mort est un dur voyage pour l’homme seulQuand Dieu se fait vieuxEt n’est plus fidèle aux rendez-vous qu’il donne.Déjà le radeau de la chance se soulèveLe vent de la chance tourneL’abîme me prend par le bras,... [Lire la suite]
vendredi 5 mai 2017

L'EROSION DE L'ÂGE

Je m’enfonce à nu dans le précipice sous ce ciel réfractaire mon souffle vagabonde j’interroge l'épitaphe de l'obscure absence en exil je cueille l'érosion de l'âge j'espère l'indulgence de l'éloignement une armée de cris s'est tue dans ma prairie seul je brave l'incendie de l’étrange songe mon ombre enchaînée à son brasier se consume dépourvue de compassion je jure sur le parvis de cette danse avec l’abîme que la valve de mon cœur ne pliera pas devant le sentier paradoxal de la cruauté je vous ai laissé les ossements de ma... [Lire la suite]
jeudi 16 février 2017

FRANKETIENNE...Extrait

La dure soif jusqu’aux affres des lampes éclatées sursaturées de sable et de gangrène la flamboyance aux aboiements de la rage la rougeoyance aux jappements de l’orage tandis que vocifèrent des rafales frénétiques de cloches déracinées surgissant des clartés anonymes et le désert s’anime de lumières cathédrales en un festin de sel vénéneux un bâillement de ténèbres déchouquées rompant la drivaillerie nocturne des fantômes maquillés de faux astres la supercherie des soleils travestis de chiquetailles d’aube ou de mardigratures... [Lire la suite]
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dimanche 6 mars 2016

IL Y A UN VIDE

A côté de chaque ligne, il y a un vide. Est-ce l’ombre que la ligne projette ou le modèle qu’elle copie? De toute manière, qu’est-ce qui soutient la ligne et comment ne se perd-elle pas dans le vide? Sous chaque couleur, il y a un vide. Chaque couleur est-elle la naissance d’un abîme ou seulement sa surface habitable ? De toute façon, que dit ainsi la couleur et que dirait-elle s’il n’y avait pas de vide? Dans chaque corps, il y a un vide. Le corps est-il un refuge du néant ou seulement un malentendu entre ses cavités? Mais alors... [Lire la suite]
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samedi 6 juin 2015

TORRENT...Extrait

Le monde est une clôture d’épinesToile d’araignée où rampent des enfants aveuglesLe soleil pleut une aube sans habitsEt un violon ébauche une prièreMais reste muetL’œil strabique de Dieu a perdu son axeLes corbeaux dévorent les colombesLa bonté efface les lignes de sa mainEt Géricault esquisse un Radeau rédempteurMais il meurtTout est abîmeIronie de l’histoireLa chaîne d’or de ton enfanceSe penche avec ton couPour féconder ma boucheNous germonsL’amour consolera peut-être de tant d’ombreLa douleur sanglotera peut-être aux éclats . ... [Lire la suite]
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samedi 7 mai 2011

SANS ESCLAVAGE

Un jour et des montagnesLorsque le jour ne tient à rienLa bise seule est saisissableUn homme marche- J’ai tué la clémence dit-ilSourire d’enfant il est câlinFier et navré près du ciel qui s’estompeSerait-ce à toi de l’incliner à la bonté?Je ne suis pas responsable du destin de mon frère Crie Caïn tu cries je crieSi j’étais responsable de l’hommeDe qui l’homme serait-il responsable?La montagne se tait Equilibre sur ses étagesLa discrétion rayonneL’homme continue de marcherEntre son charme et sa méchancetéChacun dans une mainEt ses... [Lire la suite]
Posté par emmila à 21:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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mardi 20 juillet 2010

DITS D'UN LIVRE DU SILENCE...Extrait

Quand l’abîme brûlera ton visage,là,juste à l’extrême bord du roc,- veuille la nuit(qui les a pistés, longtemps traqués parmi la neige)détourner les mots,les écarter assez de toipour qu’aucun d’eux n’assèche ton sang,n’ait le pouvoir de te détruire !Seule la pure fête du vide,la pure présence de Personneaniment, consacrent, sanctifientles îles,- laissent (comme dans certains champs d’ombrellesl’odeur du miel, le soir, en montagne)y faire irruption la sève…L’être ne hante que le non-dire,le non-livre,- l’enfin de ce qui ne s’écrit... [Lire la suite]
Posté par emmila à 15:25 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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