mercredi 22 janvier 2014

ECRIS LA VIE

L'encre s'amenuisemais la mer est à l'horizonQu'est la mersinon l'encre du cielque les terres émergéesn'ont pas su retenirNos écritures s'en vont Elles coulent et vont se fondredans la houleDe cette houlenous gardons une vague mémoireavec comme un grain lumineuxde connaissance inaltérableLes mains vides ou pleinesnous retournons à l'eauA la terreau cielpeu importeLe labyrinthe de l'espritest notre seul cheminune voie de salutque nous nous accordons à nous-mêmesTant mieux si quelqu'un nous entendTant pis si l'échoest happé par un trou... [Lire la suite]

mercredi 4 septembre 2013

RUSES DU VIVANT

  Même innocents du sang de notre prochain il nous arrive de tuer la vie en nous Plusieurs fois plutôt qu’une     Le voile qui nous recouvre les yeux et le cœur Les barricades que nous dressons autour du corps suspect La lame froide que nous opposons au désir Les mots que nous achetons et vendons au marché florissant du mensonge Les visions que nous étouffons dans le berceau La sainte folie que nous enfermons derrière les barreaux La panique que nous inspirent les hérésies La surdité élevée au rang d’art consommé... [Lire la suite]
mardi 26 février 2013

MILLE ET UN ENFANTS

 Pour mille et un enfants effacés d'un trait de haine à l'aube muette des peuples fous de parole Pour mille et un enfants jetés dans la fosse du ciel avec la chaux incandescente de leurs pupilles Pour mille et un enfants partis avec la panoplie des espoirs les derniers cierges trempés dans la ciguë du désert Pour eux cette prière hérétique dans la pâleur de l'exil levant vipère autour du cou crachats refroidis vomissures noires d'ivresse sans bride chair spasmodique bile torve d'ébloui ssements Pour eux... [Lire la suite]
dimanche 30 décembre 2012

LE DERNIER POEME DE JEAN SENAC

Il ne s'est pas enfermé pour écrire son poème a flairé le danger lui a laissé la porte ouverte Pas de poème sans risque Sa barbe lissait le pubis de la page transparente et ses lèvres murmuraient la sourate du pardon Il dessina d'abord un soleil un petit rond d'écolier affublé de rayons démesure La nuit criait au viol Alger buvait à mort entre hommes Puis il tailla son crayon ou se taillada une veine mais j'imagine qu'il écrivit au rouge sans ratures les fragments que voici: « Naufrage des doigts sculptés dans le silence D'autres... [Lire la suite]
mercredi 3 octobre 2012

TOUS LES DECHIREMENTS, MIGRATION - OEUVRE POETIQUE I

Soudain, la viela rose de liberté, quand elle s'ouvrene se referme plusrose persistantenée de trois élémentsau même instant que le malsans lequel elle serait invisiblesans parfum, trompeusetelle une fleur artificielleAvec elleprends ton temps, l'étrangercar dorénavant elle te seraunique trésorunique héritagedepuis que Fès est sortie de la merpour t'y jeteravec un pétale de reconnaissanceet la parole secrètequi demeurera secrètejusqu'à l'autre départle véridiquequand ta voix s'effilochera peu à peuau levant de l'oubliquand ton odeur... [Lire la suite]
dimanche 4 septembre 2011

ABDELLATIF LAÂBI

Parce qu’ils en disent trop les mots disent à peine la braise secrète du coeur Quand nous reconnaîtrons-nous dans le silence de nos corps écrits jusqu’au sang houleux de ce désir qui se jette dans l’océan de la bonté? Les mots ont besoin eux aussi d’être bercés afin de s’assoupir sur le sein de leur nourrice et rêver . . . ABDELLATIF LAÂBI . . .
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lundi 22 août 2011

LE REGNE DE LA BARBARIE...Extrait

(...) Quant à vouspoètes de ces temps de lucrevendeurs de poésieen petites tranches d'émotionen petits sachets d'érotismemystiques à cœur de faussetn'arrivant pas à la cheville d'Al Hallajgrands démissionnaires de la lutte de nos peuplesvouscamouflant votre impuissancederrière les théories ronflantes du Grand Artcomplexés jusqu'à la moellepar les reflets vacillantsd'une littérature qui se meurtsur les rives de la Seineou de la Tamisej'empaille vos écrituresdans le musée de mes anciennes illusionset je tends la mainà mes frères... [Lire la suite]
dimanche 7 août 2011

CHANT DE L'AUBE

De l'aubeje vois les chaînesque tu écartes d'un revers de lumièrecomme si tu peignaispar compassion extrêmeA peine as-tu trempé tes doigtsdans la sourcel'océan du ciel frissonne sous la caresseles couleurs ôtent leur suairepour s'adonner à l'étreinteTon chant que voilàépris du blancque la mort daigne laisserderrière ellepour que nous autres vivantsy tracions nos marelles . . . ABDELLATIF LAÂBI . . . Oeuvre de Stello Bonhomme    
vendredi 15 juillet 2011

PÂTURAGES DU SILENCE..Extrait

Revenez mes doux amis J'aurai pour vous des mots encore plus simples J'aurai pour vous ces racines que je me gardais pour les mauvais jours de l'indifférence humaine J'aurai pour vous ce pan de ciel non révélé où je fais et défais les saisons torrides du dire où Dieu prend ombrage de ma puissance j'aurai pour vous la fontanelle de mes paumes étalées sur les étoiles Je vais vous dire ma palette cri Noir d'alerte saccadant l'inaudible Blanc solennel dardant l'éphémère Jaune miel reclus dans ma luette Bleu blême transperçant la... [Lire la suite]
mercredi 11 mai 2011

FRAGMENT D'UNE GENESE OUBLIEE...Extrait

Le cri se tutEt l’écho avecLe voile prodigieux du calme recouvrit toutNul soufflenulle vaguenul envolLaps de doute ou retour à l’originelle paressela féconded’où la beauté tient sa langueurses jambes arquéesouvertes à la houleses chevilles de nectarhumectéesÔ silencefaille si rareoù se reposer de la vie et du trépasdes batailles pour un oui ou pour un nondes petits actes qu’on croit grandsde l’engrenage désirant du corps des pas qui n’écourtent le cheminque pour creuser l’éloignementdes lourdes secondes battant sauvagement les... [Lire la suite]