lundi 16 octobre 2017

LE CERF-VOLANT

Ne me réveillez pas ce soir. N’allumez pas les lampes de vos rancœurs. Laissez-moi seulement m’apaiser de moi-même, de toutes ces larmes tombant sur le sable, de ces veillées d’absents, de ces exils acceptés, de tout ce temps ancré dans les veines de ce corps qui fatigue. Visitez-moi avec tout l’or de vos yeux, le trésor de votre présence, vos armes déposées aux pieds de nos défaites. Accompagnez-moi dans vos galeries obscures. Nous rejoindrons ensemble des beautés insoupçonnées dans les poumons de la joyeuse prairie des hommes. Et... [Lire la suite]
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mardi 10 octobre 2017

L’ESPOIR LUIT

Je raccrocherais bien les gants Les téléphones et surtout Les wagons et le boucan ferraillé De cet interminable train de marchandises Où des enfants vieillis échangent des promesses de papier Puis les oublient, enterrées sous les arbres, Qu’une voix de synthèse réponde A l’appel de mon nom il n’y a plus Personne au numéro que vous demandez Personne sur le ring pas d’adversaire, Personne, regardez, Et pas de titre à conquérir Ou à donner au chapitre, à ses silences, Aux blancheurs qui l’ont envahi peu à peu Aux mots vidés de sens... [Lire la suite]
samedi 7 octobre 2017

ANTHOLOGIE 3 ( 1977-2017 )

Pour mon amie Evy Aegerter (1959-2005)   . Tu n’as plus à plonger dans le puits Tu es le puits Tu n’as plus à te défier De la pluie Tu es devenue la pluie Ton corps fracassé peut se passer De souffrir Tu peux marcher sur le versant De la montagne Tu peux marcher Je ne sais qui pourra nous dire Pourquoi Je ne sais pas qui pourra nous prévenir Et si nous pourrons refaire le chemin Différemment La page se referme sur tes années d’enfance Les hommes de ta vie s’éloignent Le silence La difficulté d’aimer Tu pousses la porte... [Lire la suite]
vendredi 29 septembre 2017

L'ORANGERIE

L'idée me vient que je suis pur et je demeure Dans la haute maison dont je m'étais enfui. Oh pour que tout soit simple aux rives où je meure resserre entre mes doigts le seul livre et le prix. Lisse-moi, farde-moi. Colore mon absence. Désoeuvre ce regard qui méconnaît la nuit. Couche sur moi les plis d'un durable silence, Eteins avec la lampe une terre d'oubli. .   .   . YVES BONNEFOY .   .   .  
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dimanche 10 septembre 2017

MEMOIRES SANS VISAGES & AUTRES TEXTES...extrait

J’ai les yeux hagards d’avoir trop regardé les soleils tristes des déserts Et j’ai roulé dans une détresse de chardons Le port, je le refuse Si j’ai mené les barques noires sous la lune, c’était par pur délire de naufrage Rien n’a sombré, que moi-même, et ce centre brûlant du vide, sphère de vent, géologie morbide J’ai les stigmates de l’absence, je me cherche dans les varechs, dans les cactus, les ammonites et le gypse Quel geste me rendra le jeu de vivre parmi les coquelicots fragiles Et les rires ?   .     ... [Lire la suite]
mardi 5 septembre 2017

MARIO BENEDETTI

Chaque fois qu'ils nous donnent des cours d'amnésie comme s'ils n'avaient jamais existé les yeux combustibles de l'âme ou les lèvres de la peine orpheline chaque fois qu'ils nous donnent des cours d'amnésie et nous pressent d'effacer l'ivresse de la souffrance je suis convaincu que ma région n'est pas le divertissement d'autres   dans ma région il y a des calvaires d'absence des souches futures/des banlieues de deuil mais aussi des candeurs de hanche des pianos qui tirent des larmes des cadavres qui regardent... [Lire la suite]

dimanche 3 septembre 2017

MES NUITS VEILLENT SUR MOI LE JOUR...

Mais qui es tu, intriguant et fidèle visiteur de mes nuits ? Dans la foule intense et pourtant invisible, ton bras entoure mon cou, ta main s'est arrêtée sur mon épaule je me suis laissée emmener sans essayer de voir à qui appartenait ce collier inattendu et rassurant. Dans un jardin de fleurs sans parfum, assise sur un banc je n'ose te regarder par crainte de te perdre . Derrière , un bruit d'eau , peut- être une fontaine ?  Le son de ta voix ne me parvient pas. Mais qui es-tu, toi que j'espère le soir en... [Lire la suite]
mercredi 30 août 2017

BRUNO ODILE...Extrait

Souverain, l’échange naît dans la déchirure de soi, là où dans un renfoncement de l’esprit, le neuf et l’ancien font orage.   Les phrases transportent des fagots aux allures martiales. Un escadron de mots traverse le brouillard des plaines matinales avant de glisser sur des plaies mal refermées. Je sens la matière proche et pénétrable. Des centaines de serments demeurent attachés les uns aux autres dans l’attente d’une libération providentielle.   Il m’aura fallu sarcler, puis labourer encore et encore pour extraire de... [Lire la suite]
samedi 26 août 2017

LE SILENCE DES PIERRES - MYSTES - Extraits

La voix déchirée des lunesdérive sur les continentsface aux mémoires engloutieset s’éteint dans la nuit des pierresTout est silence.Elle regarde les oiseaux aux mains coupéesleurs fissures déshéritées, le sol grisla cendre du sens.Il ne se passe rienQuand un monde se meurt.Tout est dans le chant absent. ... Sommes-nous certain de demeurervivantségarés sur les récifs de ce temps ?Il y a ici-bas un arbre dresséles bras en croixet une perle clouée, crucifiée.Il y a ici-bas, la trace argentéedes racines, la roséeet pourtantSommes-nous... [Lire la suite]
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mardi 22 août 2017

DANS LA RUE COURTE

Mon frère, ne reste pas trop longtemps dans les creux et les ronciers. Je peux t’imaginer vivant dans ces résines que sont les images vives de la mémoire. Je me fais à ton absence. Je n’ai pas le choix. Sous les étoiles traversières les vivants sont l’exception et les disparus forment la coque du monde. Je suis dans la rue courte.   .     © PATRICK CHEMIN     .          
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