vendredi 1 avril 2016

JOUR DE LIESSE, JOUR DE COLERE...Extrait

Elle le regarde longuement, détourne les yeux au moindre mouvement qu'il fait. Elle voudrait lui parler, lui demander sa raison d'être là. Elle voudrait l'interroger, l'écouter. Elle voudrait comprendre.Elle craint l'abrupt du regard, l'éclat soudain de la voix. Elle craint le dialogue, elle craint les paroles qu'elle pourrait entendre, qu'elle voudrait entendre pourtant.Le vent souffle avec insolence. Il est toujours rageur ici. Il pousse des débris de végétaux, des papiers souillés, des poussières infimes qui irritent la gorge et... [Lire la suite]
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dimanche 6 mars 2016

AMITIE EQUIVOQUE

D’une nature plutôt curieuse, il avait été intéressé par l’arrivée de l’étrangère, dans le foyer d’accueil où il logeait depuis quelques années.Personne ne l’avait averti du changement. Il ne savait ni qui elle était, ni d’où elle venait, ni qui l’avait présentée. Elle s’était installée alors qu’il était absent.Cette jeune vie avait changé toutes les habitudes de la maison : les enfants étaient distraits et se disputaient les faveurs de l’étrangère, les parents s’inquiétaient de son bien-être, de son confort. Et lui, le vieux garçon... [Lire la suite]
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vendredi 4 mars 2016

SYMBIOSE

 Une très belle nouvelle d'Agnès, toute en  discrétion, délicatesse et sensibilité...Tout ce qu'elle fût... .   Un léger relief arrête la main. A peine sensible, un sillon creuse la surface. La main effleure. Elle tâtonne comme à la recherche de détails estompés. L'arbre a souffert des derniers orages.Il était vieux. Il s'est rendu. Abattu dans l'herbe, il exibe l'indécence de ses racines lourdes de terre. La main qui le frôle est ravinée elle aussi, parcourue de nervures, de ramures... Le rythme lent de la caresse... [Lire la suite]
vendredi 26 février 2016

AGNES SCHNELL...Extrait

Une toile bat dans le vent une porte s'ouvre sur l'imprévisible. Entre l'autre et soi l'épuisant voyage par saccades. Des murs s'effondrent comme dans un demi-sommeil. On grandit non par désir mais par convenances On attend la fraîcheur l'inattendu un rire peut-être ou un adieu à reculons. Farouche on meurt un peu à peine rassasié. Aura-t-on assez touché assez étreint avant de sombrer ?   .   AGNES SCHNELL  2006   .   Oeuvre Montserrat Gudiol
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vendredi 12 février 2016

ABSENCE

Elle portait le doux prénom de Violette… Un prénom suranné qui lui avait valu bien de moqueuses remarques ! Et ce d'autant plus que son teint de blonde tournait rapidement à l'incarnat. Elle avait épousé Freddy… enfin, Alfred.               Alfred et Violette étaient donc unis depuis plus de quarante ans. Il avait perdu cheveux et verve, mais avait gagné en poids. Elle avait troqué sa grâce et ses rondeurs féminines contre des angles et une humeur acariâtre. Il... [Lire la suite]
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vendredi 12 février 2016

LE SECRET DE CLEMENCE

Elle est tassée plus qu’assise. Elle est cassée, en équilibre instable sur un vieux banc. Elle offre du pain sec aux pigeons et aux passants, ses rides. Elle est plus que ridée, Clémence, elle est plissée comme le schiste. Elle est assise, anonyme, discrète et nourrit les pigeons. Elle a beaucoup d’années en trop. Sur son vieux banc de béton, elle laisse le monde venir à elle, elle laisse monter ses pensées. Parfois, elle a des mots de colère muette, des mouvements d’irritation que nul ne soupçonne. Elle pense… Tout ce qui l’entoure... [Lire la suite]
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mardi 2 février 2016

AGNES SCHNELL...Extrait

On pensait jouir de l’infimeombre d’un oiseauchaîne rongée des barqueschuchotis des herbessous la caresse du fleuve…En nos ravins et gravatsen nos lisières flouesla voix jaillissaitet berçante   nous dominait.Il y a de toi à moides pierres que l’on traîneet le sable toujours irritant.Il y a la lumièrele tumulte de l’ignitionet la faim houleuse.Nous sommes soudaindéplacés       destituéstels des insectes évidésun jour de pierre humideet d’enfance éteinte. .   AGNES SCHNELL   . ... [Lire la suite]
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samedi 23 janvier 2016

LES MAISONS DE MA GRAND-MERE...

Un mois déjà... .    Ma grand-mère paternelle, Maria, était une forte femme. Dans tous les sens du terme et plus particulièrement dans son caractère.Solide Flamande, elle savait ce qu'elle voulait et ne se laissait jamais influencer. Elle avait élevé ses neuf enfants quasi seule : mon grand-père était ouvrier saisonnier "loué" et partait souvent pour plusieurs mois.J'ai connu mon aïeule un peu plus de vingt ans et je lui ai connu une dizaine de maisons, au moins !Elle arrivait chez nous, souvent à l'improviste, et disait... [Lire la suite]
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lundi 18 janvier 2016

NUIT

J’évite encore la mort en écrivant un poème Alain Borne .   Gravées dans le béton ou sur l’écorce les traces résistent.   La nuit est venue tôt sur le ciel trop bas. L’eau gronde près des arbres hauts. L’odeur des fruits migre lentement vers une autre saison. On pense aux sources qui naissent et s’éloignent sans nous apaiser.   On reprend le livre usé le dialogue avec le poète mort depuis des ans.   Son chant            ses mots tissent... [Lire la suite]
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dimanche 17 janvier 2016

COMME SI

Poids de terre ou de mousse à soulever à refuser Pourvu que l’on garde entrouverte la porte et cette vibration partagée que l’on n’ose nommer. Pourvu que l’on frappe à poings serrés à poings noués pourvu que l’on soit. Miel amer. Abords du fleuve        éboulés duvets de pollen posés sur le temps et cette nuit qui pèse  silences ou rumeurs peu importe, il faut faire comme si… Pourvu que la porte soit entrouverte et que les vents se pressent pour balayer      ... [Lire la suite]