jeudi 8 novembre 2018

VOCATION BELLIQUEUSE

Laissez-moi, je vous prie, mes armes blanchesBlanches de tous les dieux, de toutes les églises, de tout dogmeDicté par des hommes, fut-il Créon, fut-il Néron,Ou ces modernes conversibles en devisesAllez… Dans ma tribu, on circulait à l'aise entre trois religions,Maronite, orthodoxe, catholique, et pour bousculerLe jeu de quilles j'ai annoncé à la troupe réunie au repas de PâquesQue j'étais en train de me convertir au judaïsme (Rien que pour le haut le corps de Festen cela valait une messe)Plus tard parce que j’apprenais l'arabe,... [Lire la suite]

dimanche 28 octobre 2018

POUR JOUER

C'était l'année des O, on appelait les chatsOscar, Onésime, Orgasme, Out of Africa, Orphée,Et les enfants Odieux, Ours, Ovide, ou Orchestre,Les mots n'avaient plus de sensOn les lisait à l'endroit puis à l'envers, commeNon, puis on disait que Non voulait peut-être dire Oui,Qui pourtant ne peut se retourner comme une chaussetteC'était l'année des O, celle qui suivit l'année des hainesOù les chats s'appelaient Nazi, et les enfants No FuturOn attendait l'année prochaine,Pour que les matous se nomment Paix ou Praxitèle et les enfants... [Lire la suite]
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mercredi 10 octobre 2018

LETTRE D'EXIL

Vit encore, vaguement, vaguelettes frangées aux écumes amères,Bouge, gré des marées, filet jaune accroché au rocher, cédant,Qui disparaît, revient, message au dérisoire,Flotte, bercée par les poissons et les oiseaux de mer,Muette se balance entre l'eau et le ciel, terre lointaine, déjà...Et se défaitBribes d'humain qui perd son langage, trouve celui de l'animal,Puis de l'algue et ses lascivités de l'à quoi bon,Guette déjà le lent mouvement des sables s'enroulant qui s'usent,Parle une langue de pierres noires de silex de coquillages... [Lire la suite]
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dimanche 16 septembre 2018

FRERES DE MEDITERRANEE

Frères de Méditerranée, nés en Afrique, nés en Europe, que les continentsNe contraignent pas ne contiennent plus(Alors, les pays…) Frères noir bleu, noir d'éclair, bistres, basanés, ocres,Frères des grands rivages et des criques cachées,Frères des générosités, des pirogues des felouques frères des voiliers,Frères des voyages et des voyageurs, frères des langues que nous nous échangeonsGages de paix, Frères droits dans la mort et dans l'amitié Frères de pitié,Frères des khamsins et des meltems, Frères des vents insaisissables et des... [Lire la suite]
lundi 6 août 2018

CONSTRUCTION FRAGILE

  Couds à larges pointsDe bord à bord de la MéditerranéeDes fils pour funambules et des passerellesFemelles des passereaux qui volent bienheureuxDes chemins de corde et de sacs des sentiersOù l’on va à pied sec du cœur de l’Afrique rayonnanteA mon cœur exilé et à mes bras ouvertsVenez ! Venez, pour que je partePuisque vous arrivez de là d’où nous sommes Venus tousQue serait-il advenu si l’on nous avait chassés?   .     ALEXO XENIDIS     .   Oeuvre Goxwa Borg
samedi 7 juillet 2018

CARTON D’INVITATION

Où es-tu maintenantSyrie, à une lettre près de la Liberté,Souria Houria, ma bien – aimée, Disparue des discoursRayée des cartesDévorée par les chiens couronnésQui se disputent ses derniers osLes dernières dentelles faites de peaux humainesOù es-tu le danseur des ruinesL’homme au phonographe devant le mur béantL’enfant qui demandeMadame, est-ce que je vais mourir ?Et qu’a-t on fait des tombes de mes AnciensFleuries de sang et de poussière et de la bave noire des civilisésOù sont les corps des supplices, les preuvesOù est la... [Lire la suite]

jeudi 8 mars 2018

PROFONDEUR

Épuisée Ne restent, au fond du puits, que des boues chahutéesDes pièces de monnaie qu’on a lancées pour se porter bonheurL’anse d’un seau, brisée, le seau rouillé le souvenirD’une colèreEt la lente fatigue de l’eau usée stagnantLes pierres verdies de mousses la douleur légèreDes os Le cri que tu lances vers le mur rond et qui te revientEcho écho écho InchangéTu te penchesNulle vérité, nue, ne sortEt tu commences lentement à te haïr   .   ALEXO XENIDIS   .  
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vendredi 2 mars 2018

CADEAUX

Je donneDes soleils couchants ivres de cuivre blondLeurs fanfares rouges la passementerie des nuagesLes prairies où bleuit l’ombre de tes paupièresEt cette terre fine d’où jaillirent tes mainsLa peur ancrée des nuits aux bastingages du navireLa faiblesse jaune du fanal qui trembleEt les cordages qui soutiennent ta gorgePour qu’elle s’ouvre au vent comme une voile rassuréeLa vie qui bat dans le poignet des pierresFrissonnante et le souffle qui court sous ta peauLa grâce descendue sur la fleur penchée Sa tête qui s’incline et... [Lire la suite]
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samedi 24 février 2018

ACCOINTANCES

La poussière des bombes m’étouffe, m’écrit une amie ce matin, et j’ai envie de lui répondre la poussière des bombes et celles sur ces langues sèches qui ne bougent plus, dans nos bouches brûlées de trop d’images, de trop de chiffres monstrueux derrière lesquels on ajoute Enfants Tués Enfants Cassés Humains Écrasés, la poussière de Paris, de Londres, de Berlin, de New York, je vous épargnerai Beijing où la poussière est noire, Moscou où elle est rouge de sang frais qui coule, la poussière qui est devenue notre... [Lire la suite]
jeudi 22 février 2018

MOMENT VITAL

Plus que deux mots Dans ma besace de misère, à côté du couteau au manche d’olivierDont j’ai tordu la pointe dans je ne sais quelle rencontreEt de la ficelle, du mouchoir bleu, à plonger dans la merQu’il devienne rougeDe ces hontes dont nous détournons les yeuxNe sont ils pas de notre espèce, ceux qui nagent, s’étouffent et s’enfoncent,Et sont ce des statues ces enfants pétrifiés couverts de cendreDans des villes crevées par les bombes vendues par nos pays ?Quels pays ? nous n’en sommes plus que les esclaves muets,Pendant ce... [Lire la suite]