mardi 14 novembre 2017

NOTA BENE

Je peinsUn tableau noir, très noir,Profond,Rien que noir, suies, brumes, encres, crasses,Pour qu’on y voie mieuxLe contrasteEt je laisse pendue au bout d’une ficelleUne craie blanche pour écrireBonjour ! Ou bien Va t’en !Ce qui vous sert de cri, de façon d’exister,Que vous êtes naïfs à me croire mélancoliqueUne pensive statue plongée dans le regretRésignée qui s’afflige,Si je penche la tête et si je serre mes bras c’estPour serrer plus étroit ce feu que je préserveEt même s’il me dévoreJ’attends, dans ce désordre, une seule parole... [Lire la suite]

jeudi 26 octobre 2017

ALEXO XENIDIS...Extrait

Il faudra que je perde le Nord Pour voir enfin l’Orient où le soleil naît Entre les cuisses ouvertes de l’horizon Salies de sang vie lumineuse Les noires frondaisons s’éclairent Je regarde L’enfantement d’une journée Personne ne compte ses doigts Ni ne l’enveloppe d’un drap chaud Ni ne lave sa bouche des péchés de la veille Comme nous naissons Chaque matin Aux vies nouvelles, abandonnés   .   ALEXO XENIDIS     .   Photographie Bernard Liégeois          
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mardi 10 octobre 2017

L’ESPOIR LUIT

Je raccrocherais bien les gants Les téléphones et surtout Les wagons et le boucan ferraillé De cet interminable train de marchandises Où des enfants vieillis échangent des promesses de papier Puis les oublient, enterrées sous les arbres, Qu’une voix de synthèse réponde A l’appel de mon nom il n’y a plus Personne au numéro que vous demandez Personne sur le ring pas d’adversaire, Personne, regardez, Et pas de titre à conquérir Ou à donner au chapitre, à ses silences, Aux blancheurs qui l’ont envahi peu à peu Aux mots vidés de sens... [Lire la suite]
mercredi 20 septembre 2017

REFLETS

Et le théâtre d’ombres, qu’en penses-tu,Juste les silhouettes agrandies de lumière portée,Le noir pour la nuit et le blanc du drapOù tu caches ta peur quand tu ne dors pasLe Montreur que l’on ne montre pasLes fils disparus, dissimulés le long des ondes,Ton téléphone intelligent sonnant le rappel,Quand tu cours, un chien dressé, ventre à terre, etFais tes contes,Ceux du héros Don Quichotte en compas sur sa selle et sa lanceVierge d’ailes, les moulins immobiles sur leurs farines,Le guerrier romain, le navire qui vient du... [Lire la suite]
lundi 14 août 2017

DEBRIS

Je ne sentirai plus Sous mes pieds la Terre qui tremble et se rebelle Voulant Cesser d’être ronde Ni mes côtes s’ouvrir devenues la carène d’un coraque Ou de la felouque où s’allonge le batelier Pour enlacer sa belle lorsque le Nil devient Fleuve de sang et de boue Je ne caresserai plus Ni les joncs de la rive et l’odeur de l’eau Ni rien qui soit vivant ni les déserts ni l’écume Ni la cime des arbres et les bras des statues Y sentant le frisson de la pierre qui prie sa délivrance Je regarderai Cachée, La main qui écrivait... [Lire la suite]
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mercredi 26 juillet 2017

DISSOUDRE

Regarde les tes pierres grises et sales Tu dis qu’en les retournant on y trouve Des grenades tranchées des rouges qui ruissellent Et l’or des fous qui pleure le long de la blessure Vive Regarde ce que tu vois et que personne Ne veut voir et remets les pierres en place Garde pour toi les cris le feulement et l’herbe Couchée sous les deux corps qui s’enlacent La trace de l’étreinte et le goût sombre du baiser Toutes les Eurydice dans les bras de Maman Perséphone Concierge de l’Enfer qui fait cuire ses poireaux Le monde qui a l’odeur des... [Lire la suite]
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vendredi 14 juillet 2017

GOMME

Effacées, ces nouvelles de l’humanité, Ses cortèges d’assassins pour des assassins à la tribune L’Abject se frottant à l’Ignoble qui le congratule La goutte de sang frais à la boutonnière Quand appellerons nous par leur nom ce qu’ils ont créé Ministre de la Mort Secrétaire d’Etat à la Blessure Grand Expert en Bouillie d’os et de viande Délégué aux viols Attaché à la Décapitation Chien Chef à la curée Rat d’Honneur aux Charognes Et leurs femelles Bariolées qui visitent les enfants malades pour Rire élégamment entre gens de bien Le... [Lire la suite]
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dimanche 11 juin 2017

ALGEBRE

Il faut donner un nom A l’inconnue, pour la mêler à l’équation Dire X, chère, voulez vous bien Venir symboliser ce que je ne sais pas ? X ma tendre X, ma fière, ma croix qui barre le chemin A l’intuition, X jument poulinière sous qui naissent Ceux que l’on ne veut pas, j’y ai échappé de peu X, film interdit, les enfants y verraient des chairs S’emboiter dans des ahanements de bêtes fatiguées, X sans bruit le corps croisant l’autre le clouant A la pesanteur, X des siestes de chaleur, X Ma multiplication en majuscule Ixe écrite en... [Lire la suite]
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dimanche 4 juin 2017

ALLEZ-Y

Je ne veux plus parler des corps alignés par terre Dans leurs sacs Ni du troupeau serré dans les barrières qui rue Et vous comptez Un égorgé ici et quatre vingt ailleurs brûlés Mille au fond de la mer Et il y aurait à Londres des Français dans le lot C’est plus grave Que si c’était des Polonais ou des Inuits ou des Espagnols Et les barrières Autour des bœufs et des poules élevés en batterie Se resserrent Les sabots les cornes les becs les ergots se barbouillent D’innommable rouge On évalue selon la statistique qu’à eux seuls ils... [Lire la suite]
jeudi 1 juin 2017

SOLOGNITUDE

S’est accroché aux arbres ce drap bleu, clair, presque blanc Fait pour un lit d’enfant, sa naïveté de ciel pur, On y pressent Des nuages de soie et des poupées Le monde, juste en dessous, Ne fait aucun effort mélange des vacarmes et des murmures Le zinzillement des tondeuses le klaxon des voitures Un peu de folies d’hommes des aboiements Regarde Passer la vie Avec les yeux Et n’y touche pas   .   ALEXO XENIDIS   .    
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